‹ 1815 (volume 3)Chapitre 26 sur 226 · C. .l/y u/' lr, l* «?t il <.i |..l>ri · texte numérisé non relu

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wcaU'Uis, de quelques royalistes', les libéraux gar- Jôtvut dan> ces débats une extrême modération ; mais la colère grondait au fond des cœurs. Le 4 novembre enfin, la loi amendée sur certains points de détail fut vidée par cent soixante-huit voix contre \uut-trois Le projet passa à la Chambre des pairs à la presque unanimité. Macdonald demanda qu'il fut donné aussi une indemnité annuelle aux propriétaires dont les biens avaient été vendus et aux militaires qui avaient perdu leurs dotations à l'étranger. Ou commencerait par indemniser les plus nécessiteux. C'eût été un acte de justice en même temps qu'un moyen de tranquilliser les acquéreurs. Mais la proposition fut ajournée. Les grands seigneurs dépossédés y étaient hostiles. Ils voulaient davantage. »< — Tout ou rien, >► dit le duc de Fitz-James à Macdonald. « — Lh I bien, monsieur le «lue, répondit le maréchal, cela veut dire : rien 3. »

Les pétitions qui affluaient au Palais-Bourbon, pétitions contre l'observation des dimanches, contre les processions, contre le maintien des droits réunis, contre les écrits attaquant la validité des ventes nationales, contre la réduction du traitement de la Légion d'honneur, contre les abus de pouvoir des fonctionnaires et contre les prétentions îles hobereaux \ donnaient sans cesse aux députés du parti libéral l'occasion de censurer les actes et les tendances du gouverne-

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LES DÉBATS DES CHAMBRES T.i

mont. Leurs paroles, qui trouvaient toujours un écho dans l'opinion, imposeront parfois aux ministres de Louis XVIII. ("est ainsi que demeura lettre morte l'antique préambule de l'ordonnance royale du 2ti juillet sur la réorganisation de l'Ecole militaire : « Désirant faire jouir la noblesse du Royaume désavantages qui lui ont été accordés par l'Edit de notre aïeul du mois de janvier 1751... C'est ainsi que resta comme non avenue l'ordonnance du 12 septembre sur la suppression des succursales de l'Hôte! «les Invalides. C'est ainsi, enlin, que l'on renonça à l'exécution des articles XVII et XVIII de l'ordonnance du 19 juillet, supprimant les maisons d'éducation de la Légion d'honneur situées a Ecouen, à Paris, aux Barbeaux et aux Loges. Le roi, il est vrai, avait accordé dans sa munilicence une pension de 2">0 francs aux jeunes filles chassées de leur asile. Mais un grand nombre d'entre elles étaient orphelines, (jue pouvaient devenir ces malheureuses jetées tout à coup sur le pavé de Paris? « — Voulez-vous donc, dit crûment Dumolard, que pour ne pas mourir de faim les filles des braves entrent dans (les maisons de débauche '? » Celte apostrophe provoqua les murmures pudibonds de ladroite maiselle intimida les ministres. A l'exception du chAteau d'Ecouen, que l'on restitua au vieux prince de Coudé, les maisons de la Légion d'honneur furent conservées*.

Louis XVIII prenait sans cesse de telles mesures qu'il s'empressait de retirer à la moindre opposition. Il se déconsidérait par ce jeu de menaces et de reculades, montrant tour à tour sur une même question sa légèreté et sa faiblesse. « - Pour mener la France, avait dit Hernadotte au comte d'Artois, il

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lu ut une main de fer dans un gant de velours V » Le roi avait iiih* main de velours dans un gant de fer, qui blessait sans maîtriser.

l/oppnsilion de la Chambre, était d'ailleurs toute eonstitiitionnelle. Comme l'écrivait La Fayette, les libéraux sentaient qu'ils ne pourraient combattre la monarchie sans l'appui des bonapartistes, et ils repoussaient cette alliance *. On défendait la Charte contre les empiétements du pouvoir royal, on dénonçait à la tribune les actes arbitraires et les tendances rétrogrades du ministère, mais le roi n'était pas mis en cause. Ouand ils parlaient 'de Louis XVIIL les orateurs les plus ardents île la gauche, Durhach. Uedoch. Dumolard, ne manquaient jamais de le nommer : Louis le Désiré, le meilleur des rois, le petit-fils de Henri IV, le père de ses sujets et même « le père des braves3 La loi qui fixait à vingt-cinq millions la liste civile du roi et à huit millions la dotation des princes de la famille royale fut adoptée à l'unanimité moins quatre voix *. Dans Paris, on trouva même que la Chambre s'était montrée fort généreuse, avec l'argent des contribuables, en votant ces trentetrois millions. « Napoléon, disait-on. se contentait de vingt-cinq millions, lui qui avait pourtant aussi une nombreuse famille et qui régnait sur un empire quatre foi* plus étendu3 [sic). » ("est également à l'unanimité moins une voix que les députés votèrent une somme de tient»' millions destines au paiement des dettes contrariées par les Itourbons pendant

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LES DÉBATS DES CHAMBRES Ti

l'exil*. Sans doute, la France ne pouvait avoir un roi insolvable: niais comme l'a remarqué Yillèle. il aurait été plus habile «le comprendre ces trente millions dans le très élastique arriéré de l'empire f. Me cette façon, on eut évité d'apprendre au pays qu'une partie des centimes additionnels et des droits réunis allait être employée au paiement d'espions, de conspirateurs et d'agents de pierres civiles*.

La Chambre des députés n'était donc ni hostile ni dangereuse, mais elle était déliante et ferme. Ln toute circonstance, elle avait affirmé son respect pour la Charte, sa haine de l'arbitraire, son esprit libéral. Kl le avait appelé l'attention publique sur nombre de pétitions que les ministres eussent préféré voir ouîdier dans les bureaux; elle avait réussi à faire rapporter certaines ordonnances ; elle avait résolument manifesté sou opposition dans la discussion de la loi sur la censure des journaux et île la loi sur la réorganisation de la Cour de cassation. Aux yeux des bons royalistes, les représentants étaient donc des factieux, toujours prêts à faire des censures et des remontrances. Le 'M) décembre, les Chambres furent prorogées pour quatre mois. Ce gouvernement qui avait supprimé la liberté de la presse n'était pas fAché de n'avoir plus à compter, pendant quelque temps, avec la liberté de la tribune.

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