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DÉFENSE DE NAMUR

^ apportent les risques terribles de la guerre. Ils l'en sont pas moins reçus en amis. La municipalité fait distribuer 100 000 rations de pain, jlOOOOO rations d'eau-de-vie. Les braves Namurois prêtent leurs barques pour le transport des blessés Dar la Meuse et aident eux-mêmes à les embarquer. Lies femmes apportent, jusque sous les balles, des irivres aux soldats, des secours aux blessés ^

L'armée ne fit que traverser Namur. Grouchy ivec le 4® corps, puis Vandamme, légèrement blessé, avec le 3", passèrent la Sambre et s'engai^èrent dans le long défilé formé par la Meuse et la |forèt de Marlagne. La division Teste, d'arrière- 'yarde, était chargée de tenir la ville jusques à la ÎQuit. Pour défendre Namur dont les fortifications (très dégradées n'étaient pas à l'abri de l'escalade, Teste avait huit pièces de campagne et tout au plus 12000 hommes. Il les répartit sur les remparts et kux trois portes de l'est : la porte de Louvain, la porte de Fer et la porte Saint-Nicolas. A peine son monde était en position que Pirch lança les colonnes d'assaut. Accueillis par une décharge à mitraille et un feu roulant de mousqueterie, les Prussiens firent demi-tour, laissant sur les glacis un amas de cadavres et de blessés. Une seconde attaque, où tombèrent frappés à mort les colonels de Zastrow et de Bismarck, échoua comme la précédente. Les cartouches diminuant, chaque Français visait bien son Prussien et l'abattait. Il était huit heures du isoir. Pirch, ayant perdu i 500 hommes et désespé-

1. Journal de la brigade Bonnemains. (Arch. Guerre.) Bertliezène, Souvenirs, il, 29. Lefol, Souvenirs, 84, note. Fantiii des Odoards. Journal, 437-433. Cf. ' Grouchy à Vandamme, Temploux, 20 juin. (Arch. Guerre. 1 — Le colonel Fantin des Odoards signale le dévouement « des femmes de la sociélé comme des feinnics du pcuiUe. »

rant d'emporter la place de vive force, donna l'ordre de rompre le combat. Mais déjà le général Teste, presque à bout de munitions, commençait sa retraite. Les Prussiens s'en aperçurent; ils pénétrèrent dans la ville par les fenêtres et la petite porte du bâtiment de la douane, et poussèrent rapidement jusqu'au pont de la Sambre. Là, un détachement du génie, posté dans des maisons que les sapeurs avaient eu le temps de créneler, les arrêta assez longtemps par une fusillade nourrie et bien ajustée. Cette arrière-garde se replia ensuite par la porte de France où l'on avait amassé quantité de fascines, de bottes de paille et de pièces de bois enduites de goudron. Les sapeurs y mirent le feu. La porte et les maisons voisines s'embrasèrent, fermant l'accès de la rue aux colonnes prussiennes ^

Pendant ce combat, le gros de l'armée de Grouchy avait atteint Dinant. Le lendemain, 21 juin, on passa la frontière, et, le soir, toute l'armée était rassemblée sous le canon de Givet-.

Si cette marche de Wavre à la frontière n'est pas, il s'en faut, « une des plus étonnantes retraites de l'histoire militaire moderne^ », car l'aveu-,

i. Rapport de Teste à Grouchy, Profondeville, 21 juin. (Arch. Guerre.) Rapport! précités de Grouchy. Bertiiezène, II, 400. Fantin des Odoards, 438. Wagner, IV, 10Û.J ClausewiU, 142. Damilz, II, 342-345. Von Ollech, 273-274.

Teste, dans son rapport, dit qu'il défendit Namur depuis l'après-midi du 19 jusqu'au soir du 20. C'est une erreur de rédaction, car, dans l'après-midi du 19, Teste était encore à Wavre.

2. Rapport de Grouchy à Napoléon, Dinant, 20 juin, minuit et demi. Grouchy à Vandammc, Givet, 21 juin. (Arch. Guerre.)

3. Colonel Chcsney (de l'armée anglaise), Conférences sur Waterloo, 303.

Ce professeur d'art militaire oublie que la retraite de Grouchy fut moins périlleuse qu'il ne parait. Sans doute, le maréchal pouvait craindre, au début de sa marche, d'être suivi par Tliiclraann et attaqué sur son flanc par la moitié de l'armée de Bliicher ; mais ces craintes ne se réalisèrent qu'en partie. Thielmann lui permit de prendre quinze heures d'avance, et Pirch ne commença d'opéior ■contre lui qu'après l'avoir laissé défiler. Si même Pirch, comme l'auriiv voulu

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