LE BUDGET DE LA GUERRE
298 millions, dont 25 pour la Maison militaire, les régiments suisses et les pensions des émigrés et des Vendéens'. L'empereur vit tout de suite que, malgré l'économie à réaliser sur ces chapitres, le budget militaire devait être augmenté de 100 millions ^ Encore l'évaluation était-elle modeste. Si la guerre avait duré, les dépenses auraient de beaucoup excédé ces prévisions. Napoléon n'aimait pas les emprunts, parce que selon son mot, «il ne voulait pas manger l'avenir », et aussi parce qu'il ne croyait guère au crédit ^ En 18io, il ne voulait pas non plus augmenter les impôts crainte de se dépopulariser. Loin de chercher des ressources dans de nouvelles taxes, il supprima le droit de circulation sur les boissons, l'exercice à domicile et, dans les communes de moins de 4 000 habitants, les droits d'entrée sur les liquides *, Cette réforme, que l'histoire n'a pas enregistrée au milieu de si grands événements, eut cependant de l'action sur l'opinion. Les Bourbons qui avaient solennellement promis la suppression des droits réunis s'étaient bien gardés d'y rien changer, et Napoléon, qui n'avait rien promis, abolissait ceux de ces impôts que l'on regardait comme les plus vexatoires et. les plus insupportables. Chez les paysans, les petits rentiers, et dans le monde déjà influent des cabaretiers et des courtiers en vin, ce dégrèvement
1. Davout à l'empereur, 28 mars. (Arch. nat. AF. IV, 1041.) Cf. Carnot, Exposé de la situation de l'Empire. [Moniteur, 15 juin.) ^ Ce budget, d'abord fixé à 200 millions (Loi du 23 sept. 1814), avait été jugé insuffisant par Soult, et une augmentation de 98 0.52 OÛO francs devait être demandée aus Chambres de Louis XVIH.