Benjamin Constant, JM«.t II. iO
des circonstances, anti-patriotique? Benjamin Constant n'était inféodé à aucun parti. Il s'était dévoué à la seule cause de la liberté. Si de la base au faite de l'édifice social il trouvait la liberté, que lui importait un empereur î 11 ne commit point d'apostasie puisque bien loin de se rallier aux idées de Napoléon et d'épouser ses intérêts, il lui imposa ses propres idées dans le dessein de le désarmer. Benjamin Constant prétend, au reste, qu'il hésita à accepter l'offre de l'empereur. En tout cas, les hésitations du publicistr furent de courte durée, puisque le lendemain et les jours suivants, il revint aux Tuileries pour exposer ses théories gouvernementales à l'empereur et qu'il lui remit bientôt un plan complet de constitution, rédigée article par article1.
Comme Chateaubriand l'a écrit avec une admirable naïveté dans le Journal de Gnnds cette constitution c'était la Charte royale améliorée'. C'était la Charte avec l'éligibilité conférée à tous les Française! l'électoral direct étendu de quinze mille à cent mille citoyens; la Charte avec la censure préalablesupprimée, tous les délits de presse déférés au jury, les cours prévotales abolies, les seuls délits militaires ressortissant aux tribunaux militaires, la liberté des cultes sans religion d'Etat, l'interprétation des lois échappant aux ministres, la publicité «le la Chambre des pairs, h' droit d'amendement reconnu en entier aux deux Chambres, la faculté pour chacune d'elles d'inviter
I. Benjamin Constant. \/- m., II, 20. 30-40. — Benjamin Conviant prétend qu'il n'est pas l'auteur de la constitution tout entière. C'est jouer sur !<•> mot». Sans doute il y eut plus d'un article nmdilie ou ajoute |»ar l'empereur et pur la commission, mais l'Acte additionnel dans son ensemble n'en est pan moins IVeuvre de Benjamin Constant.
i. • La nouvelle constitution est un liommaire à votre sagesse. C'est, a quelques différences près, la Charte constitutionnelle. Bonaparte a seulement devance, avec sa pétulance accoutumée, le* améliorations et le* compléments que votre prudence méditait. • Bapjiort au roi (Journal de (,un<1. il- 9).