Berthier à Hogendorp
Ordres de Berthier au gouverneur de Vilna, Hog-endorp; mais était-il possible de prendre les mesures sévères que prescrivait le major général, de rallier les traînards et les isolés, etc.? Tout cela ne se fit que sur le papier.
Miedniki, 7 décembre 1812, 7 heures du soir.
Monsieur le général Hog-endorp, je vous préviens que la garde impériale arrivera demain à Vilna. Sa Majesté désirerait qu'elle pût prendre des cantonnements dans le faubourp^ d'Oclimiana.
La cavalerie de la garde arrivera aussi demain et prendra des cantonnements provisoires dans les emplacements qu'elle a déjà occupés.
Le corps du vice-roi et celui du prince d'Eckraûhl s'arrêteront pour la journée de demain à Roukoni.
Nous espérons que vous avez pris des mesures sévères pour qu'on prenne aux traînards et isolés tous leurs konias, qu'ils soient conduits directement dans les couvents ou emplacements que vous aurez choisis pour les réunir par corps d'armée.
Il faut beaucoup de patrouilles en ville afin de n'y souffrir aucun soldat isolé.
Nous désirerions avoir un état des villag^es qui se trouvent à deux lieues autour de Vilna et qui offrent des ressources pour y mettre des troupes. Le Roi pense que vous ne perdrez pas un instant pour faire évacuer nos malades et tous les embarras de l'administration.
Il faut faire partir les six millions qui sont à Vilna, en diriger deux sur Varsovie et quatre sur Konigsberg-.
Quant aux hommes démontés de troupes à cheval, il faut les réunir dans un même local et les faire partir, par cinq cents hommes,- pour Kovno et Varsovie. Le général Bourcier fera connaître le nombre d'hommes et de quelle arme il faut diriger sur chacun de ces points.
Je vous ai déjà écrit de faire partir également toutes les remontes de Vilna pour Konigsberg.
Beaucoup de soldats vont demander à entrer dans^ les hôpitaux. Il faudrait tâcher de les diriger au fur et à mesure sur Kovno. La quantité de konias et de petites charrettes qu'on enlèvera aux soldats en entrant en ville fournira plus de moyens qu'il n'en faut pour évacuer nos malades.
Préparez-moi des états de situation exacts et détaillés de tout ce qui se trouve à Vilna.
^Tî.iyrï-
71, Berthier à Ney.
Une des lettres qui font à Ney le plus d'honneur et qui sont pour celui qui les reçoit un titre de gloire : Berthier fait appel au dévouement du maréchal, de celui qui fut le héros de la retraite; il assure que Murât a pleine confiance en Ney, que le salut de Tannée est dans les mains de Ney!
Vilna, 8 décembre 1812, G heures du soir.
Monsieur le duc d'Elciiingen, Sa Majesté juge convenable de vous confier dès ce soir même le commandement de Tarrière-garde de l'armée. Vous aurez, à cet effet, sous vos ordres les 2^ et 3^ corps d'armée et la division Loison qui s'y trouve déjà et, en outre, le corps bavarois de 7 à 8.000 hommes commandé par le général de Wrède. Je donne l'ordre à ce général de partir sur-le-champ de sa position de Slob-Gboumska pour se rendre à Roukoni. Je joins ici copie des instructions que je lui donne.
Je prescris au duc de Bellune de ne point quitter la position de Roukoni que le général de Wrède n'y soit arrivé. Avec le reste de vos troupes vous prendrez la position de Niesmicza et vous couvrirez la route de Roudomin.
Vous voudrez bien, monsieur le maréchal, donner au général de Wrède toutes les instructions que vous jugerez nécessaires. Vous sentez, monsieur le duc, que le salut de l'armée est dans vos njains. Sa Majesté vous porte toute confiance et vous prie de lui faire connaître les nouvelles que Tarrière-garde
pourra avoir de l'ennemi sur les différentes directions. On va s'occuper de rallier les l^"", 4^ et 9" corps, ainsi que la g^arde, pour vous soutenir, s'il était né« cessaire.