Août. — Ordre
« En raison des fatigues éprouvées par les troupes dans la journée du 26 courant, le maréchal commandant en chef l'armée du Rhin leur accorde une ration exceptionnelle d'eau-de-vie. » (Officiel.)
76.-27 Août. — Maréchal Mac-Mahon à guerre. — Le Chesne, 8 heures du soir.
« Les l''^ et -2^ armées, plus de 200,000 hommes, bloquent Metz, principalement sur la rive gauche; une force évaluée à 50,000 hommes serait établie sur la rive droite de la Meuse, pour gêner une marche sur Metz. Des renseignements annoncent que l'armée du Prince Royal de Prusse se dirige aujourd'hui sur les Ârdennes avec 50,000 hommes ; elle serait déjà à Ardeuil. Je suis au Chesne avec un peu plus de 100,000 hommes. Depuis le 9, je n'ai aucune nouvelle de Bazaine ; si je me porte à sa rencontre, je serai attaqué de front par une partie des 1" et "> armées, qui, à la faveur des bois, peuvent dérober une force supérieure à la mienne ; en même temps attaqué par l'armée du Prince Royal de Prusse, me coupant toute ligne de retraite. Je me rapproche demain de Mézières, d'où je continuerai ma retraite, selon les événements, vers l'ouest. »
77. — 27 Août. — Maréchal Mac-Mahon au commandant supérieur de Sedan. — Le Chesne.
« Je vous prie d'employer tous les moyens possibles pour faire parvenir au maréchal Bazaine la dépêche suivante :
« Maréchal Mac-Maliuii [irévic'Jil maréchal Bazaine que rarrivéc du Prince Royal à Chàlons le force à opérer, le 29, sa retraite sur Mézières, et de là à l'ouest, s'il n'apprend pas que le mouvement de retraite du maréchal Bazaine soit commencé. »
78. — 27 Août. — Ministre de la guerre à l'Empereur. — Paris, 1 1 heures du soir.
« Si vous abandonnez Bazaine, la révolution est dans Paris, et vous .serez attaqué vous-même par toutes les forces de l'ennemi. Contre le dehors, Paris se gardera. Les fortifications sont terminées. 11 me paraît urgent que vous puissiez parvenir rapidement jusqu'à Bazaine. Ce n'est point le Prince Royal de Prusse qui est à Chàlons, mais un des princes, frère du roi de Prusse, avec une avant-garde et des forces considérables de cavalerie.
« Je vous ai télégraphié, ce matin, deux renseignements, qui indiquent que le Prince Royal de Prusse, sentant le danger auquel votre marche tournante expose et son armée etl'armée qui bloque Bazaine, aurait changé de direction, et marcherait vers le nord. Vous avez au moins trente-six heures d'avance sur lui, peut-être quarante-huit heures. Vous n'avez devant vous qu'une partie des forces qui bloquent Metz, et qui, vous voyant vous retirer de Chàlons à Reims, s'étaient étendues vers l'Argonne.
« Votre mouvement sur Reims les avait trompées. Comme le Prince Royal de Prusse, ici tout le monde a senti la nécessité de dégager Bazaine, et l'anxiété avec laquelle on vous suit est extrême. »
79.-28 Août. — Ministre de la guerre au maréchal Mac-Mahon. — Paris, 1 heure 30 du soir.
« Au nom du Conseil des ministres et du Conseil privé, je vous demande de porter secours à Bazaine, en profitant des trente heures d'avance que vous avez sur le Prince Royal de Prusse. Je fais porter le corps Vinoy sur Reims. »