‹ 1637-1714. Sébastien Le Clerc et son œuvreChapitre 17 sur 192 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

à lui-môme, si ce n'est quand il reproduisait à Paris les dessins de son ami Le Brun.

Après la première Messe, mais avant la seconde, Le Clerc grava La vie de saint Benoit en 32 sujets, plus le frontispice et quatre planches de bordures servant de passe*partout. Cette suite intitulée : Vita et Miracula sanctissinii patris Benedictij de format petit inrfd. (J., 57), parait avoir été gravée pour une vie de saint BenoU dont le texte n'a jamais paru. Le nom de Claude Bouchard ne se voit pas sur le frontispice ; mais il est vraisemblable que le tirage eut lieu dans son atelier.

Très-supérieure à la première Messe, la vie de saint Benoît, quoique fort remarquable, est inférieure à la seconde Messe, et il est trèfrHiifficile d'en rencontrer des épreuves satisfaisantes. On répute généralement pour telles celles qui sont tirées sana les bordures. Nous avons vu effectivement plusieurssuites en cet état qui sont très-recommandable». Cependant nous devons dire, c(mtre l'assertion de Jombert, que l'absence des bordures n'est pas toujours un indice de primauté et de supériorité du tirage. En effet les bordures et les sujets étant gravés sur des planches différentes, il a pu y avoir de bons et de mauvais tirages avec ou sans bordures. Néanmoins les épreuves que nous avons rencontrées dépourvues de bordures étaient généralement supérieures à celles qui les contenaient. — Les bonnes épreuves de cette suite, avant les bordures, sont extrêmement rares.

On voit aa musée de Bruxelles {n^ 14â à 151), du Catalogue de 1874, dix tableaux de Philippe de Champaigne, représentant différents actes de la vie de saint Benoît qui ont été également traités par Séb. Le Clerc dans la suite dont il vient d'être parlé. Rien n'indique que Sébastien ait eu connaissance des peintures exécutées par le célèbre madtre que nous avons comparées avec les eaux-fortes en 1875. En tout cas, l'artiste messin n'a rien emprunté à l'artiste bruxellois, et, dans plusieurs compositions, le graveur n'est pas trop inférieur au peintre.

Dans toutes ces suites, Le Clerc conserve presque toujours un type qui lui est particulier. Rarement il s'inspire de ses prédécesseurs. Ce n'est que trèsaccidentellement qu'on le voit imiter Callot (la Bohémienne des Modes de Metz y Jombert, 70-16), et Abraham Bosse dans la Chrande destruction de LustiMyru (Jombert, n^ 68). Ces pièces sont de rares exemples des imitations que Le Clerc a cru pouvoir se permettre dans sa jeunesse.

Cette dernière estampe est une réparation que Le Clerc devait aux dames de Metz, après les avoir gravement insultées par une gravure satirique connue sous le nom de Lustucru, ou les hommes vengés. Le sujet de cette satire est le redressement des têtes féminines acariâtres que Lustucru, V opérateur céphalique, se charge de mettre à bien en les battant sur l'enclume, puis en les polissant à la lime. La vogue de l'opérateur est telle qu'on lui apporte

des paniers pleins de têtes ; on voit même, dans le

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