CHARGE DU 5'^ CUIRASSIERS
14^ chasseurs met un terme aux prog^rès de l'ennemi, dans le voisinage de la bifurcation du chemin de Pourron (1). Une fusillade de pied ferme s'eng^age, quand subitement les Prussiens voient apparaître de la cavalerie française sur leur gauche entre le faubourg de Mouzon et le moulin de Ponçay.
Le général de Failly a envoyé son aide de camp à la brigade de cuirassiers Béville avec mission de Finviter à exécuter une charge destinée à dégager les troupes du 5^ corps (2) . Le chef d'escadron Haillot, allant au plus pressé, s'adresse directement au colonel Martin, du 6^ cuirassiers, qui déclare n'avoir d'ordres à recevoir que de ses chefs. Cette réponse, dans une circonstance aussi critique, suscite parmi les officiers une douloureuse indignation (3). D'un temps de galop, Haillot joint le colonel de Gontenson, du 5' cuirassiers, et lui transmet la demande du général de Failly. Déjà ce régi-
(1) Selon V Historique du gi-and Etat-majot' prussien, ce scraienl « des masses fraîches d'infanterie française, débouchant de Mouzon « , qui auraient arrêté ce mouvement. Il ne s'est passé rien de semblable, pas plus qu'une contre-attaque du 58« de ligne, ainsi que l'a admis l'ouvrage du grand état-major prussien Abbj-echen von Gefechten, 92.
(2) On se rappelle que la brigade Béville appartient au 12* corps.
(3) Général Lebrun, loc. cit., 69 (d'après des renseignements donnés au général Lebrun par le lieutenant-colonel du 6^ cuirassiers).
2CV REAUMONT
ment a subi des pertes sérieuses; le lieutenantcolonel Assaut est tombé foudroyé; le cheF d'escadrons de Méautis a été blessé, mais s'est maintenu en selle. Sans une hésitation, Gontenson fait mettre le sabre à la main et entraîne derrière lui son rég^iment. La batterie à cheval appuie la chargée de quelques obus, à peu près inoffensifs d'ailleurs (1).
Gravissant une légère pente, le 5^ cuirassiers se dirigée sur deux compag^nies du 27"; puis, déviant à gauche, se lance sur une autre compagnie qui dessine un angle ouvert vers le nord. Un peu désunis par le passage du chemin de Pourron, les cuirassiers s'engagent à fond de train dans cet angle et vont aborder l'ennemi, quand un feu à volonté, exécuté à bout portant, cause dans leurs rangs de terribles ravages. Gontenson et son cheval tombent mortellement frappés à quinze mètres des Prussiens; 16 officiers, 11 sous-officiers et 92 cavaliers sont hors de combat. Le reste continue la charge, mais sans pouvoir rompre la compagnie. Les débris de ce superbe régiment regagnent la Meuse en aval de Mouzon; un grand nombre de cuirassiers se noient en tentant de la franchir à la nage. Deux batteries, qui utilisent à ce moment un gué voisin, sont mises en désordre par des cavaliers débandés, et con-
(1) Général Lebrun, loc. cit, 68-70 ; Renseignements verbaux donnés par le général Haillot et le général Doutreleau.