CAMP DE BRUGES
Toutes les batteries mobiles qui depuis quelques mois étaient disposées sur la côte de Test, entre Ostende et le Sirin, et qui avaient si efficacement protégé les mouTements de la flottille bata\e pour se rallier au port d'Ostende, ont été portées par ordre de M. le Maréchal, commandant en chef, et par les soins du général Sorbier à Touest du chenal, aux points principaux entre Ostende et Dunkerque, afin de remplir le môme but.
M. le Maréchal 8*est occupé surtout de la défense de la rade de Dunkerque par ces mêmes moyens, à défaut de constructions solides qui rendront un jour à ce point si menaçant pour Tennemi toute son importance et à la ville de Dunkerque son ancienne splendeur.
Une compagnie d'artillerie à cheval est stationnée au Grand-Mardick, prête à se porter sur TEstran, jusqu'à la pointe qui forme la véritable entrée de la rade et qui n'est éloignée du Breed-bank que de 700 à 800 toises.
Une réserve considérable est toujours prête à se porter sur TEstran de l'est, en avant du fort Blanc et des nouvelles batteries. Dans cet état de choses, les mouvements se continuent ; la troisième partie de la flottille batave, dont la réparation et l'armement s'achèvent dans le port d'Ostende, arrive successivement à la rade de Dunkerque, toujours occupée par une division.
... .'.Je ne passerai pas sous silence un événement aussi mémorable
que la distribution des aigles de la Légion d'honneur aux braves de l'armée que Sa Majesté a jugés dignes de cette distinction. Celte distribution fut faite aux trois divisions du camp de Bruges par M. le maréchal Davout, au milieu des plus vives acclamations ; toute l'armée, pénétrée de reconnaissance pour l'Empereur et pour son général, eut pourtant encore à envier à celles de Saint-Omer et de Montreuil l'avantage de recevoir ces récompenses nationales de la main même de Sa Majesté, au pied de son trône ombragé des trophées de ses propres victoires, entouré de ses grands officiers, ses plus fidèles serviteurs ; et c'était au milieu des plus grands souvenirs, prenant les aigles qu'il distribuait dans le casque de Bavard et dans l'armure de Duguesclin, qu'à la vue des côtes d'Angleterre, dans les vieux camps de César, voyant rallier les bâtiments de la flottille du Havre et mûrir les derniers apprêts de l'expédition, Bonaparte récompensait ses compagnons d'arme^ pour tant de mémorables exploits et semait pour une nouvelle moisson de gloire.
(1) Automne 1804.