LIBRAIRIE DES SCIENCES SOCIALES
29, ruje St-Jacques. .
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Le banquet du 7 avril a eu lieu chez Tavernier aîné, au Palais-Royal. Parmi les convives se trouvaient, comme d'habitude, un certain nombre de dames. La cordialité la plus franche n'a pas cessé de régner dans cette réunion de disciples de Fourier ou d'admirateurs de son génie.
Le service, commencé longtemps après l'heure indiquée, a traîné en longueur, ce qui n'a pas permis de donner la parole à tous ceux des assistants qui l'avaient demandée. De ce nombre était M. A. -S.
Morin, du conseil municipal de Paris, qui, vu l'heure avancée, a renoncé à la parole.
Étaient présents : MM. Victor Consi-
derant, Talion, Bonnernère, E. Nus, Barat, El. de Pompery, Limousin, Bourdon, Spiess, propriétaire et directeur de la Finance nouvelle, ringénieur Bergeron, Tun des auteurs du projet de tunnel sous la Manche, Mailrot de Varenaes, inspecteur général des Ponts et cliaussées en retraite, Parquet, J. Giraud, F. Chauvin, de Laniiion, etc.; mesdames Considérant, Parent, de Boureulle, Griess-Traut, Bergeron, Bonnernère, Parquet, M"^ Jlugénie Pierre.
' Au dessert, M. Pellarin se lève et s'exprime ainsi : • '
Mesdames et Messieurs,
Puisque par le privilège de l'âge Thonneur m'est dévolu de porter le toast à Fourier, je prends le premier là parole.
Le temps présent n'offre rien, je le dis à regret, dont il y ait beaucoup Jieu de se féliciter pour la causé sociétaire. J'excepte toutefois cette réunion de persévérants disciples ou d'admirateurs sincères de Fourier.
Mais a considérer rensembic des chosesdu
dehors, el les dispositions d'esprit du grand public, le vent ne souffle évidemment pas dans les voiles de la barque phalanstériennc.
Puisqu'il en est ainsi du présent, et je voudrais nie tromper sur son compte, permettezmoi, cédant à un faible qu'ont volontiers les vieillards, de remonter, pour quelques instants, vers le passé.
Il y a quarante et un an, chers condisciples, Tannée même qui suivit la mort de Fourier, que fut institué, vous savez par qui, le banquet de son anniversaire natal.
Le promoteur de cette manifestation pieuse en même temps que de prosélytisme, après avoir en termes chaleureux exalté la vertu souveraine de la théorie sociétaire pour opérer le salut social du monde et faire le bonheur de l'humanité, terminait son allocution par un
toast : A LA PERSÉVÉRANCE DE l'aPOSTOLAT PHA-
LxNSTÉRiEN ! — Notrc ami Considérant ne saurait m'en vouloir de rappeler cette phase glorieuse de sa vie. (Applaudissements).
L'anniversaire, inauguré le 7 avril 1838, nous réunit encore aujourd'hui, chers condisciples, moins nombreux, il est vrai, qu'au banquet initial, et surtout qu'à ceux des années suivantes, où les convives se comp-
talent par six et sept cents, autant qu*en pou* valent contenir les plus vastes locaux de Paris.
Mais le contraste avec le présent, n'est pas seulement daqs le nombre de Fassistance au banquet du 7 avril. Le héros de la fête est toujours le même ; ses titres, ses titres essentiels, n'ont rien perdu de leur valeur et de leur solidité. (Non ! non !) Mais bien différents nous sommes nous autres, de ce que nous étions : plus différents peut-être encore mentalement que physiquement.
Alors, non-seulemeùt nous étions jeunes pour la plupart, mais tous pleins de confiance et d'enthousiasme. L'avenir, un avenir prochain, presque immédiat, ne pouvait manquer d'appartenir à l'Association. Il semblait qu'il n'y eût qu'à en déployer le drapeau, qu'à en. arborer les devises, pour lui conquérir les esprits et les cœurs, pour entraîner les adhésions par milliers, pour obtenir une masse de souscriptions à l'essai sofiétaire, à Tessai d'une doctrine fermement assise sur cette double base : connaissance intégrale des mobiles de l'homme, notion claire de la sébie, loi universelle de la nature ; — doctrine en réalité, toute déduite de l'observation positive,
et tout à la fois si pratique en apparence et si riche de promesses pour tous !
L'essai réussissant (et bien peu d'entre nous mettaient en àoule la réussite) rimitation s'ensuivait et, de proche en proche, la transformation sociale s'opérait comme par magie...
Illusion, hélas ! cruellement déiîientie par le cours des événements. Aucune de nos espérances ne s'est réalisée, il faut bien le reconnaître.
Tout cela supposait une condition première qui n'a jamais été remplie : l'institution d'un essai sociétaire suivant les données posées par l'inventeur.
