OBSERVA- TIONS
2« bataillon de la Montagne.
Bataillon de la Doué
— de la Sarthe
1« bataiUon dn 82* régiment.
— du 32« régiment.
!!• de la Manche
2» du 9*
Combourg
Autrain
homniM
Laboussac
Port-Malo
Id
Dinan
Id
2"» du 60»
Id
6* d'Orléans . . .
Id
2« d'Arras
f de Paris
Jugon
Id
77* régiment
Ljunballe
14* régiment
4* de la Dordogne
31* régiment
Guincamp
Saini-Brieuc
Id
7* de la Somme
Chasseurs de la Charente . « .
34* régiment
Tlntenîac
Rennes
Id
3« de la Nièvre
2« de la Seine-Inférieure . . .
lll*régiment
Id
Id
Total de Tinfanterio . .
Artilleurs
Pionniers
Total général de la 2* dii
ision
Il semblerait donc qu'à ce moment, en ce qui concerne Tarmée de terre, l'expédition fût prête. Mais sa valeur réelle était fort douteuse.
L'armement était très défectueux et le 1®' mars, en lui accusant réception du rapport précédent, le Ministre faisait remarquer avec raison, que rien dans la correspondance antérieure de Rossignol n'avait donné lieu de croire à une si fâcheuse situation sous ce rapport.
Le général est forcé d'avouer que son effectif comprend beaucoup de contingents de première réquisition, sans armes, ni effets d'habillement, que la marine n'a rien prévu pour les chevaux d'artillerie (1). Néanmoins, toujours confiant, il promet d'être prêt avec 25,000 hommes sous quelques jours.
Quant aux représentants, ils semblent avoir été beaucoup moins optimistes, ayant dû, à une revue passée le 3 mars, renvoyer, dans les vingt-quatre heures, le \^^ bataillon de Paris qui « a demandé à rentrer dans ses foyers et refusé de marcher en déclarant qu'il n'a été levé que pour servir dans le Calvados, et qui sera désarmé et licencié ». Leur rapport est peu encourageant.
Rapport des représentants Ruamps et Billaud-Varenne, le 4 mars 1794 (14 ventôse an II).
Le général Rossignol ne nous a pas paru tel que nous devions le croire.
Le 1" bataillon de Paris s'est très mal présenté; il est renvoyé à Paris, ot radjudant-major arrêté.
Un combat naval parait très vraisemblable; mais si nous enlevions Jersey et Guernesey, d'où les émigrés commencent à fuir, nous tenterions un coup de main sur file de Wight.
D y a près des deux tiers de la troupe sans armes ; nous manquons de sabres et de pistolets.
Le général Delaborde parait peu résolu à se charger de l'attaque de Guernesey.
Les vaisseaux ne peuvent sortir de Brest à cause du mauvais temps.
On manque de subsistances.
Enfin, une lettre de Le Carpentier a donné l'éveil à l'ennemi.
Le chef d'état-major Hazard, de son côté, fait bien voir le peu de valeur de ses troupes sans cohésion, ni discipline.
(1) Lettre du 4 mars au Ministre.
l'expédition des ILES NORMANDES. 49
Armée des côtes de Brest.
Aux Représentants du peuple composant le Comité de Salut public.
An quartier général de Port-Malo, le 10 germinal, l'an II de la République une et indivisible.
Citoyens Représentants,
Je TOUS fais passer ci-joint, l'état détaillé des bataillons répartis dans les 4 divisions de l'armée ; le général en chef a laissé à chaque général divisionnaire le soin de cantonner la portion des troupes qu'il affecte à chaque commandement; cependant comme il se trouve des bataillons dont l'encadrement est composé de Bas-Bretons, on les destine pour les garnisons des vaisseaux.
