CHAPITRE I. — 16Û0-1665. H
nom de Jacques Le Clerc, marié et père de six enfants. M. Âbel pense, et nous inclinons à croire avec lui, que ce Jacques Le Clerc était un proche parent de Laurent, peut-être son frère ; mais ils ne se voyaient pas à cause de la différence des religions. Jacques et ses six enfants étaient protestants. On voit, le 20 janvier 1675, le maître orfèvre, Jacques Le Clerc, être parrain au Temple avec son frère Pierre Le Clerc, aussi orfèvre à Metz (peut-être Tanobli dont nous avons parlé). On le voit également assister au mariage de son fils Salomon Le Clerc, msdtre orfèvre, aussi bourgeois de Metz qui, à l'âge de quarante-neuf ans, épousait Anne Moiré, veuve de l'orfèvre Jacob de Valley, âgée de trente-quatre ans. Ce Salomon était un zélé protestant qui, en 1660, soutenait les intérêts de sa communauté contre Henry d'Anglure de Bourlémont et qui fut condamné, ainsi que sa femme et consorts, à lui payer des sommes considérables. Le 30 avril 1681 était baptisée au Temple Sara, fille de Salomon Le Clerc, maître orfèvre, et d'Anne Moiré ; elle avait pour marraine Sara, fille de feu Jacques Le Clerc, de son vivant maître orfèvre. Après la révocation de l'édit de Nantes, cette branche protestante des Le (lllerc passa à l'étranger en 1685.
Quels qu'aient pu être les liens de parenté entreles orfèvres anoblis, les orfèvres protestants et le père de notre artiste, il ne pourrait appartenir qu'à, une branche collatérale. Quant à ses ascendants, on a la preuve que son grand-père s'appelait Nicola&, qu'il était marchand , établi à Metz en avril l'Ol^,
époque à laquelle il mettait son fils Laurent en ap* prentissage chez l'orfèvre Jean Darragouze.
Les actes authentiques découverts par M. Abel permettent de suivre la carrière de Laurent Le Clerc depuis son apprentissage, en IGIO, jusqu'à sa mort, en 1695. Ces documents rectifient les assertions de Jombert qui, après avoir copié l'abbé de Vallemont, suivant lequel Laurent, né en 1590^ serait mort plus que centenaire en 1695, ajoute qu'il alla se perfectionner à Paris en 1610, après son apprentissage à Metz , puisqu'il s'établit à Lyon , où il se trouvait lors de la grande peste qui désola cette ville en 1635. Jombert ajoute que Xaurent serait revenu à Metz, pour s'établir orfèvre, quelque temps après cette époque.
Les archives municipales de Metz, sans infirmer le fait des séjours de Laurent à Paris et à Lyon, contredisent le surplus du récit de Jombert. M. Âbel a trouvé l'acte de décès de Laurent Le Clerc, qui fut enterré le 7 octobre 1691, à la paroisse Saint- Martin ; il était mort le 4 du même mois. L'acte mortuaire * indique qu'il était âgé de quatre-vingtseize ans (et non cent cinq suivant l'abbé de Yallemont, ou cent sept suivant dom Çalmet), ce qiii reporte sa naissance à 1599 et non à 1590, comme le disent tous les biographes. Laurent n'a pu aller à
' Cet acte est ainsi conça : Ce joord'huy 7 octobre (16) 95, furent achevés les prières et services pour le repos de l'âme de deffant le sieur Laurent le Clerc, lequel aagé de quatre-vingt et seize ans» mourut le quatrième desdits mois et an et fût inhumé dans cette église le cinquième. Présent le sieur d'Âvrange, son nepveu, lequd a signé avec nous. (Paroisse Saint-Martin.)