A côté de cette éventualité favorable d'une épreuve couronnée de succès, il y en avait une autre, pareillement visée par la science de Fourier : à savoir le cas où la civilisation, persévérant dans ses errements de morcellement insolidaire et de licence commerciale, refuserait obstinément d'entrer dans la voie salutaire des garanties et de l'association.
Pour cette seconde alternative, vous savez quel était ThorosCope du maître :'La civilisation ayant accompli désormais sa mission utile, la création des sciences et de la grande industrie, devait, faute d'opérer en temps
opportan sa transforiBâtioD progressive, devait^ dis-je, pendant ses deux dernières phases épuiser la coupe des calamités et des humiliations.
Or, qu'avons-nous vu pendant ce laps desquaran te années écoulées depuis la mort de Fourier ?
L'Europe, la France surtout, ont marché pour ainsi dire de catastrophe en-catastrophe : Révolutions, guerres civiles et guerres internationales se succédant presque sans aucun répit et laissant partout, avec force haines et rancunes dans les cœurs, la soif ou la peur des revanches, causes certaines de perturbations nouvelles. Voilà pour ce qu'on appelle Tordre gouvernemental et politique.
Dans la sphère des choses privées, un profond malaise, une- anxiété pénible, l'écart de plus en plus marqué entre les besoins sentis et les moyens de les satisfaire, une production industrielle désordonnée entraînant forcément des engorgements et des chômages périodiques, — par dessus tout, la querelle envenimée du travail et du capital, véritable épée de Damoclès suspendue sur la tête des sociétés civilisées. (Sensation).
Au moment même où je parle, une crise industrielle sans exemple quant à sa durée et à son étendue, . sévit dans tous les pays de
TEuropc, en Allemagne, en Angleterre, en France et jusqu'aux Etats-Unis d^Amérique', ruinant des patrons par milliers et, chose plus lamentable encore, affamant des millions de:
travailleurs. Oui, les angoisses de la faim torturent, à Theure qu'il est, des multitudes de nos semblables, au sein même des nations les plus renommées pour leurs lumières et pour le degré de perfection où elles ont porté les arts et les procédés mécaniques de toutes les industries.
Et pendant que, semblable à un vaisseau privé de boussole et d'orientation, qui voguerait au hasard à travers les écueils, le monde social est ainsi livré à toutes les influences malfaisantes et néfastes, la parole de salut se tait, renseignement de tourier, de plus en plus délaissé, est tombé dans l'oubli.. .
A qui la faute? Serait-ce que, disciples insuffisants d'un tel maître, nous avons laissé dépérir entre nos mains débiles et indolentes son grand, son précieux héritage? Ou bien que le milieu, trop ingrat, aurait opposé à nos efforts d'insurmontables obstacles? — L'un et l'autre est vrai, je crois, dans une certaine mesure.
Toujours est-il que les choses en sont à ce
point qu'un publiciste célèbre (M. de Girardln) a pu, avec toute apparence de raison, écrire dans son journal : « Qui songe désormais au phalanstère?» .
Mais l'organisation phalanstérienne, messieurs, — l'organisation sérielle, ce qui est la même chose, — c'est la synthèse pratique de toutes les améliorations rêvées par les philantropes, c'est l'incarnalion de la justice, c'est la vérité dans les relations sociales de tout ordre, c'est la liberté effective pour tous. Reléguer au rang des chimères frappées de discrédit et définitivement condamnées l'organisation sérielle, c'est, inconsciemment, déclarer impossibles tous les biens que je^ viens d'énumérer. Hors du régime des séries, en effet, il n'y a pour le peuple que leurres et déceptions. Ceux qui lui promettent autre chose du régime morcelé ou civilisé, qui, par exemple, lui promettent monts et merveilles d'un changement de forme gouvernementale dans un sens ou dans un autre, sont, à vrai dire,comme les appelait brutalement Proudhon, des... blagueurs. — (Oui, oui, nous le savons.)
Vérité, justice, liberté, bien-être et bonheur général, faut-il donc désespérer de votre avènement? -
. Le règne du mensonge et du mal sur la terre n'aura-t-il pas de fin? S'impose-t-il aux sociétés humaines comme une fatalité à tout jamais inéluctable?
Est-il donc écrit au livre de fer du destin que vainement le génie de Fourier aura découvert les fortunés rivages de l'association et de l'harmonie? Que vainement il aura signalé, jalonné les routes diverses qui pouvaient y conduire?
Ceux-là qui n'auraient eu qu'à vouloir pour ouvrir quelqu'une de ces routes, les hauts privilégies de la fortune, les princes de la finance —et les autres pripces, ont jusqu'à présent fermé leurs yeux et leurs oreilles et surtout leurs cœurs à la bonne nouvelle, et il n'est guère à espérer qu'aucun d'eux prenne de sitôt ce rôle de candidat fondateur auquel les conviait Fourier.
