COMMENCEMENT DE LA NOUVELLE ÈRE
Am Directeur du « Daybreak »
Monsieur,
Votre correspondant « Ouranoï », dans votre numéro de la semaine dernière, est assez aimable, pour dire qu’il aimerait avoir d’autres renseignements de la comtesse de Gaithness. Je lui suis si obligée pour les nombreuses heures de plaisir réel consacrées à lire ses séries des plus intéressants articles sur le « Spiritualisme de la Bible », que je serais bien aise de satisfaire son désir, s’il était en mon pouvoir de lui fournir le renseignement qu’il demande; mais il me semble que j’ai déjà, dit tout ce que je puis dire, et même avec des répétitions, sur le sujet auquel il fait allusion, dans ma longue
lettre que vous avez si obligeamment insérée dans votre journal de la première semaine de décembre. J’avais un très grand désir de dire ce que j’ai dit, au sujet de la grande importance de l’année 1881, qui approche si rapidement de sa fin, avant qu’elle n’eût passé entièrement loin de nous, pour aller grossir la longue liste de ses devancières ; parce que j’ai une très profonde conviction qu’elle est la dernière, et que nous pouvons tracer après elle une ligne à l’encre rouge. Pour ma part, j’ai l’intention de tracer non seulement une ligne rouge, mais encore une ligne bleue après elle, et de l’enfermer ainsi avec celles qui l’ont précédée, comme la fin d’un cycle ou période, qu’elle complète, selon mon opinion très arrêtée. C’est la dernière année, et elle va être bientôt finie I
Si vous voulez savoir pourquoi je me propose de tracer une ligne bleue après la rouge, je vous dirai que la ligne bleue indiquera le commencement d’un nouveau cycle religieux, et de même que la rouge, ou couleur du feu, a toujours été choisie par tous les peintres, qui s’en sont servis pour peindre le vêtement du Seigneur, le Père ou Esprit, de même le céleste manteau d’azur du firmament a toujours été préféré par eux pour les vêtements de la Divine Dame. La Mère ou Ame. Et c’est
pour cela que comme la nouvelle Révélation qui va être faite doit avoir un caractère féminin, parce que I’Ame est féminin et que les temps sont venus où elles doit se développer dans sa plénitude, suivant la promesse qui en a été faite, et comme l’on nous engage à espérer la céleste Cité descendant du ciel, parée comme une épouse allant au-devant de son époux, je désire indiquer, par la ligne bleue suivant la rouge, l’approche de l’épouse, et son entrée dans la Chambre du Roi, que nous attendons tout au commencement du nouveau cycle, et de l’année 1882; exactement comme le Saint des Saints du Tabernacle est séparé, par de merveilleuses tentures rouges et bleues , du reste du temple.
Je ne voudrais pas m’avancer trop sur le terrain sacré de l’Occultisme, de peur de m’aventurer dans des embarras d’où j’aurais de la peine à me tirer, cardans cela je pourrais ajouter ici quelque chose sur l’Unité masculine et la Duade féminine, dans leurs rapports avec ces deux dates 1881-1882, mais je préfère vous renvoyer au très remarquable et très complet article paru dans le numéro de novembre, du « Theosophist », qui expliquera pleinenement tout ce que je vois de si inspirateur, relativement à ces deux nombres, et de plus, à la page
32, vous lirez que « quoique les Pythagoriciens professassent l’idée principale qu’il existe un principe permanent d’unité sous toutes les forces et les phénomènes transitoires de l’Univers , ils ne comprenaient point le nombre deux ou la Duade parmi les autres; ils refusaient de reconnaître ce nombre, même comme une idée abstraite, précisément par le motif qu’en géométrie il était impossible de construire une figure avec seulement deux lignes droites, et il fallait ajouter un nombre quelconque à celui-là, pour qu’il fût accepté. Ce n’est qu’en le joignant au nombre un, que, devenant le triangle équilatéral, il peut être appelé une figure » .
Les Pythagoriciens poussaient encore plus loin les spéculations sur les trois premiers nombres, la monade, la duade et la triade. La Monade était masculine, parce que son action ne produit point de modification sur elle-même, mais seulement en dehors d’elle. Elle représente le principe créateur. La Duade, pour une raison contraire, était féminine, étant toujours modifiée par addition, soustraction ou multiplication. Elle représente la matière susceptible de forme. L’union de la monade et de la duade produit la Triade, qui signifie le monde formé de la matière par le principe créateur.
