‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 118 sur 139 · Saint-Marsan à Berthier · texte numérisé non relu

Saint-Marsan à Berthier

Deux lettres de Saint-Marsan à Berthier.

Boileau, aide de camp de Macdonald, est arrivé à Berlin, apportant la nouvelle de la défection de Yorck, et, à cet instant, Saint-Marsan, Hardenberg et le prince de Hatzfeld dînent chez Auj^ereau. L'ambassadeurs'écrie que la lettre de Yorck est vraiment inexcusable (Cf. la pièce 108) et Hardenberg- paraît « atterré. » De même, Frédéric-Guillaume assure qu'il a failli en avoir une attaque d'apoplexie. Le ministre et le roi semblent être, selon Saint-Marsan, de la meilleure foi du monde. Mais Saint- Marsan et Narbonne, alors à Berlin, demandent des mesures énergiques. Le roi désavoue formellement la convention sig-née par Yorck. ordonne d'arrêter ce général, le remplace par Kleist; Tordre sera publié partout; Murât disposera comme il voudra du contingent prussien. C'est le lieutenant-colonel Nalzmer qui porte et cà Murât et aux troupes prussiennes les déterminations de Frédéric-Guillaume pendant que le prince de Hatzfeld court à Paris exprimer à l'Empereur lindignation royale.

Berlin, 4 janvier 1813, 8 heures du soir.

Monseigneur, l'estafette de Paris passe en ce moment. J'en profite à la liàte pour annoncer à V. A. S. que M. Boileau, aide de camp de M. le maréchal duc deT.irente, m*a renns sa dépèche du 1^% il y a environ deux heures. J'espère pouvoir le réexpédier dem;nn dans la matinée avec les déterminations du roi. M. de Narbonne et moi avons insisté sur les mesures

les plus énergiques, les plus promptes, les plus éclatantes et les plus patentes. M. de Hardenberg qui a paru atterré de la nouvelle espère les obtenir encore ce soir du roi. J'en aurai le résultat à minuit.

Berlin. 4 janvier 1813.

Monseigneur, le roi vient d'envoyer M. de Hardenberg cbez moi, pour me communiquer ses déterminations. Les voici :

S. M. fera partir demain, au plus tard, à midi, un de ses aides de camp, le lieutenant-colonel Nalzmer, pour se rendre auprès de S. M. le roi de Naples. Cet officier portera la nomination du général Kleist comme lieutenant général commandant le contingent. Il portera aussi le désaveu formel de la convention signée par le général d'Yorck, l'ordre au général Kleist de faire arrêter cet officier général, s'il y a moyen, et de le faire conduire à Berlin; enfin, linjonction de disposer du contingent selon que S. M. le roi de Naples l'ordonnera el d'exécuter en tout les ordres de S. M. sicilienne qui sera priée de faire accompagner M. de Natzmer, pour qu'il puisse remplir la commission dont il est chargé, et aussi de faire mettre à l'ordre du jour de l'armée française les résolutions du roi; elles le seront également à Berlin, à Potsdam, en Silésie, et on les insérera dans les gazettes.

Le prince Hatzfeld reçoit ordre de se rendre à Paris. Il portera à S. M. l'Empereur l'expiession des sentiments du roi, de son attachement à la cause de Sa Majesté Impériale et de son indignation de ce qui vient die se passer.

Le roi s'occupera incessamment des moyens de réunir un autre contingent; mais sur cet objet, il

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mol tMi avant rexlrème «létresso de ses finances cl demande quehjue acompte sur les avances faites jusqu'ici.

Jus(ju'à ce moment le général d'Yorck n'a point rendu compte au roi de ce qu'if a fait. Le comte HencîkeP, aide camp du roi, qui a quitté ce général le 21 et est arrivé ici avant-liier, a seulement rapporté que le général d'Yorck croyait devoir se trouver dans le cas de ne pas percer et de capituler.

On n'apprendra celte nouvelle à Berlin qu'en apprenant aussi les mesures adoptées par le roi; ce(jui neutralisera, je l'espère, l'effet que pourra produire un pareil scandale.

Le roi et son ministre paraissent de la meilleure foi. Sa Majesté a paru très inquiète et très affectée du danger que court M. le maréchal duc de Tarente. Si le corps est rentré en Prusse, le roi ne désespère point que le général Kleist ne le ramène aux ordres de S. M. le roi de Naples. Mais il me paraît difficile que f'ennemi et le général d'Yorck s'exposent à cette chance. Ils ne laisseraient venir le corps en Prusse qu'autant que le roi aurait approuvé la convention.

Je réexpédie de suite M. Boileau avec ces notions. M. de Nalzmer le suivra à quinze ou dix-huit heures d(^ distance.

J'ai l'honneur d'être, avec une respectueuse considération, Moiiseigneur, de Votre Altesse Sérénissime le très humhle et très obéissant serviteur.

De Saint-Marsan.

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