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Mém. de Fouché, II

2. Vitrolles, Mém., II, 308. Lettres de Fouché à Mme de Custine, 14 et 18 mars, citées par Bardoux, 223-iJ28. Note de Dumouriez s. d., d'après le récit de Dambray (Dispatchs of Castlereagh,ll, 337-338). Cf. Rapport de police, 6 mars (Arch. nat. F. 7, 3738). ■

3. Lettres de Fouché à Mrae de Custine, 16 mars, citées par Bardoux, Mae de Custine, 225. Cf. Rovigo, Mém., VII, 373. Mém. de Fouché, II, 309-3 tï> et la note de Dumouriez d'après le récit de Dambray. (Dispatchs ùf Castlereag *> , II, 337-338.)

Flahaut, Exelmans et dix-sept autres personnages suspects de bonapartisme militant ou d'affiliation à la conspiration du Nord * .

Le lendemain, 16 mars, à dix heures du matin, Bourrienne envoya l'inspecteur Foudras et ses agents à l'hôtel de Fouché, rue d'Artois. Leduc d'Otrante ne se troubla point. Il reçut Foudras dans son salon, lut l'ordre d'arrestation et dit : « — Ce mandat n'est pas régulier. Je vais protester. » Fouché imposait aux gens de police autant que Napoléon à ses grenadiers. Ils le laissèrent entrer, sans le suivre, dans son cabinet de travail. Fouché descendit dans le jardin par un escalier dérobé, appliqua une échelle contre le mur du jardin voisin, dépendant de l'hôtel de la reine Hortense, gagna la rue et alla se réfugier chez l'un de ses amis, un ancien oratorien, nommé Gaillard, qu'il avait fait nommer naguère conseillera la cour de Paris2.

Bourrienne, qui estimait que l'emprisonnement de vingt-cinq personnes ne changerait rien à l'état des choses et pourrait amener des représailles après le petour de l'empereur, ne voulait pas ces arrestations. C'était pour ne point paraître désobéir

1. Mém. de Bourrienne, X, 226-227. Lettres précitées de Fouché à Mma de Custine, 16 mars et 18 mars. Mém. de Fouché, 310. Cf. Rapp. de police, 7 et 15 mars. (Arch. nat. F. 7, 3204.)

Les autres noms portés sur la liste étaient Joseph Thurot, Lecomte, Gaillard, Hinguerlot, Le Maire, le peintre Gérard, Méjean, Etienne, Legrand, Mounier, Norvins, Bouvier-Dumollard, Duviquet, Patris, Sieyès, Pierre- Pierre et Arnault.— L'auteur des Mémoires de Bourrienne (X, 223-226) cite la Jisteavec l'orthographe fantaisiste de M. de Blacas.

2. Lettre précitée de Fouché à Madame de Custine, 16 mars. Mém. de Fouché, II, 318 312. Mém. de Bourrienne, X, 226-227. Cf. Lettre de Montlosier datée par erreur du 15 mars (il faut 17 mars, car la tentative d'arrestation de Fouché eut lieu le 16 au matin), citée par Barante {Souv., II, 109-tlO).

L'auteur des Mémoires de Fouché se trompe en disant que le duc d'Otrante se réfugia dans l'hôtel de la reine Hortense, laquelle lui tendit ses bras. 11 est vrai que les deux hôtels, situés tous deux rue d'Artois, étaient mitoyens, mais Hortense, comme on le verra plus loin, avait alors quitté sa demeure, et Fouché ne fit qu'y passer.

trop ouvertement aux ordres du roi qu'il s'était mis en mesure d'arrêter Fouché, porté le premier sur la liste Le coup manqué, il s'en tint là. Ni Davout, ni Rovigo, ni Exelmans, ni aucun autre ne fut l'objet des poursuites de la police. On se contenta de les surveiller *. Au demeurant, ils se tinrent tout à fait tranquilles et la plupart même se cachèrent. On ne les revit que le 20 mars. Garnot, quoique non porté sur la liste de M. de Blacas, craignait d'être arrêté ; il quitta la rue Saint-Louis et trouva chez un ami un asile dont il ne sortit qu'après le départ du roi. Lavallette se réfugia dans les communs de l'hôtel de la reine Hortense qui, elle-même, était allée habiter secrètement chez une vieille créole de la Martinique2.

A la séance royale, Louis XVIII avait fait couler des larmes en déclarant qu'il mourrait pour la défense de son peuple ; mais la veille de cette cérémonie, il avait répondu au duc d'Orléans, qui lui demandait ce qu'il ferait au cas où Bonaparte arriverait aux portes de Paris : « — Il ne faut pas seulement faire cette supposition-là ! 3 » La question, cependant, se posait et s'imposait, et au défaut du roi qui affectait une complète sécurité pour cacher sa détermination bien arrêtée de gagner la frontière à l'approche de Napoléon, chaque membre du conseil présentait son projet. Vitrolles voulait que le roi se retirât à La Rochelle avec les ministres, les deux chambres, la maison militaire, toute l'artillerie de Vincennes et les munitions nécessaires et cinquante ou soixante millions que le trésor et la liste civile pourraient facilement réaliser. A La Rochelle, disait-il, une ordon-

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