Ainsi faute de concours, faute d'initiative intelligente de la part des détenteurs du capital, l'ordre sociétaire, cet idéal sublime, toujours appuyé d'ailleurs sur le bon sens le plus positif, marchant toujours, comme Ta dit l'iuventeur, en compagnie de l'arithmétique et sous la règle du compas; Tordre sociétaire restera à tout jamais une conception utopîque!
Il n'aura été qu'un séduisant mirage!...
Adieu le rêve enchanteur de notre jeunesse et de notre âge mûr! Cette vision féerique qui nous consolait dans nos amertumes, qui nous soutenait dans nos traverses, contre les déboires et les déceptions de la vie civilisée; notre chimère (appelez-la de ce nom si vous voulez), noire chimère douce et chère d'autrefois, le Phalanstère en un mot, s'évanouit, ou du moins il recule, recule et s'enfonce de plus en plus et se perd dans les brumes d'un avenir inaccessible
Nous sera-l-il au moins permis, comme quelques-uns de nous s'en flattent, de coopérer à rétablissement du régime des garanties?
Mais le garantisme, vous le savez, ne saurait venir, dans l'évolution sociale régulière, qu'après la 4™° phase de civilisation, après le parachèvement de cette féodalité industrielle, annoncée par Fourier dès 1808, alors que la terre et l'industrie agricole auront été accaparées par les compagnies financières, comme elles ont accaparé déjà les voies de transport, les exploitations minières, les grandes fabriques. Donc, pour agir dans le sens du mouvement de l'évolution (mot si fort à la modey il faudrait, à l'exemple des anciens disciples de
Saint-Simon, nous faire les serviteurs et les instruments de la féodalité nouvelle du coifrefort. — S'attelle qui voudra au char de triomphe de nos rtiodernes Turcaretl J'y répugne pour mon compte, dût-il être un jour le char du progrès, mais de ce progrès véreux, caractérisé par l'extension des servitudescollectives. N'acceptons pas, nous autres disciples de i^idée sociétaire, n'acceptons pas ce collier, quelque doré qu'il puisse être. Demeurons plutôt, dussions-nous parla nous condamner pour longtemps encore à l'impuissance, restons avec jiotre idéal, avec notre rêve. Après tout,
Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux,
a dit le fabuliste.
Eh! bien, à celte différence près que notre songe, à nous, aura été plus beau, plus généreux et incomparablement plus large, puisqu'il embrasse le sort de l'humanité tout entière, il en aura été de nous comme de la plupart des autres hommes; car ce n'est pas à nous sans doute, à nous autres, rêveurs de phalanstères, que songeait le bonhomme, lorsqu'il disait :
Proprement lonlc notre vie Est la fable du pot au lait.
Au lieu de la triple couvée de Perrette, au lieu de son cochon, . de sa Vache et son veau, nous aurons, nous, rêvé Thumanité affranchie de la misère et de toutes les servitudes, l'humanité heureuse, et riche, et pleinement libre enfin par Tassociation et par le travail attrayant; l'humanité rayonnante des âges d'harmonie !
A Fourier qui a ouvert à nos regards ce splendide horizon! — (Longue salve d'applaudissements).
M. Leneveux, membre du conseil municipal do Paris :
Mesdames et messieurs,
J'étais loin de penser, en venant ii ce banquet, que je serais amené h y prendre la parole ; mais en entendant mon vieil ami Pellarin manifester k l'égard de la génération nouvelle une opinion désespérément pessimiste, j'ai senti que c'était pour moi un devoir de protester contre ce que je considère de sa part comme une appréciation aussi injuste qu'erronnée
Je n'appartiens pas, vous le savez, d'une façon tout intime h l'école phalanstérienne ; mais j'ai constamment suivi ses travaux avec la plus grande sympathie, et j'ai souvent cherché à répandre, au sein des ouvriers de Paris, dans ce milieu qui est le mien, les grandes idées du chef de l'école. Vous paraissez croire, parce qu'il n€ vous a pas été donné de convertir à ces idées les heureux
de ce monde, qu'elles D*ont pas fait leur chemin ailleurs. Permettez-moi de vous affirmer le contraire, et d'en appeler à un examen plus attentif et plus profond de votre part. Hier encore, mesdames et messieurs, régnait sans conteste la théorie biblique du travail -châtiment. Hier encore on nous élevait dans cette croyance que nous devions gagner tous notre pain à la sueur de notre front, en punition d'un crime commis par notre premier père. C'était ' un devoir pénible, une douloureuse nécessité que la loi du travail. Vos yeux sont-ils donc fermés, vos oreilles inattentives à ce qui se fait, à ce qui se dit aujourd'hui? Dans nos rangs populaires, si le travail est une nécessité naturelle, il B*est plus un stigmate en quelque sorte flétrissant : il est considéré, au contraire, comme une condition heureuse de la vie, comme un épanouissement, comme une floraison de l'être humain, expression que j'emprunte à un ouvrier de mes amis, aujourd'hui sénateur. Je pourrais en emprunter d'autres à nos poètes populaires : « Le travail est une chanson joyeuse. » « Le travail, c'est la liberté. « A l'idée antique du travailchâtiment succède donc, et rapidement, croyez-le bien, ridée moderne, l'idée fouriériste du travail-plaisir. (Mouvement d'adhésion). Nous savons que le travail est l'auxiliaire obligé de notre développement physique et moral, la condition de notre santé, de notre longévité, de notre amour les uns pour les autres, qu'il est enfin la grande, la première des lois de la nature.