Voici quelques abus essentiels à réformer dont je vous dois compte, Citoyens Représentants :
i® Il existe dans notre armée une très grande quantité d'hommes en subsistance dans divers bataillons ; ces hommes mangent l'argent de la République sans la servir, et la plupart ne font que voyager sous prétexte de chercher leur corps ; il y en a qui courent ainsi les chemins depuis six mois et plus ; je pense qu'un arrêté de votre part, Citoyens Représentants, qui ordonnerait aux chefs des états-majors généraux des trois armées de Cherbourg, de l'Ouest, et des côtes de Brest, de s'envoyer réciproquement l'état nominatif des bataillons composant l'armée à laquelle ils sont attachés, remédierait à cet abus et nous mettrait à môme de faire rejoindre tous ces volontaires à leurs corps ;
2® n existe plusieurs bataillons de nouvelles réquisitions dans cette armée ; ces bataillons sont parfaitement organisés, instruits, armés et équipés ; de ce nombre sont les bataillons de Dieppe^ du Havre-Marat, de Mont-Fort-le- BrutuSy etc.
Le Décret qui met à la réquisition du Ministre de la marine, des volontaires qui préféreraient le service de mer à celui de la terre, est mal interprété :
Le bataillon de Dieppe s'épuise chaque jour par la sortie des volontaires qui se font demander par les commissaires de la marine de Dieppe et environs ; ces volontaires éludent par là le service de la République, qui les a requis, et la plupart retournent dans leurs foyers sous ce prétexte.
II en est de même du bataillon Marat^ tous les jours il se présente en foule des volontaires qui se font demander par la marine du Havre ; enfin. Citoyens Représentants, si le décret sur la réquisition des marins s'étend aux bataillons formés et en ligne dans l'armée, sous peu ces bataillons Tont être entièrement désorganisés.
Signé : Hàzard.
De plus, les relations de Rossignol avec les représentants, peu cordiales dès le début, allaient se gâter tout à fait. Dès leur arrivée, BiUaud et Ruamps avaient adressé au général en
chef des rappels à l'ordre en termes au moins secs au sujet du peu d'égards qu'on paraissait disposé à avoir pour eux. Peu après, ils réprimandent Rossignol, qui leur envoie son chef d'état-major Hazard au lieu d'aller lui-même chez eux au rapport. De son côté, le général se plaint d'être dénoncé par les représentants, de « n'entendre parler que de destitution et de guillotine » (1). Bientôt les représentants arrêtent un homme de confiance de Rossignol et enfin, au sujet d'une conspiration vraie ou fausse, on se brouille tout à fait.
Billaud part pour Paris, Ruamps pour Cherbourg avec le général Moulin, et Rossignol reçoit, quelques jours plus tard, l'ordre de cesser tout préparatif d'embarquement. Le 17 floréal, il était révoqué, et Hazard, son chef d'état-major, mis en prison en exécution d'un arrêté du 27 avril 1794 (8 floréal) qui nommait Moulin à sa place (2).
D'ailleurs, les mouvements des navires ennemis étaient devenus très inquiétants.
Le 6 mars, un engagement avait lieu devant le Havre entre une division anglaise et la Bombarde^ la Salamandre et la Vipère.
Le 8, Vialle signale deux frégates et un lougre devant Gran ville, puis toute une flotte au large de Cherbourg. Le lendemain, im convoi, envoyé le long de la côte, de Saint-Malo à Cherbourg, est attaqué et pris par Tennemi. Le 11, quatre frégates anglaises paraissent devant Dieppe (3).
(1) Lettre da 13 mars.— Mémoires de Rossignol. — Chassin : Vendée patriote, tome III, p. 467.
(2) A ce moment, rartUlorie était déjà embarquée. D'après on rapport da général en chef en date da 24 mars, elle comprenait :
2 pièces de 16 de siège.
1 3 mortiers de 12 ponces de siège.
lr« division. < 2 pièces de 12 de campagne.
1 2 pièces de 8.
[ 6 obusiers de 6 ponces.
2 pièces de 16 de siège.
2 pièces de 12 de siège, i 2 mortiers de 12 ponces de siège.
2* division. / 1 pièce de 12 de bataille.
I 2 pièces de 8, dont 1 longae.
6 pièces de 4.
4 obasiers de 6 poaces.
