V. La Cour de Gand
La guerre civili\ si fort qu'il In détestât, n'inquiétait pas Napoléon, car il était certain de maîtriser rapidement les insurrections. Mais en I8t.*>. il redoutait la guerre étrangère, ("était vers les frontières menacées par une septième coalition qu'il portait des regards anxieux \ Dés sa rentrée à Paris, il ordonna de fabriquer 300.000 fusils, étudia les moyens de tripler son armée, pourvut à l'approvisionnement et à l'armement des places, donna des instructions pour élever des redoutes sur le Hbin et à Lyon, pour fortifier CbAteau-Tbierry. pour augmenter les ouvrages de Soissons, de La Fère, de Cirenoble. et prescrivit la formation de cinq corps d'observa-
(. YifM>|«»uii admettait la jH^Mltilit'* «l'une attaque immédiat»* ■ • Je suppose, e< mait-il a I»av<<ut.)c 1~ inar>. que vuu-»avr7. donne des ordres pour que. en cas d'événements imprévus, les généraux ri d'Krlon se rvti-
rt-nt derrière la Saïuhr»-... ('.nmnif il serait p<»ssiMc que n<<s communications avec StraslNiurir fussent interceptées, il ne faut laisvr dans celle Ville que le li.'«-e>vatrr. . il'orre%p.. ^ I T 1 1 . .
LA SEPTIÈME COALITION 433
tion sur les frontières du Nord- Est, d'un sur celle des Alpes, d'un sur celle des Pyrénées et d'un corps de réserve !.
En même temps qu'il se préparait à la guerre, qui lui paraissait imminente mais non point inévitable2, l'empereur mettait tout en œuvre pour l'empêcher. Avant de quitter l'île d'Elbe, il avait chargé Murât de faire connaître a Vienne ses dispositions paciliques. Dès son entrée à Lyon, il avait mandé à Joseph de déclarer aux ministres d'Autriche et de Russie près la Diète helvétique que le traité de Paris serait respecté \ Le 21 mars, Eouché. d'après ses ordres, écrivit à Marschall« que le cabinet des Tuileries était disposé à recevoir du gouvernement anglais toute proposition qui assurerait une paix solide et durable '. » Le 2îi mars. Napoléon ht des avances plus sérieuses à l'Angleterre en décrétant l'abolition de la traite «les noirs. Celte mesure que Louis XVIII avait admise en principe, mais dont il s'était obstiné à ajourner l'exécution à cinq années malgré les sollicitations du gouvernement britannique, auquel il devait tant 5. Napoléon la prit sponta-
t Napol., Corrnp., ilToi. 1IT07. tlTJJ. it79t. JI73Î, il. 737, etc
Imvont. Corrrnp.. imt. Uni. Napoléon .S D.ivout. 16 mars. (Arch. Guerre, fwrlnn de la <>>rre*p. de Napoléon. i
t. Y. de Chahoulon, M*m.. I, Jtu. — i laulaincourl lui même, m! pessimiste qu'il fût d'ordinaire, fardait quelque ».,sj»«»ir «1*» conserver la paix. Il *e faisait d'ailleurs de Lien etran^-s illusion* quand il ••••rivait n l'empereur le il mars : • Beaucoup dfl<'in**i»t«* s'opposent aujourd'hui a la rm.nstitution de l'ancienne croisade d»- Vienne... Il y a des dissension* intestine* entre tous les membre» de l'ancienne coalition... L'Autriche hésitera;» <* 'entraver dan* une iruerre qui. m elle était heureuse, affermirait la Hu^sie et la Prusse dans leurs usurpations ; » et quand il écrivait au cardinal F*"»ch. le * avril Jusqu'à présent la question de la guerre est encre mdeei>c. • (Arch. AfT. elr.. rtTi et >
.1. Napoléon, l.'lte dt'.lb* «t le» 1,nt Jour* ( nrrtêp.. XXXI. il). Monlholon. fl.ff.. Il, i' Y. de Uiaimiilofi. M- m , I, itu <:f Joseph a Mural. Planons. Ib mars. Arch. AfT. et r.. Mol. — A I. >••!». Napoléon avait aussi eerit a .Marie- Louise une lettre dans le niante sens. >Hap|R>rt de M»*ne\al, M mai, Arch. AfT. etr . t *•>-•.)
4 Koudu* a Mars -hall. i« mars Arch. AfT etr.. UOI.)
> Traite de Paris, ort. additionnel. I Protocoles des conf» renecs des tO et
némcnt et la rendit exécutoire le jour même V Le 20 mars, de grand matin, les ministres étrangers avaient été officiellement informés du départ du roi par une lettre de Jaucourt'. Jugeant inutile d'en référer à leur gouvernement, ils se décidèrent aussitôt à quitter Paris. Mais il fallait des chevaux de poste, et Lavallette avait prescrit de n'en fournir à personne sans un ordre exprès ; il fallait des passeports, et Jaucourt n'était plus là pour en donner. Les ministres des grandes puissances écrivirent à Rovigo qui transmit leurs lettres à Fouché, lequel pria les chefs de mission de s'adresser au duc de Vicence3. Ces démarches prirent du temps. Caulaincourt en profita pour demander une entrevue au baron de Vincent, ambassadeur d'Autriche, et à M. de Boudiakine, chargé d'affaires de Russie. Il voulait les assurer l'un et l'autre des intentions pacifiques de l'empereur, prier Vincent de se charger d'une lettre pour Marie-Louise et communiquer à Boudiakine le traité secret du 3 janvier dont Jaucourt avait laissé, étourdiment et imprudemment, un des originaux au ministère des Affaires étrangères*.
Î9janv. 1815. (D'Anjrebert, 173, 661-663, 685-6S6.) Corretp. de Talleyr^d et de Lomi XV///. 2KS-Î89.