Berthier à Ney
Berthier rappelle ses instructions ou plutôt celles de Murât : évacuer ou détruire tout ce qui à Kônigsberg pourrait être utile à l'ennemi. Mais le roi de Naples, en ce moment, voudrait la paix, et, puisque Macdonald a eu sans doute une entrevue avec le prince Hepnin, on pourrait faire une convention qui fixerait les quartiers d'hiver, et déjà Berthier détermine la ligne de démarcation.
Brandeabourfç, 3 janvier 1813, 6 heures du matin.
J'ai reçu vos lettres du 2 janvier et le Roi a reçu celle que vous lui avez envoyée du duc de Tarente. S. M. part ce matin pour Elbing sans avoir reçu de nouvelles du duc de Tarente et sans connaître le résultat de l'entrevue que devait avoir ce maréchal avec le prince Repnin. Dans tout état de choses, faites connaître au duc de Tarente qu'il ne peut être question que de dispositions pour prendre réciproquement ses quartiers d'hiver. S. M. approuverait une convention par laquelle nous prendrions la ligne de la Pregel, conservant Pillau, l'entrée du Nehrung de Memel, Labiau, la Pregel et une ligne qui passerait par Willenberg et Pultusk, le prince de Schwarzenberg couvrant Varsovie et le grand-duché.
Le Roi consentirait à une pareille proposition. Mais, dans tous les cas, il ne faut pas se laisser amuser et perdre du temps parce que les Russes se vantent de s^ètre servis avec avantage de ce moyen contre nous.
Des ordres ont été donnés à tous les chefs du
LA GllEHRE DE RUSSIE 321
génie, de rartillerie et de l'administration, de pourvoir à tout ce qui est nécessaire à la place de Kônigsberg <il à Pillau, d'employer humainement tous les moyens possibles pour faire évacuer tout ce qui nous appartient, et enfin de prendre vos ordres et ceux du duc de Tarente pour faire détruire tout ce qu'on ne j)Ourrait emporter, quand ils seront prévenus par vous ou par le duc de Tarente que l'on doit évacuer Kônigsherg. La lettre à ce maréchal, dont je vous ai envoyé copie, dit tout cela.