‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 6 sur 139 · Ostrovno · texte numérisé non relu

Ostrovno

Le lieutenant de Kalckreuth appartenait au 2^ régiment de hussards prussiens qui fît la campagne de Russie avec la Grande Armée dans la division Bruyère et le premier corps de cavalerie, commandé par Nansouty. Il a publié ses souvenirs ou E rinnerung en dans le cinquième fascicule de l'année 1835 de la Zeitschrifl fur Kuiist, Wissenschafl iiiid Geschichte des Krieges. Ils sont intéressants et renferment quelques détails curieux. C'est ainsi qu'il raconte que Napoléon passa devant les troupes le 28 juin dans le faubourg de Vilna : c Tous les F'rançaiset Polonais crièrent leur Vive l'Empereur ; mais nous, Prussiens, nous nous contentâmes de regarder cet homme remarquable qui se montrait à nous pour la première fois. » Dans ce qui suit, il raconte le combat d'Ostrovno, et cette page éclaire et complète les récits que nous possédons sur l'affaire du 25 juillet.

Le 28 juillet, derrière Ostrovno, il y eut un sérieux combat et notre régiment entra dans la ligne de bataille. Le terrain était uni et n'offrait d'autre coupure que la grande route de Vitebsk. Devant nous était une forêt que l'ennemi occupait fortement avec de l'infanterie et de l'artillerie. Beaucoup de cavalerie était sur les côtés et en face de nous. C'était le corps du général Osterman.

Nous n'avions que notre division — la division Bruyère — et deux batteries volantes à opposer à l'ennemi, car notre infanterie était encore en arrière. Néanmoins, le roi de Naples qui était toujours à

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l'avarit-garde voulut, non pas reculer, mais garder cette position.

Nous étions très près de l'ennemi et nous perdîmes par lé feu de son artillerie beaucoup de gens et de chevaux. Plusieurs charges de la cavalerie française furent repoussées. Notre régiment, lui aussi, dut attaquer Tartillerie; nous réussîmes à passer entre les canons russes, mais un feu violent d'infanterie^ parti de la forêt voisine, nous força à reculer, et nous eûmes beaucoup de blessés. Revenus à notre première position, nous souffrîmes encore du feu de l'artillerie, et il fallut faire une nouvelle charge Le 7^ régiment de hussards français devait nous soutenir. Nous partîmes, nous renversâmes tout ce qui s'opposait à nous, nous pénétrâmes derechef au milieu de Tartillerie ennemie, nous sabrâmes beaucoup d'artilleurs et nous voulûmes ramener les canons. Mais le 7® régiment de hussards ne nous avait pas suivis et un feu meurtrier d'infanterie nous accueillit. Nous dûmes nous replier avec de grandes pertes.

Nous reprîmes donc notre première position, et un feu continuel de mitraille éclaircit considérablement nos rangs.

Enfin, lorsque l'obscurité commença à tomber, les Russes se retirèrent lentement. Nous bivouaquâmes non loin du lieu du combat et ce ne fut qu'alors que nous eûmes le temps de compter tout ce que nous avions perdu dans cette journée. Le capitaine de Manteutfel était blessé au bras; le premier lieutenant de Rudorff, à la mâchoire; le lieutenant deKamecke, à la cuisse; nous avions, en outre, 37 morts et 43 blessés ^ Tous les blessés furent, si je ne me trompe, transportés à Biéchenkovitchi.

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