Et lorsque, par suite du développement des sciences mécaniques au'sein de l'industrie, l'ouvrier comprend que son rôle manuel dans le travail peut l'amener à n'élie plus qu'un servant de machine, à peine quelque chose de plus que la béte de somme, s'il se résigne philosophiquement à
ce rôle, c'est à la condition de pouvoir cultiver son intelHgence, de manière à rester ou à devenir un homme, capable de remplir à la fois plusieurs fonctions du travail collectif, de posséder, comme on dit, plusieurs cordes à son arc, de passer alternativement d'une espèce de travail à un autre, et d'échapper ainsi tout à la fuis au chômage et à l'abrutissement. Je prêche depuis plus de trente ans cette idée de l'ouvrier multiple. Oîi l'ai-je trouvée, sinon dans les enseignements de votre école? Et je vous assure qu'elle fait son chemin, malgré les traditions, malgré les préjugés, malgré la mauvaise «pinion que le travailleur a encore de lui-même. (Applaudissements).
Eh bien ! vous qui croyez n'avoir rien fait, est-ce que vous ne comprenez pas maintenant que cet ouvrier multiple, cette intelligence agrandie, propre désormais à un certain nombre de travaux à la fois manuels et intellectuels, embrassant, outre l'industrie manufacturière,celle qui est lapreraière de toutes, la grande nourricière, l'industrie agricole ; que cet ouvrier, dis-je, se prépare à établir en fait cette alternance de fonctions, cette variété de labeurs à courte séance qui forment une des principales bases de votre théorie (Très bien, très bien).
Vous comprenez maintenant, mesdames et messieurs, le sentiment qui m'a fait prendre la paroley en quelque sorte poassé malgré moi par le besoin de rendre justice, et à vous, et à d'autres, et de vous jeter, moi aussi, le reproche de méconnaissance. Vous croyez, à cause de tentatives non réussies, dans lesquelles il faut bien faire la part de la jeunesse et de ses illusions généreuses, que vous avez semé sur une terre infertile. Si vous le pensiez encore après ce que je viens de vous dire,si vous ne voyiez pas comme moi verdir les premiers bourgeons d'oîi sortira,
avec le temps, sans lequel on ne peut rien, la moisson que vous avez rêvée, à mon tour je vous dirais : Vous n'êtes que des ingrats ! (Mouvements divers).
M. Pellarin déclare qu'il est heureux d'avoir suscité cette protestation, le cri de désespoir qu'on lui reproche n'ayant d'autre but que de secouer la torpeur de l'École, de réveiller, s'il se peut, le prosélytisme et de faire par conséquent renaître l'espérance. Bien volontiers il crierait, lui aussi, Sursum corda! Quant au reproche d'ingratitude, en quoi les disciples de Fourier pourraient-ils le mériter, parce qu'on prendrait en paroles quelques-unes des vues de leur maître, sans même les rapporter à leur origine ? Il n'en remercie pas moins son ami Leneveux de la spontanéité de son intervention dans le sens du réconfort et de la foi dans l'avenir.
Entre les deux précédentes allocutions que nous avons rapprochées à raison de leur connexité, M. Geniller a porté un toast : A la propagande légale et pacifique des réformes sociales !
L'orateur a déclaré en commençant que, sans être disciple de Fourier, il professait pour son génie une vive admiration et pour les phalanstériens en général une grande sympathie. 11 n'est pas non plus communiste, saint-simbnien ou proudhonien ; mais, avec tous les socialiste8,je crois, dit M. Geniller, que Torganisation sociale actuelle est vicieuse ; que les misères, les délits et les crimes doivent être imputés, non aux mauvaises passion, à la perversité naturelle des individus, mais à l'imperfection de l'état social.
D'oii vient, continue l'orateur, qu'aujourd'hui, sous un gouvernement républicain et démocratique, la propa-
gande socialiste semble presque abandonnée? Gela tient principalemeut à deux causes : i<^ aux tentatives violentes d'un certain socialisme; 2» à la nécessité sentie de Tunion intime de toutes les nuances du parti républicain pour combattre la coalition clérico-monarchiquc.
Maintenant que, celte coalition vaincue, nous possédons un gouvernement sincèrement républicain, le moment est venu de reprendre la'propagande socialiste. Dans ce but je propose une ligue de tous les socialistes pour une propagation en commun de leurs principes par la presse et par la parole. Je n'exclurais de cette ligue de propagande que les socialistes partisans de la violence, qui veulent imposer leurs vues par la dictature et par les moyens révolutionnaires.
