PRÉLIMINAIRE
Sources et but de ce traTail. — Biographie de Le Clerc. —
Brreuri à rectifier»
Vers le miliea du XVH<^ siècle, la mort et les malheurs du temps avaient chassé de la Lorraine les chaarmants graveurs qui l'iavaient illustrée. Callot, le plus célèbre de tous, était mort dès 1635 ; Bel*» lange avait également disparu. Deruet, vieux et infirme, ne travaillait plus ; Henriet et son neveu Silvestre étaient établis à Paris, ainsi que CoUignon qui usait son talent à faire, pour le compte de Langlois» des copies de Callot, de La Belle, et plus tard de Silvestre. Spierre, Lafleur et quelques autres ne quittaient pas la terre classique des arts. Claude Gellée fixait sur la toile le soleil d'Italie, et sa pointe
magique traçait sur le cuivre quelques-unes des conceptions de son prodigieux génie. L'art de la gravure à Teau-forte semblait avoir disparu du sol lorrain, lorsqu'un artiste nouveau se révéla sur la terre médiomatricienne qu'une triste conformité de malheur n'a que trop assimilée à une partie de la Lorraine.
Le 26 septembre 1637, la femme d'un orfèvre de Metz donnait le jour à un enfant qui devait être l'honneur de cette noble cité. Cet enfant fut, plus tard, l'artiste éminent dont le savant Mariette, juge si compétent, a pu dire avec vérité : « S'il y a jamais eu un graveur qui se soit rendu célèbre dans sa profession et qui ait étendu ses connaissances au delà des bornes ordinaires, c'est sans contredit Sébastien Le Clerc. » {AbecedariOy t. III, p. 98.)
La tâche de raconter la vie de cet homme illustre et de signaler ses principaux ouvrages avait été entreprise au XVIII<» siècle, par. l'abbé de Yallemont, contemporain de Le Clerc, qui a écrit son Éloge publié à Paris en 1715, une année après la mort de son ami. Le pieux abbé était plus capable de louer le chrétien que d'apprécier l'artiste ; aussi son travail laisse-t-il beaucoup à désirer, lorsqu'il cherche à faire ressortir le mérite de ses ouvrages.
Jombert était un juge des choses de l'art beaucoup plus compétent que l'abbé de Yallemont ; aussi la notice qu'il a placée en tète de son CaJtalogue de V Œuvre de Le Clerc ^ publié en 1774, est-elle trèssupérieure à YÊloge de son devancier. Mais cette