‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documentsChapitre 4 sur 125 · Cf. notre tome 1, p · texte numérisé non relu

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ter et trouvaient que c'était assez de gloire^ assez de <3liances et de fatigues pour une campagne.

Gudin, a dit GharbonneP, était « aussi distingué par son caractère personnel que par ses talents militaires et ses faits d'armes. » C'était, écrit Roguet, le modèle des divisionnaires, et l'armée le désignait comme l'un de ceux que l'Empereur élèverait prochainement à la dignité de maréchal. Davout ne put s'empêcher de pleurer lorsqu'il sut que Gudin n'était plus : « Il m'apprit cette mort, rapporte Dedem, les larmes aux yeux et il me parla de tous les regrets qu'elle lui causait. » On a la lettre que le prince d'Et-kmûhl envoyait alors à sa femme : « J'ai à te donner une bien mauvaise commission, celle de préparer Mme la comtesse Gudin à apprendre le malheur qui vient d'arriver à son bien estimable mari. Il a supporté l'amputation avec une fermeté bien rare; je l'ai vu peu d'heures après son malheur, et c'était lui qui cherchait à me consoler. On ne me remue pas facilement le cœur; mais, lorsqu'une fois on m'a inspiré de l'estime et de l'amitié, il est tout de feu. Je versais des larmes comme un enfant. Gudin a observé que je ne devais pas pleurer; il m'a parlé de sa femme et de ses enfants et dit qu'il mourait tranquille sur leur sort parce qu'il connaissait la bienveillance de l'Empereur envers ses serviteurs, et qu'il emportait avec lui la certitude que je ferais ce qui dépendrait de moi pour sa famille. Tu peux assurer Mme Gudin que je justifierai dans toutes les occasions les sentiments et la confiance de son mari. Je prendrai près de moi ses aides de camp. » ,

Lorsque le 20, l'Empereur passa les troupes en

1 . Lettre de Charbonnel, du 30 juillet 1827 ; cf. les mots de Ségur : « bon citoyen, bon époux, bon père, général intrépide, juste et doux, et à la fois probe et habile : rare assemblage dans un siècle où, trop souvent, les hommes de bonnes mœurs sont inhabiles et les habiles sans mœurs. »

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revue, il donna des regrets au vaillanl Gudin. « Le «général, disait-il dans le li*' bulletin, est mort glolieusement. Mais cette perte est sensible. Il était un des officiers les plus distingués de l'armée, recomniandable par ses (jualités morales autant que par sa bravoure et son intrépidité. » Le 15 octobre, de Moscou, il mandait à la veuve de Gudin qu'il lui accordait une pension de douze mille francs* et que cbacun de ses enfants recevrait une dotation de quatre mille francs avec le titre de baron. « Je prends part à vos regrets, écrivait-il , la perte est grande pour vous ; elle Test aussi pour moi. Vous et vos enfants aurez toujours des droits auprès de moi. I^]levez-les dans des sentiments qui les rendent dignes de leur père. »

i. Cf. nos Ordres et apostilles de Aapoléon, IV, p. 241.

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