‹ 101. Régiment Jules NoriacChapitre 28 sur 49 · EXEMPLES · texte numérisé non relu

EXEMPLES

« Hier, nous assure-t-on, le prince régnant de Muflahausen a traversé Paris, se rendant à Monaco. 11 paraîtrait que la politique n’est pas étrangère k l’affaire. »

« On s’entretenait fort, lundi, chez l’ambassadeur de... de l’attitude prise par... dans les affaires de... Des gens bien informés prétendent que... Néan-’ moins, ce& nouvelles demandent confirmation. »

11 faut également se garder de relever les erreurs des confrères, cela ne sert à rien ; ils recommencenî; le lendemain, et l’on a l’air malveillant. Quelquefois les conséquences en sont déplorables.

Un courriériste pubha, il y a trois jours, l’entrefilets suivant :

MANUEL DD CODRRIÉRISTE 1-21

« C’est par erreur que notre confrère *“ fait dire k M. Billion, après la première représentation de Charles XII :

Oui, Loreay tue neuf chimères.

Ce vers est de MM. Scribe et G. Delavigne, qui l’ont mis dans la bouche de Robert le, Diable, dans l’opéra du même nom. »

Qu’est-il arrivé ? Le confrère *** n’est pas content; c’est bien naturel; M. Billion, qui croyait avoir fait un vers, est vexé comme tout ; Lorsay est furieux; mettez-vous à sa place. M. Scribe seul a su souffrir et se taire — sans murmurer.

Nous nous sommes laissé dire que beaucoup do romanciers ne devaient leur réputation qu’au soi» extrême qu’ils cherchent à écrire des bourdes, afin qu’elles soient relevées par les courriéristes , qui leur font des réclames sans s’en douter. Nous ne disons pas cela pour le vicomte, au moins!

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MANUEL DU COUBRIÊfilSTE

CONCL08I0TO

Posséder un baromètre, intéresser le lecteur, le iaire sourire, avoir de l’esprit pour tout le monde, voilà tout simplement ce qu’il faut posséder — avec les principes — pour faire un Courrier de Pari'i Ce n’est pas la mer à boire.

EN PROMENADE

e — Dieu vous bénisse !

» — Je n’y vois pas d’incopvéïdwit, ym êtw bien honnête ; mais je n’étemuais pas,

» — Je m’en doutais, je disais ca histoire de dire quelque chose, d’engager la conversation. On ne sait plus causer en France, Ma parole d’honneur ! l’art de converser s’en va, il se meurt, que dis-jo? il est mort. »

Le bonhomme qui enterrait si facilement la cau<*

EN PKOMENADE

sérié était un habitué de la Petite Provence. La veille, je lui avais demandé quelques avis touchant la manière de faire des ronds sur le sable, avec la canne quasi traditionnelle illustrée par Monselet.

L’habitué m’avait répondu :

« — Généralement, monsieur, ce ne sont pas des ronds que nous faisons ici, ce sont des figures.

» — Des figures de qui, des figures de quoi ?

» — Des figures de tout. »

J’étais atterré. Ainsi Monselet avait trompé l’univers, il avait écrit « des ronds, » et il s’agissait de figure.

Incapable d’exécuter la moindre figure, je succombai sous le poids de la douleur. Ah ! pensais-je, j’aurais dû me méfier des assertions de ce Monselet, qui se nomme Charles comme Baudelaire.

Qu’ allais-je devenir? moi qui étais venu là, espérant qu’une occupation qui n’absorberait pas complètement les facultés de l’esprit me permettrait d’avoir des idées et de trouver un cadre pour les enchâsser.

En termes de boutique, un cadre n’est autre chose qu’un prétexte à idées ou à niaiseries.

EN PROMENADE

Quand on n’a pas d’idée, on prend celle des autres; là n’est pas la difficulté. Quand on ne sait pas de niaiseries, on écoute parler les grands hommes et on fait provision ; mais encore faut-il un cadre pour mettre tout cela. Il est impossible de faire de l’esprit à propos de rien ; on peut bien en faire à propos de tout : mais que c’est incommode !

Un instant je fus en proie à une pensée odieuse. J’eus envie de fouiller mon voisin et de lui prendre ce qu’il avait dans le ventre. Sa candeur me sauva d’un si grand forfait. J’allais perpétrer mon cruel dessein lorsque, se tournant vers moi d’un air simple mais plein de dignité, il me dit :

« — Ne seriez-vous point par hasard madame Régnault de Prébois, le gracieux auteur de licn- Salem, épisode de l’armée d’Afrique? »

Ce « par hasard » me sembla tellement odieux

que je fus m’asseoir à l’autre bout du banc, où heu-

reusement une troupe d’écoliers en promenade vint me distraire ; c’était : »

EN PROMENADE

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