CHAPITRE PREMIER
LES POSITIONS DE l'aRMÉE FRANÇAISE
Description d'ensemble. — Saint-Privat et Roncourt. — Emplacements généraux des grandes unités. — Valeur de la position. — Le point faible à l'aile droite. — Champ offensif et défensif. — Premières dispositions prises par les divers corps d armée. — Bazaine ne quitte pas Plappeville. — Il entrevoit déjà un nouveau recul vers Metz. — Appréciation de Jarras sur la versatilité du commandant en chef.
Le plateau sur lequel l'armée du Rhin a pris position forme le sommet d\in contrefort montueux qui s'étend de la Moselle à l'Orne, à 1 ouest de la zone forestière interposée entre ces deux rivières. Découvert aux environs de Saint- Privat, ce plateau est resserré au sud entre les pentes boisées de deux ravins qui descendent d'Amanvillers et de Vernéville vers la Moselle où
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ils aboutissent : celui de Chàtel, à Moiilins-les- Melz, celui de la Mance, à Ars-sur-Moselle. Il est traversé par le chemin de fer de Metz à Verdun alors en construction et par les routes de Verdun et de Briey. Du sud au nord, les positions françaises sont jalonnées par le Point-du-Jour, les fermes de Moscou, Leipzig, La Kolie, Monti^jnyla-Gran{je, puis par les villages d'Amanvillers, Saint-Privat-la-Montagne, Roncourt.
Saint-Privat, où la lutte va se dénouer, est bordé, sur sa lisière occidentale, de jardins clos de murs offrant d'excellents abris à une troupe d'infanterie. Au sud du groupe d'habitations principal, se trouve le hameau de Jérusalem, sur la route de Briey. A 400 mètres environ à l'ouest du village, une pente un peu accentuée dessine une sorte de crête et devient ainsi, pour la défense, un front naturel. Des croupes adoucies, dénudées, longues de 2 à 3 kilomètres, descendent de ces hauteurs vers l'ouest et vers le sud, et fournissent un excellent champ de tir. Le point faible de la position était le flanc droit. Roncourt n'a par lui-même qu'une valeur défensive médiocre et peut d'ailleurs être facilement tourné au nord et à l'est, où des villages rapprochés, des bouquets de bois et les ondulations du sol favorisent la marche d'approche de l'assaillant. Celui-ci possédait dans la vallée de l'Orne une bonne place de rassemblement où il lui était loisible d'accéder