Le toat très complètement poorva d'armements et de munitions.
(3) Rapport de Ta^judant général Morlière, inspecteur des côtes.
l'expédition des ILES NORMANDES. .51
Il n'y a pas de doute, reimemi a eu vent de l'entreprise et exerce une- surveillance qui paraît difficile à déjouer.
Or, si, dès le 6 mars, le contre-amiral Comic, qui commande les transports réunis à Port-Malo, se déclare prêt à prendre la mer; si, le 8, Jean Bon annonçait que les vaisseaux absolument nécessaires pour protéger ce convoi partaient de Brest au nombre de douze, rien n'arrivait à Port- Malo et toutes les forces combattantes de l'Océan étaient occupées à protéger la rentrée du convoi d'Amérique. L'armée navale devait sortir de Brest le 17 mai et se diriger d'un tout autre côté que celui des îles normandes.
Mais c'est dans le redoublement de la chouannerie, causé surtout par la sauvage répression des colonnes infernales, qu'il faut voir la cause principale de l'échec de l'entreprise.
En effet, dès le 17 mars. Rossignol a dû envoyer 2,000 hommes sur Vannes et sur Brest, savoir : la garnison de Rennes (4« bataillon d'IUe-et- Vilaine, détachement du bataillon de Maine-et-Loire) et le 2® bataillon de la Montagne, le tout sous les ordres de l'adjudant général Bouchotte (Lettre au Ministre) (1).
Son effectif est tombé de 16,000 hommes à 6,000.
Le 24, Ruamps prescrit à Rossignol de secourir Fougères, en conformité de P arrêté du Comité de Salut public^ et celui-ci rend compte le même jour qu'il y envoie 2,500 hommes sous les ordres de Kléber; que 3,500 partent pour le Morbihan; que 5,500, sous l'adjudant général Klimpfer, vont à Brest; qu^ 1500 seront en réserve à Rennes; que la division Moulin, 7,500 hommes, passera à l'armée de Cherbourg,(2). 11 restera aux environs de Port-Malo 6,000 hommes pour la défense des côtes, sous les ordres du général Laborde.
L'armée d'expédition était dissoute, et les différents bataillons recevaient les destinations indiquées par l'état ci-après (Rapport du chef d'état-major Hazard, du 29 mars).
0) Le 22, le ministre lai répond on lui promettant 6|000 hommes pour Brest, 8,000 à Cherbourg et 10,000 dans le Morbihan.
(2) Lettres du 24 et du 26, à Dubois-Crancé, ministre.
Armée des côtes «le Brest*
(Î9 mars 1794.)
État des mouTements opérés dans rarmée depuis le 7 i^ermiual an II.
NOMS DES CORPS
l'abat, des grenadiers réunis.
2* bat. des grenadiers réunis.
Chasseurs de la Charente
82« régiment
3* baUillon de la Nièvre. . .
Bataillon Marat
24* régiment de caYaterio. . .
2« bataillon du 9* régiment
Montfort Le Brutus
12* de la Haute-Sa6ne
3* de la Charente-Inférieure !• de Lain
34* régiment d'infanterie. . . .
92* régiment d'infanterie. . . .
2« bataillon des Vosges
4« du bec d'Ambes
Bataillon de la formation
d'Angers 242
11* baUillon de la Manche. . 822
62* régiment 300
LBUR KORCB.
77* régiment
4« bataillon de la Sarthe.
Bataillon de Doué
111« régiment
f d'Orléans
2* de Seine-et-Oisc
7* de la Somme
3* de la Montagne
4* bataillon de la Dordogne.
l« du Morbihan
31* régiment d'infanterie
8« bataillon des Vosges
6« régiment
44* régiment
19* rég. d'infanterie légère..
14* régiment d'infanterie. . . .
6« bataillon de la Manche. .
Bataillon de Dieppe
I« bataillon du 67« rég.. ..
8* b^t. de Seine- et- Oise. . .
3* bat. de Loir-et-Cher. . . .
A reporter. . . .
homme*
LIEUX