L*idée de M. Geniller, exposée avec clarté et chaleur, a été accueillie très-favorablement.
M. Griess-Traut porte un toast à M. Drisbane, disciple de Fourier depuis 1832, qui fait en ce moment, à Tathénée de Nice, des conférences très-goûtées du public sur la science sociale. M. Griess lit un article du Phare du littoral qui donne un aperçu des questions traitées, en même tcm)!S qu'il atteste le succès obtenu par le conférencier.
^ine Griess-Traut salue d'un dernier hommage la mémoire impérissable de Charles Fourier ; et ce mot de la fin, dit avec émotion, est vivement et justement applaudi. (Extrait de la Finance nouvelle).
Général Oandil, Docteur Dulary, E. Cartier\ Emotilt-JoUrçLlj colonel Denferl-Rochereau.
L'heure avancée n'a pas permis de rendre Thommage accoulumé à \» mémoire de nos morts. Il convient de réparer cette omission^
Le premier par ordre de date est le général Gandil que nous avons perdu le o septembre 1877.
Parvenu par son mérite au faite de la hiérarchie militaire, le général de division Gandil ne cessa pas un seul instant de témoigner son attachement dévoué à la cause sociétaire. Jusque dans les derniers mois de sa vie, il aimait à venir, malgré l'altération de sa santé, dans nos réunions ; il était un des convives fidèles du banquet de l'Anniversaire.
Né en 1822, à Fontaine-Française (Côte-d'Or), Edmond Gandil entra à l'Ëcole polytechnique en 4840. Sorti de l'Ecole d'application de Metz lieutetcnant d'artillerie, il fut presque aussitôt envoyé en Afrique. A rcxemplo d'autres officiers des arnfes spéciales, il passa dans les corps indigènes
2)gle
où plus d'occasions s'offraient de se distinguer et d'avancer. Attaché aux affaires arabes, très-estimé du général Youssouf, il rendit à la population de notables services, par exemple en lui procurant des moutons mérinos qu'il fit venir de France. Rien qu'à ce trait, on aurait pu flairer déjà un phalanstérien. Il l'était, en effet, depuis l'École de Meta, où il lisait les œuvres de Fourier en com- . pagnie de son camarade Marchand, aujourd'hui colonel directeur du génie à Marseille (l). Attaché au bureau arabe d'Orléans- Ville, en môme temps que le commandant Richard, l'auteur de V Esquisse d'une philosophie synthésiste^ Gandil y poursuivit avec ce dernier ses études sociologiques, et devint un des adeptes de l'école sociétaire les plus versés dans la théorie et les plus convaincus.
Dans ses rapports avec les Arabes, M. Gandil s'était formé de cette race une opinion très favorable. Suivant lui, les torts des indigènes à notre égard, les pillages, les massacres auxquels ils se sont livrés trop souvent, avaient été presque toujours provoqués par des torts antérieurs de
(1) M. Marchand a proposé, il y a une quinzaine d'années un moyen très-économique de donner à nos soldats des bains d'étuve à l'éponge, pendant les saisons où les bains de ritière ne sont pas praticables. L'adoption de cette mesure hygiénique aurait de grands avantages poar la santé des hommes, au physique et même ail moral.
notre part : iniqaités, extorsions, vexations de toute espèce,
Gandil avait été frappé de ce fait que là tribu ou douar maintient entre tous ses membres une certaine solidarité qui, chez nous, par exemple, n'existe point entre les familles d'une même commune ou du môme quartier d'uije de nos villes. Quoiqu'il y ait dans la tribu des riches et des pauvres, il n'y a pas, entre l'opulence des uns et le dénuement des autres, cette muraille de Chine qui existe dans notre société civilisée, où sous le . même toit souvent toutes les superfluités du luxe abondent au premier étage, tandis qu'on meurt de faim et de troid dans le» mansardes. En temps 'ordinaire tout le monde dans la tribu a les premiers besoin de la vie assurés ; ce n'est que dans les cas de g^ande calamité, telle qu'une famine, qu'il en est autrement.
La tribu a été, on le sait aujourd'hui, grâce auxj recherches des Bachofen, Giraud-Teulon fils et Lubbock, le mode primitif d'agrégat humain, antérieur a la famille elle-même. Reconstituer la tribu par l'association, en maintenant bien entendu la famille, qui est une des quatre affections cardinales, telle est l'évolution que doit effectuer de nos jours la sociabilité humaine»
Enlevé à l'Afrique après vingt-cinq ans de séjour, par la guerre de 1870, le colonel Gandil , fut, à Wissembgirg, blessé à la tète de son régi-
menl, et fait prisoiiniei*. Revenu avec le grade de général, ce furent des compagnies de sa brigade qur entrèrent les premières dans Paris, à la chute de la Commune. Ici encore le général Gandil sut concilier le devoir militaire avec les droits de rhumanité.
