Cinq heures trois quarts du matin
56 LE COUP d'état.
On lit une lettre du président du Conseil des Cinq- Cents, par laquelle il invite le Directoire à ordonner la mise en liberté des Représentants du Peuple arrêtés, qui ne sont pas compris dans la mesure de sûreté générale portée dans la résolution de ce Conseil du jour d'hier i.
[Loi portant que les généraux, etc., ont bien mérité de la patrie 2.]
On adresse un Message à l'un et à l'autre Conseil pour leur représenter que toute lenteur à prendre les mesures législatives que les circonstances commandent, compromet la chose publique ; que les conspirateurs ont veillé ; qu'ils ont repris leur audace, renouvellent leurs intrigues, égarent l'opinion, et se vantent déjà de punir bientôt les républicains du triomphe qu'ils ont obtenu; on invite en conséquence les Représentants du peuple à connaître le prix du moment, à le saisir, à être les libérateurs de leur pays et à fonder à jamais son bonheur et sa gloire.
[Ordre au ministre de la justice d'inviter les administrations centrales qui n'ont pas encore envoyé le tableau de dépréciation du papier-monnaie, de se conformer sans délai à l'ordre qu'elles en ont reçu.]
Sur la proposition du ministre de la guerre, il est arrêté : 1° que le général Beurnonville, commandant en chef l'armée française à la solde de la République Batave, actuellement en congé à Paris, ira rejoindre sans délai son poste ;
1. On lit au Moniteur du 25 fructidor : « Un arrêté du Directoire exécutif du 19 a ordonné la mise en liberté des membres ci après : Goupil de Préfeln, Tupinier, Perrée (de la Manche), Jarry des Loges, Delamétherie, Dauchy, Derumare, Fayolle et Piédou d'Héritot.