Le sens mystique et la vertu divine des nombres
formaient une partie importante de la pMlosopiiie de Pytliagore, qui voyait en eux le principe de toutes choses; il croyait que la création du monde était produite par leur combinaison harmonique et qu’ils existaient avant le monde. Suivant Py thagore, les nombres sont de deux sortes : Intellectuel et scientifique. Le nombre intellectuel a toujours existé dans l'Intelligence divine : il est la base de l’ordre et le lien qui relie entre elles toutes choses; le nombre scientifique est la cause génératrice de la multiplicité, qui procède de l’unité et qui en est le résultat. Les nombres scientifiques sont pairs ou impairs ; les nombres pairs sont dits féminins et les impairs masculins, parce que les nombres pairs admettent la division ou génération, que les impairs n’admettent point.
De l’union du un avec le deux, nous avons le trois, l-f-2 = 3. Or, trois est un nombre très sacré et il a été considéré par toutes les nations païennes comme le premier des nombres mystiques, parce que, ainsi que le remarque Aristote, il renferme en lui-même un commencement, un milieu et une fin. C’est pour cela que nous le voyons employé pour désigner quelques-uns des attributs de presque tous les dieux, le tonnerre de Jupiter, le sceptre de Neptune, etc. Intellectuellement, ou
plutôt devrai-je dire, divinement parlant, de l’union de 1 Amour et de la Sagesse nous pouvons attendre la naissance de la Vérité, La Vérité, qui est « notre Seigneur et notre Sauveur ». Et telle est l’incarnation que nous pouvons espérer, maintenant que le mariage céleste de l’Esprit et de l’âme aura été consommé sur la terre comme il l’est dans le ciel. Ainsi répondrai-je donc au désir de votre correspondant Ouranoï, que je pourrais en dire davantage sur ce point, dont il parle comme de l’incarnation possible, en disant : « Gela paraît être une idée éclose tout d’abord du mouvement et qui, graduellement, s’est réduite des incarnations diverses à celle d’un être qui pourrait devenir le moyen d’accomplir 1 oeuvre de Dieu et de l’bomme » et, ajoutant :
« Randolph parle dans ses écrits d’un tel Être existant actuellement sur la terre. S’il en est ainsi, espérons qu’il est encore vivant. Je vois des insinuations de cette idée dans les journaux Spiritualistes et dans les révélations des extatiques ; pourquoi faut-il que les Anges ne puissent être définis? Je m’intéresse quelque peu à cette question et j’ai lâ-dessus de longs colloques avec mes amis invisibles. De même que moi, ils voudraient lire encore quelque chose de la Comtesse. »
Mais, que puis-je dire de plus que ce que j’ai
déjà dit ? Ceux qui portent le témoignage en euxmêmes, ceux qui. sont prêts pour la Yie Nouvelle, sentiront la vérité de tout ce que j’ai avancé. L’Écriture non plus ne peut pas être plus explicite qu’elle l’est. « Celui qui a l’épouse est l’époux et celle qui a l’époux est l’épouse » et il en est bien réellement ainsi; celui qui a, est; ce que vous avez, ce que vous sentez avoir en vous-même, est bien plus que ce qu’un autre pourrait communiquer. Ceux qui écrivent et qui pensent pouvoir vous enseigner sont souvent des enfants plus petits et plus jeunes dans le Royaume que vous ne l’êtes vous-même. Un jour vient où l’on est né spirituellement, lorsque la lumière paraît briller soudain sur vous et en vous ; il vient un jour où l’Esprit de Dieu féconde l’abîme et, après cela, lorsque la séparation entre le jour et la nuit a été opérée, lorsque le sombre voile est tiré, le Soleil de la Justice l’inonde de ses rayons. Le changement semble subit et pourtant il ne l’est pas, car il se préparait depuis le commencement du monde. « Lève-toi, lève-toi, car ta lumière vient », voilà les paroles que j’entendis un matin très inopinément et tout mystère parut avoir disparu pour toujours, comme si un éclair soudain de lumière eût électrisé tout mon être; mais ce sont des choses bien intimes, qui ne peuvent être
que ressenties et qui sont impossibles à raconter. Jacob Behmen dit : « Que quelqu’un ou quelque livre est, un marteau qui frappe sa cloche et en tire les sons qu’elle peut produire ». Gela est exact : la mélodie, la divine harmonie est en nous, mais elle exige que les cordes soient touchées par une main habile, pour en faire jaillir les sons qui se trouvent dans l’instrument. En effet, à moins que Dieu n’ait implanté en nous les aptitudes , J’Amour et 2a Sagesse qu’il nous accorde libéralement, la Vérité divine qui doit naître d’eux ne pourrait point trouver d’expression et nous ne pourrions jamais vérifier combien nous sommes près de Lui et combien il est près de nous 1 Des mots écrits ou imprimés n’y mettent rien de ce qui n’y est pas déjà auparavant, mais ils pourront peut-être faire vibrer la corde, si elle a été déjà touchée. La parole de Dieu a été adressée aux multitudes, mais elle n’a été comprise que de bien peu de personnes. Je sens donc profondément combien il m’est impossible de faire autre chose que rappeler à l’esprit ce qui a été déjà dit avant moi, par tant d’autres, ce que j’ai dit, en fait, dans ma lettre précédente, à savoir que, aussitôt que le mariage céleste est consommé, on peut s’attendre à voir naître le divin enfant, ou fils de Dieu. Naîlra-t-il dans une crèche? Oui,
dans une humble crèche, dans cette grotte ou étable, à Beth-le-hem (Maison du Pain), au milieu des betes des champs ! Souvenez-vous du nombre 666. « Que celui qui en a l’intelligence compte le nombre de la Bête; carc’est le nombre d’un homme et ce nombre est six cent, — trois-vingt, — et six. » (Apocalypse, xiii, 18.) Mais il est encore un autre verset dans le même livre, auquel je dois m’en rapporter ; c est celui dans lequel il dit que la mesure de l’homme parfait — 144, ou bien 12x12 est aussi la mesure de l’Ange. (Apocalypse, xxi, 17.)
