Circulaire de Davout, 28 mars. (Arch. Guerre
En outre, une commission composée des généraus Arrisrhi, Girard, Berthezène, Sébastiani, Lallemand, du colonel Bernard, etc., fut instituée le 2 avril pour reviser les promotions aux grades d'ofQciers supérieurs et d'officiers généraus, dont les officiers de l'ex-armée impériale avaient été l'objet sous Louis XYIII. Moniteur, 2 avril. Davout, Corresp., 1617.) Les procès-verbaux de celle commission n'existent pas aux Archives de la Guerre du moins nous n'avons pu les y découvrir^ et les rétrogradations prononcées par elle ne figurent naturellement pas sur les états de service des intéressés, pas plus d'ailleurs que ne sont portées sur d'autres les pro-
Mais comme beaucoup de ces officiers étaient pourvus d'emplois surtout dans la Maison militaire et les ctats-majors, cetle destitution en masse ne produisit que peu de vacances dans les corps. Les officiers à la suite suffirent à en compléter les cadres. Les officiers à la demi-solde furent placés dans les bataillons, escadrons et batteries de nouvelle formation, dans la jeune garde et dans les tirailleurs fédérés. Au milieu de mai, 2500 officiers de cette catégorie, auxquels l'empereur avait d'ailleurs rendu leur solde entière en attendant un emploi, se trouvaient encore disponibles ; ils furent dirigés sur les places frontières pour commander les gardes nationales mobilisées'.
Certain du dévouement des officiers qui vivaient en contact immédiat avec la troupe, Napoléon avait des défiances légitimes contre plusieurs colonels et contre beaucoup de généraux. Parmi les porteurs de grosses épaulettes, il y avait eu en 1814 des faiblesses et des trahisons, en 1815 des hésitations et des résistances. De nombreux changements s'imposaient dans le haut personnel militaire. Mais ce furent bien plutôt les intérêts de l'armée que des rancunes ou des sympathies personnelles qui dic-
motions faites pendant les Cent Jours. Dans une lettre annexée au dossier de Ber. ttiezcne, ce général dit que le travail de la commission ne fut pas terminé et n'eut aucune suite. Celle assertion concorde avec un rapport adressé de Paris à Wellington, le 22 avril {Dispalclies Supplemenlary, X, 163), où il est dit : » l/empcreur a confirme presque toutes les nominations dans l'armée et la Légion d'honneur. » Nous savons cependant, par des rapports de Davout, que la commission, sur 66 nominations d'officiers supérieurs, promus par le roi dans la cavalerie de la ligne, proposa la confirmation de 36 et l'annulation de 30. Elle conclut aussi à la rétrogradation comme brigadiers de plusieurs divisionnaires, entre autres de Préval. (Davoul à Napgléou, 6 el 28 avril, 28 mai, 7 et U juin. Arch. nat. AF. IV, 1940 el 1939.) Mais les propositions de la Commission fureat-elles ratifiées par l'empereur?
1. Circulaires de Lobau et de Davout, 17 et 22 avril (Arch. Guerre). Rapport de Davout, 13 mai. (Arch. nat. AF. IV, 1939.) Cf. Napoléon Corres;?., 21737. et Napo- /éon à Davout, 26 mars. (Arch. Guerre, carton des lettres de Napoléon.)
tèrent à l'empereur ses exclusions et ses choix. Sans pitié pour les officiers qui s'étaient montrés pendant la campagne de France incapables comme Augereau et Oudinot, ou criminels comme Marmont et Souham, il sut oublier la conduite de ceux qui du 1" au 20 mars avaient tenté de changer son retour triomphal en une misérable aventure. Le colonel Cunéo d'Ornano, qui avait emprisonné vingt-cinq grenadiers dans la citadelle d'Antibes, fut promu général. Le général Miollis, qui avait mené la garnison de Marseille à la poursuite de la petite colonne impériale, eut le commandement de la place de Metz. Le colonel Roussillc, le tenace défenseur de la porte de Grenoble, resta au 5® de ligne. Le colonel Dubalen, du 60% qui avait publiquement donné sa démission à Ney sur la place d'armes de Lons-le-Saunier, fut placé à la tète du 64^". Le général Marchand aurait pu aussi rentrer en grâce, mais il refusa, dit-il, « de figurer sur la liste des traîtres^ ». Resté républicain sous l'empire et converti sous Louis XVIIl à la royauté constitutionnelle, Foy ne s'était mis, le 24 mars, à la tète du mouvement bonapartiste de Nantes qu'après avoir tout fait pour l'arrêter. Il n'en fut pas moins pourvu d'une belle division à l'armée du Nord. Plusieurs officiers du 10^ de ligne, promus par. le duc d'Angoulème pendant la campagne du Midi, furent confirmés dans leur nouveau grade*. Harispe
1. Notice sur Cunéo d'Ornano, {Journal de l'Institut historique, l'^juin 1803.) — Celle nomination, non reconnue au relour du roi, comme d'ailleurs Inutes celles failes pendanl IcsCeul Jours, ne figure pas sur les étais de service de Cunéo dOrnano.
2. Sur la conduite, au retour do 1 empereur, des cinquante ou soiïaule officiers que je cite ici, voir le tome !"■ de 1815.
3. Relation de Marchand. (Dossier de Marchand, A rcb. Guerre.)
4. Procès- verbaux des Conseils des minislres, 7 juin. (Arch. nat. AF, IV, 990b.)
et Heudelet, très compromis par leurs manifestations bourbonistes, eurent néanmoins un commandement. L'empereur employa Rapp, Belliard, Ruty, Haxo, Kellermann fils, Gourgaud, tout comme s'ils n'avaient point servi dans l'armée rassemblée à Villejuif sous les ordres du duc de Berry. « — Auricz-vous osé tirer sur moi? » dit-il à Rapp. « — Sans doute, Sire, c'était mon devoir. » Et Napoléon lui donna l'armée du Rhin*.
L'empereur, cependant, destitua ou mit en retrait d'emploi une centaine d'officiers de tout grade" : Dupont dont la faveur sous Louis XVIII n'avait pas effacé la tache de Baylen ; Dessolles qui avait si bien secondé Talleyrand en avril 1814 ; Beurnonville, Donnadieu et BordessouUe, émigrés en Belgique ; Maison, également émigré, et qui, sollicité par le gouvernement impérial de rentrer en France, répondit qu'il n'y reviendrait qu'avec 500000 baïonnettes^; Gurfo dont les furieuses paroles contre Napoléon avaient provoqué la sédition dans la garnison de Thionville; les généraux d'Aultanne,