GROUPE DU CERITHIUM STRIA TUM BRUGUIÈRE
Ce groupe est d’une unité incontestable, caractérisé qu'il est par la forme subulée, les tours embrassants, les stries longitudinales, le labre droit, le canal fortement recourbé, la gouttière postérieure. Mais les espèces qui le composent (Cerithium striatum BruG., C. Jussieui MAxer, C. unisulcatum Lamx., etc.) n'évoluent pas ; elles ont toutes une extension stratigraphique très grande, et on ne peut voir leurs relations. Aussi nous ne nous y arrêterons pas.
RAMEAU pu CERITHIUM GOUETENSE VASSEUR
Cette intéressante série n’est composée que de deux espèces, C. valdancurtense Cossm., du Lutétien du bassin de Paris, et C. gouetense VAss., de l'Auversien du Bois-Gouët, qui semble être une mutation de la première. Elle nous montre donc qu'un même rameau n’est pas représenté par les mêmes formes dans le Lutétien du bassin de Paris et au Bois Gouët, ce qui est une présomption en faveur de l’âge différent de ces deux formations; äl est à présumer que si la série est découverte un jour dans l’Auversien, ce sera le C. 2ouetense qu'on trouvera.
C. valdancurtense CossMANx est une espèce rare qu'on ne trouve que dans le Lutétien supérieur de Vaudancourt, dans le Vexin français. Son ornementation débute par des côtes saillantes et espacées (pl. IV, fig. 12), croisées de filets longitudinaux lisses, au nombre de quatre ou cinq; les costules s'élèvent peu à peu dans leur partie postérieure, qui devient de plus en plus proéminente et se transforme en tubercules saillants, tandis que leur partie antérieure s’abaïsse et finit par s'effacer complètement. En même temps. la plupart des filets longitudinaux disparaissent aussi, quelquefois incomplètement ; il n’en reste qu'un seul, chargé de tubercules espacés, en avant de chaque tour. La base est ornée de 3 autres rangées tuberculeuses ; le labre est presque droit, très faiblement arqué, le canal extrêmement court et recourbé en arrière (pl. IV, fig. 11). Telle est la forme typique.
On trouve parfois des échantillons où, d’une facon générale, l’ornementation est plus fine : les tubercules sont moins saillants (fig. 11). la rangée antérieure est plutôt granuleuse que tuberculeuse,les filets longitudinaux persistent davantage ; ces échantillons nous permettent de voir comment l’espèces’est transformée en C.gouetense VASSEUR.
Ce dernier a en effet une ornementation plus fine que le
C. valdancurtense Cossm.; l’évolution est la même (pL.IV, fig.r, a, 2, a), mais plus lente ; elle est bien visible sur le joli petit échantillon de la fig. 2, dont l’ouverture même est intacte ; on y voit les costules, croisées par quatre filets longitudinaux lisses et dont la partie postérieure finit par subsister seule ; mais les filets longitudinaux persistent dans l'adulte, et l’un d’eux est un peu plus saillant, représentant celui qui est tuberculeux dans C. valdancurtense Cossm. Les caractères de l'ouverture sont exactement les mêmes que dans cette dernière forme ; le labre, légèrement arqué dans l’adulte, est tout à fait rectiligne dans le jeune (fig. 2, a).
Que C. gouetense Vass. dérive de GC. valdancurtense Cossm., cela ne me paraît pas douteux, étant données les affinités que nous venons de mettre en évidence entre les deux formes. Ceux qui classent le gisement du Bois-Gouëêt dans le Lutétien supérieur considéreront C. gouetense Vass. comme une race de l’autre ; pour ma part, étant amené par l'étude de presque tous les autres Cérithes à mettre le Bois-Gouët dans l’Auversien. je considérerai C. gouetense VAss.comme une mutation du C.valdancurtense Cosss., pensant que si on ne l’a pas encore trouvé dans l'Auversien du Bassin de Paris, c'est que la série même à laquelle il appartient n’y a pas encore été rencontrée.
BASsiN DE PARIS COTENTIN Bois-GouËET
AUVERSIEN +—È—C, gouetense 2 = LUTÉTIEN C. valdancurtense : l