Les anciens 'Pythagoriciens et les philosophes Hermétiques ont symbolisé avec tant d’éloquence ce mystère sacré, les Théosophes modernes, les adeptes érudits et les Occultistes l’ont expliqué si clairement, que ce qui m’est laissé à dire, du moment que je ne m’en réfère pas, ainsi que je l’ai déjà fait, à eux, c’est qu’après la venue de l’épouse, j’attends le nouvel ordre de l’Être, l’Humanité Divine, ou, en d’autres termes, la manifestation des fils et des filles de Dieu, non pas en tant qu’un être unique, mais comme plusieurs, et que cette race plus parfaite humanisera la terre, que nous savons avoir déjà passé par les périodes du développement minéral, végétal et animal, et nous voyons que cette dernière étape de développement
est maintenant près de secompléter^ comme l’indique la date de l’année qui va finir, 1881, laquelle, multipliée cabalistiquement, compte i -f 8 + 8 1
= 18, qui, divisé par trois donne si clairement le nombre de la Bête, 666, que Ton nous dit aussi être le nombre de l’Homme, en ces termes : « Ici est la Sagesse. Que celui qui a de l’intelligence compte le nombre de la bête ; car c’est un nombre d’homme et son nombre est six cent soixante-six. » (Apocalypse, xiii, 18.) Nous pouvons donc dire véritablement que l’ancien monde a fini en 188i et que le Seigneur a créé de nouveau un nouveau ciel et une terre nouvelle et que nous allons entrer dans la nouvelle année de Notre-Dame, 1882.
Par la même occasion, additionnons aussi cabalistiquement cette date de 1882 : 1 -1- 8 + 8 -j- 2 = 19, et nous trouvons qu’elle nous donne le nombre des années du Cycle métonique, que les Grecs distinguaient par le nom de grande Année, et dans laquelle les astres complétaient leur révolution. Maintenant 1 -f 9 = 10, c’est le nombre que Pythagore nommait Ciel, parce qu’il est la perfection et la consommation de toutes choses, et qu’il était constitué par l’union de un, la monade ou principe actif; de deux, la duade ou principe passif ; de trois, la triade ou le monde procédant
de leur union ; et de quatre, le Tétracüs sacré (1). Ainsi, 1 + 2+ 3+4 = 10. D’où il suit que dix contient toutes les relations numériques et harmoniques, et vous concevez que nous pouvons obtenir le nombre céleste, en additionnant cabalistiquement les chiffres qui composent la date de la nouvelle année attendue de Notre Dame, 1882. Assurément cela est significatif pour une année de promesse de bienfaits à venir.
Si j’appelle cette année l’année de Notre Dame, c est parce que la Nouvelle Révélation promise est décrite dans l’Écriture comme l’Épouse, la Femme de l’Agneau, la Cité céleste, ou la Nouvelle Jérusalem descendant du ciel comme une fiancée. Le Matérialisme, ou le Dragon de la matière, désigné comme la Bête, dont le nombre est de 666, consiste dans 1 exaltation de l’élément masculin ou mâle, et dans le rejet ou l’élimination du principe féminin.
PvthaeorirVn Jf, M symbole très sacré chez les
trianafe flnnt ’ -v. ‘ i exprimé par dix signes disposés en cemrl^ comm! contenait quatre, et un au
centre, comme dans la figure ci-dessous: C’est sur cette figure
> que Je serment était proposé dans l’École ésoté- » , rique de Pythagope. Jamblique donne ce serment > » , dans sa Vie de Pythagore, et Ton peut le traduire » » > > ainsi i
Par ce pur quadrilatère, image
De la fontaine éternelle, où puise la Nature
Mere do toutes les âmes qui vivent,
Pat lui, en un serment loyal, je te’ jure fidélité.
