I.es grands airs d'opéra
En tous lieux je suis reine; Sur l’orgue cl le piano J’étends, en souveraine.
Mon pouvoir tout nouveau.
(Grandes dames, fillettes, M’aiment également ;
„ Amateurs et grisctles
Me frédonnent gâtaient.
Achard me considère, •Levassor me vénère .
Et Léontine, ch’aqu* jour, Mc chante avec amour.
Je suis , etc.
SAINT-SYLVESTRE
Ah ! vous êtes la chansonnette.
LA CHANSONNETTE
Certainement , dans les ba|seomme au théâtre je remplis les enlr'acies. Autrefois, après chaque contredanse , on servait des sirops , des glaces ou des petits gâteaux... A présent, au dernier entrechat, en place, ei pour rafraîchissement on sert une chansonnette...
LE JEUNE HOMME
On sert une chansonnette et on ouvre la fenêtre... Vous voyez que c'est moins cher...
SAINT-SYLVESTRE
Beaucoup moins...
L'Â CHANSONNETTE
Et me? aubes agrémens. donc... D’abord, j'ai destitué l'éternelle et insipide romance qui joignait à sa qualité, de somnifère, celle d'une immoralité profonde...
SAINT-SYLVESTRE
Vous croyez que cette pauvre romance...
LA CHANSONNETTE
Je crois... D'abord, une jeune fille doit-elle chanter : Je t'aimerai toute ma vie, etc... ou bien raconter à un jeune homme , en le regardant avec amour : Mire dans mon œil ton œil...
LE JEUNE HOMME
Le fait est que c'eôt d’uh décolleté...
LA CHANSONNETTE
A présent, quand on prie une jeune personne de chanter quelque chose , la demoiselle timide et naïve se place au piano et «• .tonne, les yeux baissés : lin ! lui ! hti !