Promu général de division en 1876 et appelé au commandement de l'école supérieure de la guerre, il ne tarda pas à ressentir les atteintes du mal auquel il. devait succomber, âgé seulement de 55 ans. Célibataire, le général Gandil vivait à Paris avec deu% de ses sœurs que sa mort laisse inconsolables. Car voilà de quelle façon la, doctrine phalanstérienne, tant incriminée de ce chef, dissout le lien de farnillo !
L'officier Gandil avait été, dès le principe, un dos aclionnaires de FUnion du Sig, fondée en 1846, par le commandant' Gautier, son ami. Il prenait encore part le 20 août, quinze jours avant sa mort, à la délibération du conseil d'administration de cet établissement, conseil dont il était un des membres les plus compétents et par ses connaissances topiques et par son excellent jugement.
La perte si regrettable du général Gandil me fait souvenir qu'autrefois c'était parmi les offlciors de l'armée, parmi ceux de l'artillerie et du génie particulièrement, ainsi que dans le corps des ingénieurs des ponts et des mines, qu(^ l'Ecole faisait
scn meilleures recrues. Il y avait là, en effet, un terrain on ne peut plus propice : des esprits préparés par les études scientifiques à Tappréciation d*une théorie qui a, dans ses parties essentielles, lo caractère d'une science ; — des hommes ayant quelque loisir, pourvus du minimum et, par suite, moins possédés que le commun des civilisés, do la pensée habituelle du lucre et du souci des moyens d'existence.
La persécution exercée, depuis 1849, par les différents pouvoirs réactionnaires contre quiconque était soupçonné de tendances socialistes, arrêta lo mouvement de propagation sociétaire dans l'armée et parmi la généralité des fonctionnaires publics. Espérons que sous un régime vraiment républicain, c'est-à-dire de liberlé d'opinion pour tous, aucun serviteur de l'Etat ne se veiTa désormais frappé de disgrâce pour ses convictions philosophiques et sociales.
A cette première cause d'éloignement pour les études de reforme sociale, je sais qu'il s'en est ajouté une autre plus profonde. La jeunesse de nos haules écolrs n'a plus, il faut bien le dire, ces généreuses sympathies qni faisaient, il y a cinquante ans, de leurs premiers élèves, d'ardents saint-simoniens ou phalanslériens. Les nouvelles générations bourgeoises, qu'elles soient élevées par les hommes noirs suivant la règle du SyUabus ou par des admirateurs fanatiques de 89 et de la Gonven-
tion, ont pour principe commun aujourd'hui queia QUESTION SOCIALE ost ic iwli tangere, le tàboUj dont il faut soigneusement s'écarter, sous peine de se compromettre et de n'arriver à rien.Tirer du train tel quel dont vont les choses le meilleur parti pour soi-même ; se faire dans le monde comme il est, avec son fond do misère réputé incurable, une place aussi avantageuse et aussi commode que possible, voilà désormais toute l'aspiration et la préoccupation exclusive de chacun. Mais je me laisse aller à une digression hors do propos.
Reprenant ma revue funéraire, je passe à notre condisciple dévoué entre tous, Dulary. Ce nom vous rappelle, Messieurs, Toctogénaire au cœur toujours chaud, que vous avez entendu maintes fois porter,d'une voix forle,avec un accent si convaincu, le toast à Fourier. Dulary mit, comme on sait, en 4832, toute sa fortune au service de la cause sociétaire, et il no garda du souvenir de ce sacrifice qui pesa rudement sur toute son existence, qu'un attachement de plus en plus vif à la cause et une confiance plus eniière dansladoctrine de l'associationJe renvoie, pour les renseignements sur ce grand homme de bien et aussi de haute int6lligence,au Bulletin du mouvement sodal^n^ du 15 juillet 1878,où se trouvent les discours prononcés fiur la tombe de Dulary. L'hommeaëté parfaitement ^
43araclèrî8è par ce mol de Considérant : «Celui dont nous allons confier le corps à la terre est, je Tafiirme, un saint, un vrai saint ! — non pas de ceux qui ont passé leur vie dans la continuelle préoccupation de leur âalut individuel,mais de ceux qui ont eu la constante préoccupation du bien général et du salut des autres. »
Eugène Cartier qui a succombé deux mois après Dulary, en septembre 4878, était, lorsqu'il fréquenta le centre de TEcole, un jeune homme d'un caractère doux et modeste, avec beaucoup d'instruction et très-curieux des choses de la science et de la philosophie. Il mit la dernière main à un livre que notre ami, le docteur Paget, mort en 1841, avait laissé inachevé. Celait la réfutation d'une critique de la doctrine de Fourier, publiée dans la Bibliothèque universelle de Genève par le professeur Cherbuliez. L'ouvrage qui, en sus et à l'appui de la polémique engagée, donnait dos explications importantes sur divers points de la théorie sociétaire, parut en 1844 avec les deux noms de Paget et de Cartier.
