Ney a Berthier
Henseig-nenienls de Ney non seulement sur l'arrivée prochaine de Macdonald et sur les mouvements de la division Meudelet, mais sur les dispositions de la population de Konij^sberg. Elle semble, dit le maréchal, menacer les Français, et en voyant avec quelle 'activité le gouvernement prussien lève les recrues, le duc d'Elchingen se dit que la Prusse s'apprête à jouer un grand rôle militaire; mais sera-ce pour, sera-ce contre les Français?
Kônigsberg, 2 janvier 1813.
Monseigneur,
Les dépôts d'infanterie et de cavalerie prussiennes qui étaient à Konigsberg et environs ont reçu l'ordre du roi, leur maître, de partir en toute hâte pour se diriger sur Graudenz, et ils se sont mis en marche ce matin. La levée des recrues se continue dans ce pays avec la plus grande activité, et elle est telle qu'on peut apercevoir que la Prusse s'apprête à jouer, pour ou contre nous, un grand rôle militaire. On dit ici publiquement que cette puissance mettra 100.000 hommes en campagne.
La précipitation du départ des troupes prussiennes a occasionné quelques rumeurs dans la ville. J'ai de suite fait arriver la cavalerie du général Cavaignac pour faire des patrouilles. Les habitants semblent nous menacer; fnais nous sommes en mesure de les réprimer.
Le maréchal duc de Tarente arrivera ici sans
doute demain matin de bonne heure; je m'entretiendrai avec lui de tout ce qui peut intéresser le bien du service.
Le général Heudelet couche aujourd'hui entre Kuxternet Waldau. Il arrivera demain àKônigsberg; il est en communication avec M. le duc de Tarente auquel il a fait part de son mouvement.
Une reconnaissance que le général Heudelet a dirigée sur la route d'insterbourg a appris des habitants que le gros des Cosaques s'est dirigé, moitié sur Elbing, moitié sur Pillau; cette dernière partie de la nouvelle n'est pas croyable.
P.-S. — Je vous fais passer le rapport que je reçois à l'instant de M. le maréchal Macdonald.