‹ 1815 (volume 2)Chapitre 32 sur 271 · Premier interrogatoire de Ney. Procès, I · texte numérisé non relu

Premier interrogatoire de Ney. Procès, I

5. Peyrusse, Mémorial, 311. Lettre de Ney au duc d'Otrante. {Journal de l'Empire, 26 juin.) /av.

6. Premier interrogatoire de Ney, devant le Préfet de police. (Arcn. Guerre. Dossier de Ney.)

« Faites appeler le maréchal Ney; dites-lui que, s'il veut se trouver aux premières batailles, il soit rendu le 14 à Avesnes, où sera mon quartier-général^. » Napoléon, sans doute, crut agir dans l'intérêt de l'armée ou, ce qui était identique, dans son propre intérêt. Il agit aussi par commisération. Le ton de son billet l'indique. Ce n'est point un ordre, ce n'est qu'un avis qui laisse le maréchal libre de sa conduite. Que Ney vienne s'il veut... Mais Ney ne pouvait ne pas vouloir se trouver aux premières batailles2, n'eût-ce été que dans l'espoir de s'y faire tuer3. Il partit le 12 juin de Paris et arriva le 13 à Avesnes, où il dîna avec l'empereur, mais il ne reçut que dans l'après-midi du 15, c'est-à-dire quand les opérations étaient commencées, le commandement des 1er et 2e corps d'armée4.

Depuis qu'il était « passé roi », selon l'expression en usage dans l'armée, Murât ne figurait plus sur la liste des maréchaux. Trois semaines avant l'entrée en campagne, Joachim, tombé du trône, s'était réfugié dans les environs de Toulon. Il ne lui restait pas même son sabre de soldat. Il conjura l'empereur de le lui rendre. « Je veux, écrivit-il, verser pour vous la dernière goutte de mon sang. » Napoléon refusa. Il ne croyait pas pouvoir donner un commandement dans l'armée

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