Esprit spéculatif, toujours en quête de problèmes et de solutions, Cartier se laissa «nlrainer vers le système, comment le caractériserai-je? mathémathé-métaphysico-mystique, de Wrônski, le théoricien do Vabsolu. Il restai, d'ailleurs» toujours
très sympathique à l'école et à ses anciens condisciples.
Enfin, le 23 janvier demie?, nous avons perdu M. ErnouU-Joltral, banquier à Rouen, Tun des zélés adeptes de la doctrine de Tassociation. Homme de pratique surtout et impatient de réalisation, Jottral encouragea et aida notre condiscipleJouanne dans la fondation de la maison rurale de Ry. Ce fut lui qui, accouru au chevet do Boulanger mourant, le décida à disposer do sa fortune en faveur de cet établissement, en lui montrant là le germe et l'embryon d'un futur phalanstère. Puisse la prévision se réaliser î
Au moment où je corrige mon épreuve, on m'apprend que le colonel Denfert-Rochercau, l'héroïque défenseur de Belfort, devait être aussi compté parmi les partisans de la doctrine de l'association, 11 était un des actionnaires de l'Union du Sig.
On voit que les. pertes de l'École, pendant ces deux dernières années,ont encore été importantes et qu'elles doiventiaisser dans nos cœurs do profonds regrets.
Et en remplacement de ceux qui s'en vont, d'adeptes nouveaux point. Je n'en vois pas pas surgir, — Mais à une somme donnée, si toujours il est soustrait, jamais ajouté, il est clair que d'ici à un moment facile à prévoir, le résultat sera zéro.
Serait-ce doue là l'histoire, la destinée du pex-
sonnei de Técolo sociétaire? Oui, suivant toute probabilité.
Quant à Tidée die même, Tidée capitale de son fondateur, elle peut braver le temps: elle ne périra point! Gomment et par qui éera-t-elle mise en œuvre? c'est le secret de l'avenir.
Propagatton morte. — Doctrine vivante
Encore un mot sur les causes de l'abandon du prosélytisme phalanstérien.
La principale de ces causes est que, dans l'opinion des disciples eux-mêmes, Fouricr a perdu de son prestige au point de vue scienlifique, en regard des faits acquis a la science depuis une trentaine d'années.
A part cependant ses vues cosmogoniqueS dont Fourier était tout le premier à demander qu'on ne tînt aucun compte dans le jugement à porter sur sa doctrine de l'association qui en est tout à fait indépendante, — laquelle pourrait-on. citer des idées fondamentales do cette doctrine qui ait été démentie par Tobservation positive ou ébranlée par une discussion sérieuse? .
Mais, ol)joct6-t-on,daas son exégèse de i'évolu-
lion sociale, Fourier, ayant égard à la légende à peu près universelle d*aQ âge d*or primitif, Fourier admet une première période d'édénisme et accepte, pour la date de Tavènement de l'homme sur la terre, un laps de temps reconnu ^ aujourd'hui beaucoup trop court.
On conviendra que Fourier, décédé en 1837, est bien excusable de n'avoir pas deviné la découverle de Thomme quaternaire, faite six ans après sa mort.
l'édénismA et toute la supputation chronologique de Fauteur de la théorie sociétaire ne font point partie essentielle de cette théorie.
Quant aux périodes consécutives: états sau* sauvage, patriarcal, barbare et civilisé, qui sont encore observables sur différents points de la surface du globe, Fourier caractérise chacun d'eux par son genre d'industrie, par la condition faite à la femme et au travailleur, mesure la plus exacte du degré d'avancement d'un état social. C'est d'après l'ensemble de ces données qu'il classe les sociétés, non d'après la considération unique et simpliste de la croyance religieuse. Il sait bien, d'ailleurs, que chaque état social a une religion corrélative. Mais ce n'est pas le dogme religieux ^ qui, à lui seul, détermine l'évolution progressive; il y ferait, au contraire, plus souvent obstacle; nous en avons encore la. preuve de nos jours.
L'homme qui, de l'aveu do Proudhon lui-
môme (i), découvrit d'emblée la loi sérielle, « la loi suprême dé Tunivers, » et comprit qu'elle devait s'appliquer dans le domaine social, comme elle était appliquée dans le domaine entier de la nature: — Fauteur de la critique du morcellement, condition fatale et inéluctable, tant qu'il subsiste, de la détresse du grand nombre, de Vinsuffisante vie, dirait Michelet (2);— le novateur qui se donna pour tâche spéciale de fonder et d'organiser le ménage du peuple procurant à tous le confort, un confort gradué; — le déceleur du vice radical du commerce, la prop)iété intermédiaire des produits, source de tous les abus et de tous les désordres dans leur distribution ; — Tanalyslc des mobiles passionnels qui conçut Tidée de les utiliser tous pour le plus grand bien de l'individu et de la collectivité; — Tinventeur de la méthode naturelle d'éducation, éducation à la fois intégrale et attrayante; — celui qui posa la règle et enseigna le moyen de l'épreuve en petit des innovations sociales; celui-là n'a rien à redouter do la comparaison avec quelque penseur, quelque découvreur et quelque semeur d'idées que ce soit.
