‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 66 sur 272 · Interrogatoire de Drouot (Procès de Drouot · texte numérisé non relu

Interrogatoire de Drouot (Procès de Drouot

2. Peyrusse, trésorier général à l'île d'Elbe ; — Vincent Foresi, Elbois, fournisseur des vivres; — le colonel Campbell, commissaire anglais; — le général Koller, commissaire autrichien ; — le colonel Vincent, (plus tard

i général), inspecteur du génie, à l'île d'Elbe, au service de la France ; il quitta l'île vers le 10 juin i 814. — Le Milanais Litta et lord Ebrington vinrent voir l'empereur à Porto-Ferrajo en décembre 181*.

rien dans sa conduite ne trahit une arrière pensée; et à lire sa nombreuse correspondance de Porto- Ferrajo, où il n'est question que de l'administration, des finances, des routes, des bâtiments et des fortifications de l'île1, il semble que Napoléon comptait user le reste de sa vie dans cet empire de huit mille hectares.

Débarqué le 4 mai, aux acclamations des habitants2, dès le 7, Napoléon avait parcouru à cheval l'île tout entière, visité les mines et les salines, inspecté les ouvrages de défense, et il s'occupait d'organiser ses nouveaux Etats3. Son indicible activité, si péniblement contenue pendant le séjour à Fontainebleau, trouva son emploi à cette œuvre dont au temps de sa puissance il eût chargé un garde champêtre.

Sous la domination française, l'île d'Elbe formait une sous-préfecture du département de la Méditerranée (chef-lieu : Livourne). Napoléon transforma le sous-préfet Balbi en intendant de l'île, fit Drouot gouverneur et institua son trésorier des voyages,

1. Napoléon, Corresp., 21.566 à 21.680. — Sur ces 114 lettres, il n'en est que 15 qui n'aient point rapport à l'administration de l'île d'Elbe, et parmi celles-ci, 4 seulement, datées d'ailleurs des 16, 22 et 26 février, sont relatives aux préparatifs de l'expédition. Dans les 11 autres, il est question de Marie-Louise, de Madame mère, de la princesse Borghèse, de Murât ; on n'y trouve pas un mot qui puisse faire soupçonner un projet de départ.

11 faut remarquer aussi que tous les rapports adresses de l'île d'Elbe, ou de Livourne, à Paris par les agents secrets représentent Napoléon, au moins jusqu'en décembre 1814, comme résigné à rester dans l'île.

2. A la nouvelle de la chute de l'empire, les Elbois auraient voulu se donner aux Anglais. Le pavillon britannique fut arboré sur quelques points de l'île ; la garnison française se retira à Porto-Ferrajo et à Porto-Longone. Dans plusieurs villages, on brûla Napoléon en effigie. Mais l'annonce de sa prochaine arrivée pacifia tout. Quand il débarqua, la foule des Elbois se pressait sur son passage. Les maisons étaient pavoisées, les rues jonchées de verdure. (Cf. Papi, Commentera délia lievoluzione, VI, 163. Campbell, Napoléon at Èlba, 62. Relation du commissaire autrichien Koller, 5i-ô3. Pey russe, 'Mémorial, 234-235. E. Foresi, Napoleone aU isola dell'Elba, 20-*3.) Rapports de l'amiral Lhermitte et du capitaine de vaisseau Moncabrie, Toulon, 24 mai et 13 juin (Arch. de la Marine, Bb, 415).

3. Campbell, 216-217. Peyrusse, 234-;36. Foresi, 27-28. Napoléon, Corresp., 21.566. Extrait de la correspondance du gênerai Duval, 27 mai. Arch. AIT. étr., 675.)

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