‹ 101. Régiment Jules NoriacChapitre 16 sur 49 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

Les jeunes hommes qui désirent se faire une positton dans le monde littéraire, sans l'aide des coteries, peuvent s'adresser en toute confiance, pour les

Dü PRÉJUGÉ , 85

renseignements, à Tolla et à 3/™e Bovary, dans toutes les bibliothèques ou cabinets de lecture.

Depuis bien des siècles, on répète, non sanj raison, qu’il n’est rien de nouveau sous le soleil ; cependant, tout le monde crie au plagiat.

— On m’a pris mon action.

— On m’a pris mes situations.

— On m’a pris mes personnages.

— On m’a pris mon sujet.

— On m’a pris un mot il y a trois semaines.

Que peut-on faire de tout ce qu’on prend?

Vous vous souvenez sans doute d’un charmant vaudeville. Un Monsieur et une Dame, de MM. Ouvert et Lauzanne, je crois. Ce fut un grand et légitime succès, auquel Sterne ne fut pas étranger. Sterne était mort, on ne cria pas au plagiat. Je suis sûr qu’eût-il vécu, il eût trouvé la chose naturelle. L’épisode pris par MM. Ouvert et Lauzanne au Voyage sentimental avait été pris par l’auteur anglais dans les Contes d’Eutrapel, chapitre de ceux qui prennent en refusant, lequel chapitre est tiré

des Sermones convivales, de Gassius, et Gassius, ne vous en déplaise, l’avait lui-même pillé dans les Facéties de Babelius, qui avait dû le puiser quelque part. Si vous ne voulez point croire, demandez à M. Mérimée.

On suppose volontiers que les ouvrages les plus lus sont ceux qui conduisent le plus sûrement à ki réputation. Quel préjugé ! X. et Z. sont arrivés à la gloire, l’un pour avoir écrit ;

VE LA MANUTENTION CHEZ LES ASSYRIENS. — Paris, 1840.

l’autre ;

CABASSOL, SA VIE, SON TEMPS, SA PHnOSOPHIE, SON INFLUENCE jusqu’a NOS JOURS. — Paris, 1855.

Personne ne vous lit, mais vous passez pour un esprit très-fort et extrêmement sérieux.

(Ici, existe une lacune. Am moment d’écrire en gros caractères : Préjugés sur les personnes, ü nous

est venu des scrupules; nous les avons soumis à des casuistes et nous attendons leur décision. — Espérons qu’elle ne se fera pas trop attendre.)

Page 1