Octobre. — Ordre
« Contrairement aux prescriptions précédemment données, les bons à établir pour obtenir de la chaux doivent être visés, non pas par le général commandant supérieur de Metz, mais par le commandant du génie de la place de Metz.
« S. Exe. le maréchal commandant en chef a arrêté les dispositions suivantes, relatives au service des vivres-viandes.
« Il sera passé tous les matins, dans chaque corps d'armée, une revue des chevaux, à l'effet de désigner ceux qui doivent être hvrés le lendemain à l'administration pour le service de la boucherie. Ces dispositions, qui ne porteront d'abord que sur les chevaux hors d'état de servir, seront faites non-seulement dans la cavalerie, l'artillerie et le train des équipages, mais encore parmi les chevaux des officiers montés et sans troupe, ainsi que parmi ceux affectés aux voitures des équipages régimentaires.
« Cette revue sera passée dès ce matin (1" octobre) dans le sixième corps. Les divisions, l'artillerie et le train devront rendre compte du résultat de cette revue avant 5 heures du soir. 11 en sera de même chaque jour.
« Les résultats de ces revues seront immédiatement porté à la connaissance des : ous-intendants divisionnaires et des intendants des corps d'armée, qui apprécieront s'ils sont ou non en mesure de subvenir aux besoins du lendemain dans les corps dont ils ont Tadmi-
nistration. L'inlendanl-général de l'armée sera, de son côté, prévenu par leurs soins et sans relard, afin d'être à même d'envoyer en temps utile, dans les divisions et les corps d'armée qui en manqueraient, les chevaux destinés h la boucherie, qui seraient en plus des besoins du lendemain dans d'autres divisions ou corps d'armée.
« Les désignations dont il s'agit devront être faites largement, c'est-à-dire qu'on ne devra pas hésiter à se débarrasser des chevaux qui seront présumés hors d'état de servir.
« On ne perdra pas de vue que l'alimentation des hommes en dépend, et que, pour subvenir à ce besoin impérieux, chaque corps d'armée doit faire abandon, chaque matin, d'un minimum de 55 chevaux, tant pour ses propres besoins, que pour assurer la nourriture des habitants de la ville de Metz.
« Ce minimum sera atteint forcément, par les ressources personnelles de chaque corps d'armée, si l'intendant-général ne peut subvenir à l'insuffisance constatée par la revue journalière des chevaux destinés au service des vivres-viandes.
« On ne désignera, dans l'artillerie, le train des équipages, et parmi les chevaux des officiers de toutes armes, aussi bien que dans ceux affectés aux équipages régimentaires, que ceux qui ne pourront plus être utilisés ; et, lorsque cela deviendra nécessaire pour atteindre le nombre réclamé par le service de la boucherie, il en sera pris dans les corps de cavalerie, en commençant naturellement par les chevaux qui sont le moins en état de rendre de bons services.
« Le nombre des chevaux à fournir journellement par chaque corps n'est d'ailleurs pas absolu; et si, par suite de désignations faites la veille, il était possible de réduire ce nombre pour le lendemain, M. l'intendant-général en donnerait avis aux intendants de corps d'armée, qui transmettraient ce renseignement au commandement.
« Signé : Henry. »