D* ARTILLERIE
bommaf.
Bueentaure 6
Indomptable 6
Berwick 6
Intrépide 6
Atlas 6
Hortense 3
L% Rhin 3
Incorruptible 3
Mont-Blanc 6
ComéUe 3
Neptune 4
Annibal ^ 4
Thémis 4
Sirène 3
Formidable 6
Swiftsure 6
Scipion 4
Uranie 4
Total 83
OoTiier* OoTiiers Chaisears
d'artillerie, de marine. Sapeon, & oboTal.
Bueentaure 2
Indomptable 2
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OnTriera Onrrien Châtsenn
d*artUlerie. de marine. Sapean. à eheTal.
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Totaux 6 50 116 160
Atat sommaire des diverses tronpes embarqnèes
snr I*esoadre à. Tonton.
hommes.
16* régiment 1 ,349
23» régiment 1 ,660
67» régiment 1,505
2* régiment 1200 1 ^ ^^j^
Absents du 2* régiment attendus 400 1 '
Canonniers de la 4* compagnie d'artillerie 82
Ganonniers de la 5* compagnie d'artillerie 86
Canonniers de la 12* compagnie d'artillerie 76
Ganonniers du train 83
Ouvriers d'artillerie 6
Ouvriers de marine 50
Sapeurs 1 16
Ghasseurs à cheval 160
Ensemble 6,973
On le voit, il y a une profonde différence entre les mesures effectivement prises pour mettre les escadres de Toulon et de Rochefort en état de partir rapidement, et le peu qui est fait pour Tescadre de Brest à laquelle pourtant est attribué, dans le plan du 29 septembre, le rôle décisif. En somme, nous nous trouvons en face des deux hypothèses suivantes :
Ou bien le plan d'invasion de TAngleterre constitué par les cinq lettres du 29 septembre était sincère, et alors rennemi Ta connu, ou bien c'était encore une feinte destinée à égarer l'Amirauté anglaise.
Pour que la première solution soit admissible, il faudrait
que le plan poursuivi fût digne de Napoléon. Or, il ne l'est pas.
En effet, il consiste essentiellement à faire partir de Toulon une escadre de 8 ou 9 vaisseaux pour l'Amérique, le 1®' novembre; une autre de 5 vaisseaux, pour la même destination le 22 du même mois. Le retour au Ferrol, puis de là à Rochefort, est prévu pour le 22 mars. Par conséquent, il n'est attribué à toutes ces forces aucun rôle dans la grande partie qui doit se jouer pendant leur absence. Villeneuve et Missiessy sont voués à une opération tout à fait divergente, qui ne se relie en rien à l'opération principale, car on ne peut considérer conmie une aide donnée au passage de la Manche par la flottille, le fait d'attirer aux AntiUes Nelson, alors dans la Méditerranée, ou les quelques vaisseaux qui sont devant Rochefort.
C'est donc tout seul et par ses propres moyens que Ganteaume devrait, le 22 novembre, forcer le blocus de Brest, exécuter un débarquement en Irlande, enfin venir devant Boulogne à la fin de décembre 1804. Même protégée par la présence de ces vaisseaux, la flottille n'en aurait pas moins à se rassembler en rade et à traverser le détroit pendant la mauvaise saison. Napoléon n'aurait-il pas compris la dure et formelle expérience de la campagne précédente, et peut-on admettre qu'après avoir nettement manifesté dans sa lettre à Latouche-Tré ville , du 25 mai, sa parfaite compréhension de l'impossibilité où pourraient se trouver les bateaux plats de profiter de la venue de son escadre en hiver ^ il se soit donné à lui-même un tel démenti? Toutes les circonstances eussentelles été favorables, combien de temps Ganteaume, poursuivi par l'escadre supérieure de Cornwallis, eût-il pu tenir le Pasde-Calais ? Napoléon pouvait-il sérieusement croire que quelques heures suffiraient pour le rassemblement en rade de Boulogne de 1000 bateaux et le passage du détroit? Autant de questions dont la réponse s'impose, semble-t-il.
Si, par contre, l'Empereur voulut jouer au plus fin, et en laissant voler sa correspondance faire croire aux Anglais qu'il songeait réellement à délivrer l'Irlande et à leur donner des inquiétudes pour leurs colonies d'Amérique, il n'en aurait pas moins dévoilé à ses ennemis le vrai péril qui les menaçait. Que ce dût être l'escadre de Brest ou celle de Toulon qui
viendrait devant Boulogne, l'entrée dans la Manche d'une escadre française devait être le signal de l'invasion de l'Angleterre. Profondément convaincus, dès cette époque, que la possession de la mer (sea power) était la condition essentielle d'une descente, les hommes d'État et les amiraux britanniques devaient consacrer tous leurs efforts à parer à cette éventualité, la seule vraiment redoutable. Ni les feintes trahisons, si ce fut le cas en septembre 1804, ni les diversions plus tard réellement exécutées, ne purent les abuser sur ce point essentiel.
Il est difficile de penser que de telles considérations aient échappé à Napoléon. S'Ù avait voulu faire connaître aux Anglais un plan d'opérations fictif, il aurait joué un jeu bien dangereux en mêlant ainsi le vrai et le faux.
Ce qui semble, en dernière analyse, le plus vraisemblable, c'est l'hypothèse suivante, qui n'est, pour le moment, qu'ime hypothèse.
Le plan du 29 septembre ne fut pas destiné à être livré aux Anglais. S'il le fut, ce qui est probable mais non certain, il est difficile de croire que ce fut par la volonté de l'Empereur. Le projet doit-il donc être considéré comme sincère ? Pas tout à fait. Les raisons données plus haut empêchent de croire que Napoléon ait réellement compté faire jouer, pendant l'hiver 1804-1805, à l'escadre de Brest seule, le rôle essentiel. Il veut qu'elle soit prête, il veut qu'on prépare ostensiblement une descente en Irlande, peut-être ne lui déplaît-il pas qu'on parle d'une jonction avec l'escadre du Texel, peut-être aussi d'une apparition dans le Pas-de-Calais. Mais, à ce moment déjà, la grande entreprise d'une descente en Angleterre au moyen de la flottille est condamnée dans son esprit.
On verra plus loin les raisons tirées de la politique extérieure, de l'état réel des ports et des bateaux plats qui ont fait attribuer à la période actuellement à l'étude le nom de « période d'abandon ». Mais, dès à présent, on peut affirmer que Napoléon n'a jamais voulu réellement faire sortir de Brest l'escadre de Ganteaume, le 22 novembre 1804, pour l'amener devant Boulogne à la fin de cette année ou dans les premiers jours de la suivante.
Quelque aventurée que puisse paraître une pareille assertion, on doit dire que ce qui a été toujours considéré comme
une diversion géniale, Fenvoi aux Antilles des escadres de Toulon et de Rochefort, est, à cette époque , l'objectif primordial. Le seul but que Tétat politique de TEurope à la fin de 1804, que l'organisation de la flottille permettent de viser, c'est la prise ou la destruction de petites colonies anglaises. Tel est le piètre résultat des efforts et des sacrifices accomplis depuis dix-huit mois. Tel est aussi le point de départ des combinaisons dont on verra plus loin le développement. A ce moment, est abandonnée complètement toute idée d'invasion de l'Angleterre.
C'est ce qu'il va s'agir de démontrer.
FLOTTI
Mués pour la flottl