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CHAPITRE XHÏ

JOIEDES CONTRE-REVOLUTIONNAIRES. — ■ ADRESSES, FELICITATIONS, TRIOMPHE — COMMISSION PROVISOIRE POUR JUGER. — TAII.IEN REMPLACE RORES- IMERRE. — COMMENCEMENT DE REACTION. — RESISTANCE DES MONTAGNARDS A LA RÉACTION. — LES THERMIDORIENS CÈDENT A LA RÉACTION. — LUTTE ENTRE LES MONTAGNARDS ET LES THERMIDORIENS. — DESTITUTION DU PEUPLE. - LIBERTÉ DE LA PRESSE PERFIDEMENT RÉTABLIE. — ÉPURATION FORCÉE DES JACOBINS. — LES RÉVOLUTIONNAIRES SE RÉFUGIENT AU CLUB ÉLECTORAL. — PARTI THERMIDORIEN : JEUNESSE DOREE. — REACTION CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRE. — LES THERMIDORIENS ATTAQUENT LES ANCIENS COMITÉS. — NOUVELLE COMPOSITION DES COMITES. — EXPLOSION DE LA POUDRIÈRE DE GRENELLE. — VIOLENCES DE LA JEUNESSE DOREE CONTRE LES JACOBINS. — RAPPORT DE ROBERT -LINDET. — MARAT EST TRANSPORTÉ AU PANTHÉON. — OPÉRATIONS MILITAIRES : CONQUÊTES. — VENDEE ET BRETAGNE. — REPRISE DES CONSPIRATIONS DES BOURBONS. — RESISTANCE DES JACOBINS. — CORRUPTION \ LUXE J MADAME TALI.IEN; MADAME BEAU- MARCHAIS. — NOUVELLE ATTAQUE CONTRE BILLAUD, ETC. — AFFAIBLISSE- MENT DES JACOBINS. — REACTION DANS LES FINANCES, ETC. — REACTION EN FAVEUR DES GIRONDINS, ETC. — CONDAMNATION DE CARRIER. — FERME- TURB DES JACOBINS. — ÉPURATION DES SECTIONS. — RAPPEL DES 73 CIRON- OINS. — LA RÉACTION DEMANDE DES VENGEANCES.

8 1". — Joie des Contre-révolutionnaire*.

- Les événements des 9 et 10 thermidor, dit M. Thiers, répandent une joie que plusieurs jours ne peuvent calmer : Vivresse est générale. »

Oui, parmi les Thermidoriens, les Aristocrates, les contre-

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révolutionnaires, les Suspects détenus et leurs familles : c'est tout naturel; mais non parmi les Jacobins, la Commune, le Peuple, toutle parti révolutionnaire et populaire, qui sont au contraire consternés, désespérés, qui massacreraient la Convention s'ils connaissaient toute la vérité et s'ils n'étaient pas dispersés par la déroute et par la terreur. L'armée est unanime (suivant Y Histoire parlementaire) pour déplorer la chute de Robespierre et pour croire avec lui que la République est perdue. On dit même qu'à la première nouvelle de la Jutte commencée, le premier mouvement de Ronaparte, à l'armée de Nice, a été de marcher à son secours.

§ 2. — Adresses, félicitations, triomphe.

Une foule de dèpulations et d'adresses accourent féliciter In Convention et les Thermidoriens. —Mais ce sont les Aristocrates et les contre-révolutionnaires qui apportent ces félicitations (et c'est tout simple), ou des Girondins, ou des révolutionnaires compromis et lâches ayant toujours, comme Rarrère , deux discours tout prêts pour les deux Partis belligérants.

« Catilina n'est plus, disent et répètent toutes les adresses : tu ltipublique est sauvée ! »

Pauvre Robespierre, si probe, si désintéressé, si vénéré pour ses vertus, le voilà transformé en un Catilina!

Les vrais Catilina, vainqueurs par hasard, se vantent d'avoir sauvé la République (qu'ils perdent), et distribuent à leurs partisans des éloges, des récompenses et des honneurs, qui s'adressent tous indirectement à eux-mêmes.

\ 3. — Commission provisoire pour juger.

Le 11 , on suspend le Tribunal révolutionnaire, et l'on nomme, séance tenante, une Commission provisoire pour ne pas retarder (dit M. Thiers) le jugement des complices de Robespierre.— Ainsi, ce sont les vainqueursqui vontjuger et tuer les v aincus prisonniers!— Cette Commission provisoire, nommée par les Thermidoriens, est au m »ins aussi sangui-

naire que le Tribunal révolutionnaire.— Et M. Thiers no dit pas que le 1 1 février elle envoie 7 0 Municipaux au supplice et qu'on égorge 103 patriotes en trois jours, comme s'il voulait laisser croire que ses Thermidoriens sont des héros d'humanité !

§4. — Tallien remplace Robespierre au Comité.

Le 14 au soir, la Convention décrète que désormais les Comités seront renouvelés p&v quart tous les mois, et qu'un membre sortant ne pourra y rentrer qu'un mois après.— Le 12, Tallien, Thuriot , Treilhard ; Eschassèriaur, Laloi, Breard, sont élus pour remplacer au Comité de salut public Robespierre, Saint-Just, Couthon, etc., et pour composer ce Comité avec Barrère, Billaud, Collot, Carnot, Prieur (de la Côlc-d'Or)*et Bobert-Lindet.— Ainsi, le voleur, le débauché, le septembriseur, l'assassin Tallien, remplace l'incorruptible et vénéré Bobcspierre!

David, membre comme Lebas du Comité de Sûreté générale, et qu'on dit dévoué à Robespierre, est exclu de ce Comité, ainsi que Jagot et Lavicomterie, accusés d'avoir été d'horribles inquisiteurs.

Le lâche Legendre , le fougueux Merlin (de Thionville) , Goupilleau, Jean Debry, André Dumont et Bernard de Saintes, composent ceComité avec Vadier, Amar, Vouland, 6 autres, et vont disposer de la liberté individuelle pour élargir les Aristocrates et emprisonner les Patriotes.

La Convention rapporte ensuite la loi du 22 prairial et le décret qui permettait d'arrêter un Député sans l'entendre préalablement. — Bientôt on détruira la centralisation gouvernementale en organisant 16 Comités indépendants du Comité de Salut public— Ce dernier Comité n'aura plus l'initiative de la Dictature; mais la Convention elle-même conservera cette Dictature pendant plus d'une année encore.

« Tout Paris, s'écrie Legendre, vous demande le supplice de Fouquier-Tain ville. »

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