Berthier à Napoléon
Huit lettres de Berthier à Napoléon, du 45 au 18 janvier. (Arch. nat. A. F. iv. 1651). Il répète que tout est désorganisé et il se plaint — allusion à Murât — que les affaires n'aient plus de direction générale (lettre I); il annonce le départ de Murât et son remplacement par le prince Eugène qui a plus fait en un jour que Murât en un mois et demi (lettres V et VI); il envoie deux officiers d'ordonnance à l'Empereur (lettres III et VIII) ; il semble croire avec Augereau que le roi de Prusse a de « bonnes intentions » (lettre IV); il apprend à Napoléon que le 10^ corps d'armée n'existe plus (lettre II) et que le général Marchand commande provisoirement le 4^ corps (lettre VII).
Posen, 15 janvier 1813, 6 lieures du soir.
Sire, le Roi est arrivé ici ce matin. J'ai suivi Sa Majesté et suis également arrivé, fort souffrant et très fatig-ué de la route.
J'adresse à Votre Majesté une lettre que je reçois du vice-roi qui a été attaqué à son départ deMarienwerder.
Dans l'état actuel des choses. Votre Majesté verra qu"Elle n'occupe plus la Vistule que par Danzig dans lequel il y a 25.000 hommes; Graudenz, garnison prussienne ; Thorn, avec 3.000 Bavarois; tout le reste est évacué. Je ne parle pas des places de Modlin, etc. Les corps d'armée qui ne sont que des espèces de cadres, comme Votre Majesté l'aura vu par les états de situation, vont se trouver derrière
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rOder. Les dépots de cavalerie vont être placés derrière l'Oder et sur l'Elbe. Le quartier général est ici oîi se rend votre garde et où vont se réunir également les régiments de la Vistule et les Lithuaniens. Yotn; Majesté sait actuellement que sa Grande Armée est entièrement à réorganiser, que les affaires ici n'ont plus de direction générale : il faut des instructions de Votre Majesté. Il ne faut pas se dissimuler que tout est désorganisé et qu'on ne peut exécuter les ordres des ministres parce qu'ils demandent des choses qui n'existent pas. On ne peut réunir aucun état. Le personnel dans toutes les parties manque. Je dois répéter à Votre Majesté ce que je lui ai dit. C'est qu'il faut dans cette armée beaucoup d'hommes qui n'aient pas éprouvé les fatigues de la campagne, et cela dans toutes les parties. Presque tout le monde est malade. M. Salamon, homme précieux*, est à toute extrémité.
Posen, 15 janvier 1813.
Sire, le roi ayant compris dans la garnison de Danzig la division Grandjean, et le corps aux ordres du général d'Yorck étant avec Tennemi, Votre Majesté verra (ju'il n'existe plus de 10*^ corps.
Posen, 16 janvier 1813.
Sire, j'expédie à Votre Majesté un officier d'ordonnance, M. de Galz% qui a l'ordre de passer par Berlin pour voir l'esprit du pays et vous en rendre compte. Cet officier a suivi le Roi; il a tout vu par lui-même et pourra vous rendre coliipte.