‹ 1815 (volume 3)Chapitre 9 sur 226 · LES PREMIÈRES MALADRESSES U · texte numérisé non relu

LES PREMIÈRES MALADRESSES U

condamnèrent on masse, avec les régicides, tous les citoyens qui, depuis 178Î), avaient pris part à la Révolution. Ils n'oublièrent pas dans leurs anathemcs les acquéreurs des biens d'église. Les paroles qui avaient retenti dans la chaire furent reproduites et commentées par la presse. Les journaux royalistes n'en étaient pas encore à demander ouvertement que l'on proscrivit les votants, c'est-à-dire les régicides, et que l'on fit rendre gorge aux acquéreurs, mais ils ne cachaient pas leur mépris pour eux. « Ces gens là, disaient-ils, ne sauraient se plaindre puisqu'ils ont conservé tout, fors l'honneur. » Comme 'la censure préalable venait d'être rétablie, on pensa que puisque le gouvernement laissait paraître ces articles, c'est qu'il en approuvait l'esprit 1 ; et les exaltés de l'autre parti ripostèrent en distribuant au parterre de la Comédie-Française des annonces manuscrites ainsi conçues: « Demain, grand bal au Cirque pour l'anniversaire de la mort de Louis XVI *. »

D'autres cérémonies funèbres furent solennellement célébrées pour Moreau, pour Pichegru, pour Cadoudal. Tous ceux qui avaient conspiré ou combattu contre la République étaient glorifiés. Le roi paya les frais du service de (îcorges à l'église Saint-Paul. Les journaux ne manquèrent pas de le faire savoir s. Les royalistes vantèrent à la fois la générosité de Louis XVIII et sa haute justice. Mais le public ne fut qu'à demi édifié, car aux yeux de beaucoup «le Français « (ieorges n'était qu'un assassin et un dévaliseur de voitures publiques * ...

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C'était faire des mécontents pour rien, pour le plaisir. Or, des mécontents, on était contraint d'en faire déjà trop par les inflexibles exigences de la situation. Un des plus grands embarras pour le gouvernement de Louis XVIII, le principal peut-être, car de celui-là dérivaient la plupart des autres, était la question d'argent. Les grands armements et les désastres des années 1812 à 1814 laissaient un arriéré, non de seize cents millions, comme l'abbé deMontesquiou, ministre de l'intérieur, osa le dire le 12 juillet à la Cbambre des députés mais de cinq à six cents millions 8. Le baron Louis proposa de combler ce déficit au moyen de bons temporaires, remboursables en trois ans, portant intérêt à 8/000 et garantis par l'aliénation de 300,000 hectares de forêts et par la vente des biens communaux5. Les royalistes purs

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