Macdonald à Bevthier
Cette lettre prouve que Macdonald ne compte rien opérer de décisif; il craint pour sa droite; il voudrait qu'on fît des diversions en sa faveur; il se plaint de disséminer ses^ forces et d'avoir peine à contenir la garnison de Rlg^a.
Stalgen, 31 octobre 1812.
Monseigneur, contre toute attente, Tennemi est demeuré tranquille le 2Q. Mais le 29, au point du jour, il a attaqué toute ma ligne. On a plié jusqu'à l'Eckau; mais les réserves s'étant portées en avant, il a été repoussé sur tous les points et les positions ont été reprises. De part et d'autre on a perdu du mond(^ et fait des prisonniers.
J'ai fait renouveler les diversions en remontant la Dvina par les deux rives. Elles ont poussé jusqu'à Kraslau et Drouïa. Elles paraissent avoir attiré l'attention de l'ennemi, car le général Grandjean m'annonce d'avant-liier que différents avis l'instruisent qu'un gros corps ennemi rebrousse chemin et descend les rives de la Dvina. 11 ne peut être tiré que des corps des généraux Wittgenstein et Steinheil; ce qui dégagera d'autant le maréchal St-Cyr et le général de Wrède, si les avis sont vrais.
Mais ma droite court à son tour de très grands risques si le maréchal St-Cyr et le général de Wrcde n'opèrent pas une semblable diversion.
Je connais les événements qui se sont passés de leur côté. Si le duc de Bellune marche réellement
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pour se réunir au 2'- corps, les ali'aires prendront une tournure plus fav^orable.
11 serait à souhaiter que la 34^ division, que le duc de Bassano m'annonce se former à Koni^sberg-, marchât sur Vilna, Vidzy ou môme Dunabourg. Je donnerais plus efficacement des inquiétudes à Fennemi en le contenant sur la rive droite de la Dvina. Disséminé comme je suis, je n'ai de forces réelles que vis-àvis Riga, qui ont beaucoup de peine à contenir cette g-arnison à cause de leurs positions étendues.
L'équipage du siège éprouve de grands embarras dans sa marche. Je n'ai point reçu les ordres de Y. A. pour le laisser embarquer à Titsit ou le faire descendre à Kônigsberg. Il eût été bien important que je connusse les intentions de Sa Majesté avant les gelées.
4 1 . Yorck à Macdonald.
Lettre curieuse de Yorck, qui manifeste son impatience d'attaquer Tennemi. Mais ses Prussiens et lui ont-ils si grande envie de marcher aux Russes, et le roi Frédéric- Guillaume III n'a-t-il pas secrètement écrit au tsar qu'il doit un jour redevenir son allié et qu'il ne lui fera de mal que ce qui sera d'une nécessité stricte?
Mitau, 31 octobre 1812.
Monseigneur, Votre Excellence a eu la bonté de me faire part, par le colonel Roder, de son dessein d^attaquer l'ennemi, pour le punir de l'audace de s'avancer si loin de sa forteresse et d'inquiéter sans cesse nos avant-postes. Ce parti me paraît sans contredit le moyen le plus sûr pour obtenir quelque repos et fera grand plaisir aux troupes prussiennes qui ne demandent pas mieux que de marcher à l'ennemi sous les yeux de Votre Excellence. Intimement persuadé du succès, c'est avec impatience que j'attendrai vos ordres ultérieurs.
Agréez, Monseigneur, les protestations du plus profond respect avec lequel j'ai Thonneur d'être, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur