‹ 1637-1714. Sébastien Le Clerc et son œuvreChapitre 129 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

VIL — Helle prétend, dans sa notice historique, qu'après avoir fait graver le saint Pierre par Gochin, il fit dorer la planche, afin qu'elle ne donnât plus d'épreuves. Mais, comme noua l'avons dit plus haut, le fait ne parait pas exact, car on rencontre des épreuves d'un tirage différent, avec une autre planche accessoire, contenant quatre vers composés et gravés par H. Gravelot qui, comme le remarque Jombert, réussissait mieux dans le dessin que dans la poésie. Pour que l'histoire de Helle fût exacte, il faudrait admettre qu'il fit suspendre le tirage avec les vers ci-dessus rapportés, afin de le continuer avec la nouvelle planche accessoire, après quoi la planche principale aurait été dorée.

Quoi qu'il en soit, voici les vers de Gravelot :

Saint Claude par Le Clere (sic) occupa cette place La Madeleine y fut mise après par Eysen De la main de Cochin, saint Pierre enfin s'eface (sic) C'est le portier des deux qu^il nous les ouvre (Amen).

H. Gravelot.

VIII. — Ce qui laisse supposer que la planche continua d'être tirée, c'est qu'on rencontre des épreuves, toujours avec la même planche accessoire, mais dans lesquelles les fautes ont été en partie corrigées : le nom de l'artiste est écrit Le Clerc au premier vers ; au troisième , on lit l'eface au lieu de s'eface ; en outre, la ponctuation qui manquait entièrement aux trois premiers vers, dans l'état précédent, a été rétablie dans celui-ci.

Toutefois, ces tirages ne furent pas nombreux, car la planche a été couverte en tous sens de traits de

burin. On en voit une épreuve ainsi cancellée au cabinet des estampes, où elle est accompagnée de la note suivante : « Il n'y a eu d'imprimé de cette planche que 200 épreuves, après quoi on a mis la planche dans l'état où on la voit, pour la détruire entièrement. »

Francisci Junii de pictura veterum. Rotterdam, 1694, in-fol. (J., 241).

Jombert a expliqué pourquoi cette jolie vignette ne se trouve pas dans tous les exemplaires du livre dont elle décore l'épître dédicatoire. Dès lors, il n'est pas étonnant que son existence ne soit pas mentionnée dans le Manuel de Brunet (art. JurUus).

Dictionnaire étymologique de Ménage. Paris, Ânisson, 1094, in-fol. (J., 242).

Cette édition n'est pas la plus complète de ce dictionnaire rempli d'étymologies fantastiques, mais 9éanmoins curieux; aussi est-elle peu recherchée. C'est cependant la seule où l'on trouve la jolie vignette de Le Clerc, dont on connaît quatre états :

I. — Avant les travaux dont l'addition caractérise le second état.

IL — Des tailles croisées se remarquent sur le fond, à gauche, derrière la sphère armillaire; le cercle intérieur, et le plus large de cette sphère, est couvert de tailles; des tailles croisées et obliques ont été ajoutées à la grande draperie ; un cercle a été tracé sur le livre placé sous le bras du génie qui tient une branche de laurier : des notes de mu-

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sique se voient sur le livre ouvert, au pied de ce génie, et récriture a été ajoutée sur celui qui est ouvert, à droite, près du globe ^, le fond de la bous* sole, blanc dans le premier état, est terminé dans le second ; le globe est couvert d'étoiles, tandis qu'on n'en voit que trois dans l'état précédent.

III. — Avant quelques travaux ajoutés sur la draperie qui recouvre la cuisse du génie vu de face; avant des ombres ajoutées au champ des armes et dans les plis de la grande draperie.

rv. — Avec les travaux dont l'absence caractérise le troisième état.

Les trois premiers états sont des épreuves d'essai, portant des indications de la main de Le Clerc pour les changements qui ont élé effectués. Ces épreuves se conservent dans notre collection.

Élévation géométraie et vue9 perspectives du palais du rai à Stockohn (J., 243).

Suite de quatre pièces rares pour la description desquelles il est nécessaire de se reporter à Verrata placé en tête du tome second du Catalogue de Jombert.

Vues de plusieurs petis (sic) endrois (sic) des faubourgs de Paris (J., 244).

Nous possédons des épreuves de celte jolie suite portant la signature de Claude-Augustin Mariette, avec la date de 1694.

Cette date rectifie celle donnée par Jombert, qui indique l'année 1605 comme étant celle de la publi-

cation. Cette suite est intéressante, en ce qu'elle représente Tétat de quelques faubourgs de Paris i la fin du dix-septième siècle. On rencontre ordinairement cette suite chif&ée de 1 à 12, et ces épreuves ne sont pas mauvaises, (puisque ces chiffres se remarquent sur la plus grande partie dWe des suites de notre collection, dont toutes les épreuves, moins une, portent la date de 1694, accompagnée de la signature Cl.-Âug. Mariette. La vérité est qu'il existe quelques pièces avant les chiffres, mais qu'il en existe aussi dont le tirage a eu lieu après que ces chifFres ont été effacés.

Pour être certain d'avoir les premières épreuves, avec ou sans chiffres, il est nécessaire de réunir deux suites : l'une, avant les changements qui ont eu lieu sur presque toutes les pièces et qui sont exactement indiqués par Jombert; l'autre, d'état ordinaire avec ou sans numéros.

On doit se tenir en garde contre led copies lourdes et sans valeur qui, cependant, peuvent tromper quand on n'a pas les originaux sous les yeux.

Ptier parvultis, ou le possède d'haïe (J., 245).

Jombert rapporte un passage tiré des Mémoires pour servir à Vhistoiré' de Af"« de Maintênon, par La Beaumelle, et qui se trouve transcrit en regard de répreuve ayant appartenu à Beringhen, qu'on peut encore voir aujourd'hui au Cabinet des estampes. Il en résulterait que le sujet de cette magnifique composition aurait été indiqué à Le Clerc par Fénelon, ami de M">« Guyon, et aurait eu pour objet la repré-

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