Chose bizarre ! on attribue couramment la création de la sociologie à tel qui no soupçonna pas
(\)De la création de Vordre dans rhumaniiéf ch. III. §214,213.
(2) Le Banquet^ ouvrage posthume de Michelet, oii éclate une sympathique admiration pour Fourier.
môme la fausseté du mode commercial en usage, | ni a plus forte raison en quoi pèche ce rouage; important de Torganisme social : ce qui revient à, dire qu'on pourrait édifier la physiplogie sans con-| nattre la circulation du sang; car la fonction du commerce dans le corps social est l'analogue de la circulation du fluide nourHcier dans réconomie animale. — Et les hommes qui professent ccliei opinion, qui en font le drapeau d'une école eni grand crédit, sont réputés les esprits positifs; même en matière sociale. Nous autres, disciples de Fourier, nous sommes les gens chimériques,! parce que notre mattre, au lieu de s'occuper seulement de ce qui fut et de cé qui est, a envisagé aussi et surtout ce qui devrait être; parce qu'il a conçu un type de société adéquat à la nature de l'homme, et réalisant tout a la fois le maximum de liberté, d'utilité, de justice et d'ordre; parce que, en un mot, il a eu un idéal ! Mais en l'absence de tout idéal, comment, je le demande, aurait-on un critère, même pour l'appréciation des faits journaliers de l'ordre social ?
Si par le talent et l'érudition nous somme démesurément inférieurs, nous autres disciples de l'école sociétaire, — par la doctrine nous l'emportons incontestablement sur les écoles rivales qui sont, bien plus que la nôtre, en faveur auprès de l'opinion. Si nous avions besoin de témoignages à cet
égard, nous pourrions citer le plus imposant de lou8, la voix prophétique du poète:
Magellan part, Fpuricr s'envole ; La foule ironique'et frivole Ignore ce qu'il ont rôvé, Les voit tomber dans retendue Et dit : C*est une àme perdue.
Foule ! c*est un monde trouvé I
Cherchez dequel autre socialiste ou sociologue, Victor Hugo, le grand verbe du siècle, en a dit autant I
Aussi ne s'ofTenserait-il pas, je pense, si] Besançon, leur villo natale à tous deux, qui vient de décorer du nom de Tiliu^tre poète une de ses rues, décernait un jour le m^me honneur à ce « Fourier obscur dont Tavenir se souviendra.(i)»
Le V avril h ]llar«ellle
Les phalanstériens de Marseille ont célébré dans un banquet fraternel le d07» anniversaire natal de Fourier.
Le périrait du grand homme et une lithographie représentant le phalanstère étaient exposés dans la salle. Les assistants pouvaient admirer la tête imposante de l'auteur de la théorie sociétaire
(I) Uè Misérables. Liv« UL L'année 1817.
et le grandiose édifice, demeure future de rhomme régénéré, qui doit remplacer les tristes mazures du village civilisé.
Au dessert, M. puizou qui, malgré ses 80 ans, est toujours plein de feu pour la sainte cause qu'il embrassa, il y a près d'un demi-siècle ; M. Guizou a fait ressortir la solidité et la fécondité des principes établis par Fourier, ainsi que Tétrange duperie des hommes qui refusent d'examiner des moyens capables d'apporter à leur sort de si heureux changements. Il a, en terminant conjuré les convives de propager avec zèle et persévérance ridée libératrice. •
Après ces paroles accueillie^ par de vifs applaudissements, un ouvrier, M. Marcel, a résumé la vie de Fourier en insistant sur les points capitaux de sa découverte : accord des intérêts et des caractères, travail attrayant, solution du problème de la répartition.
Ce rappel des titres du maître est salué par les bravos de Tassistance.
Un jeune homme de 19 ans, nouvellement initié à la doctrine, M. Gillet, exprime avec chaleur l'impression qu'ont produite en lui de si grandes et si consolantes vérités.
Enfin M. Justin Adam, zélé propagateur des principes sociétaires, dit que les ouvi'iers qui, dans l'espoir d'améliorations à leur sorl, se laissent entraîner par les meneurs politiques, com-
prendront bientôt que Tassociation agricole et industrielle est la seule voie de salut' pour eux et pour tous.
Avant de se séparer, les convives expriment à Tunanimllé le vœu que le Bulletin du mouvement joda/ consacre une parlie de ses articles à la théorie sociétaire.
Heureux le groupe de Marseille où à la voix d'un disciple octogénaire répond celle d'un néophyte de vingt ans!
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