11 est nommée par Jacob Bebmen « le Premier Principe », et il est la source ou fontaine d’éternelles ténèbres, qui languissent après la Lumière. C’est un feu ardent qui consume. Appelons-le, Dieu irrité, car c’est bien une angoisse courroucée, irritante.
Par un principe, on entend une force première au début, une vie subsistant par elle-même, une souche originale, un fondement, d’où tirent leur origine, comme d’un pouvoir suprême, les autres esprits, les autres corps ou choses. Et quoique Dieu soit la seule Essence unique, il y a néanmoins trois principes dans l’Essence divine, ou trois naissances éternelles ou principes agissant toujours sans cesser, engendrant, étant engendrés, et pro- v cédant par, dans, et l’un de l’autre, dont tous les mondes sont ensemble et conjointement une image, mais très différents, suivant les degrés auxquels ils atteignent ou auxquels ils sont aptes à parvenir ; car, quoique les trois principes soient inséparablement un en Dieu, dans les créatures, ils se manifestent distincts d’une façon terrible. Le second Principe de Lumière est coéternel au premier ; et c’est pourquoi l’on ne peut pas dire qu’il ait eu de commencement ; et de plus, il absorbe et engloutit le premier, comme le jour le fait delà nuit, car, sans des contraires il n’y a pas de lutte, et sans
lutte point de production. Ces deux principes lorsqu’ils sont unis, forment un splendide et magnifique royaume de bien, parfait et infini, plein de joie sainte et de douceur. Mais lorsque séparés, ils deviennent deux mondes distincts, l’un est sombre, froid, sauvage, dur, amer, tourmenté, et l’autre aimable, doux, charmant et saint; il n’a point de vigueur sans l’autre, car ce principe de lumière et d’amour jaillit du feu brûlant, comme une flamme brillante qui donne la vie. Nous pouvons donc voir là, distinctement, l’origine du Mal, qui est, la Séparation.
Ainsi donc, l’angoisse et la lutte du premier Principe engendrent la [lumière du second, et la lumière, c’est la vie ; par conséquent, de la force, de la puissance infinie et de la volonté du premier, et du lustre infini du second, sont engendrés la gloire infinie et l’amopr du troisième. Il s’ensuit que le troisième Principe est non seulement la vertu du Paradis, mais aussi le produit, le monde astral élémentaire, aussi bien que le monde matériel visible; exactement comme l’air est produit par le feu et la lumière. Ce produit n’est point le premier, car il ne peut être une racine, mais un fruit; non un fondement, mais une superstructure; non un créateur, mais une création, com-
posée de ténèbres , ou de matière substantielle . comme le feu ardent qui consume du premier, et la lumière pareille à la flamme qui jaillit du second.
Chose étrange à dire, ces trois Principes si merveilleusement saisis par Jacob Behmen, sont très distinctement visibles, et peuvent être aperçus par tout observateur soigneux, dans toute flamme ou lumière, soit d’une lampe, soit d’une bougie, ou du gaz, ou d’un feu quelconque, qui à leur base sont d’une couleur sombre et triste, jaillissant ensuite en lumière et en vie. Je citerais volontiers encore davantage de mon cher et ancien ami mystique Jacob, mais l’espace m’empêche de le faire. Je rendrai néanmoins sa doctrine d.es « Trois Principes de la divine Essence », plus claire encore, en reproduisant une gracieuse poésie ancienne, dans laquelle je les trouve ingénieusement résumés, comme suit :
Trois, et rien que trois Principes contiennent Les choses éternelles et celles qui ont une fin.
(1) Le Premier, TènèbFes telles que la Lumière les désire, Laquelle, jusqu’à ce qu’elle ait vaincu, est un feu inquiet,
(2) Le Second, une Lumière douce, docile, aimable [ardent. Majesteuse, puissante, sacré, suave et brillante.
(3) Le Troisième, produit comme du Feu et de la Lumière, Tire le bien du mal, le jour de la nuit sombre :
Il imprègne complètement de bien en abondance Chaque chose grande ou petite, digne de bénédiction.
Ën six jours il a fait toute la Création,
Et il la soigne, la nourrit et la garde encore.
Ne chicanons pas sur les six jours de la période de création, suivis d’un septième jour consacré au repos, car nous savons maintenant que 1000 années sont comme une journée^ et une journée comme 1000 ans aux yeux du Seigneur, et nous connaissons tous, aujourd’hui le caractère cabalistique de l’Histoire sacrée, que, dans notre antérieure ignorance des profonds mystères cachés sous un voile matériel de fables et de mythes, nous avons donnée aux ignorants et aux enfants, comme une partie indispensable de leur éducation religieuse et de leur salut final, en guise de bravade à l’Église Mère de Rome, qui gardait plus sagement le volume mystique sous clé, bien convaincue qu’elle était, que la « lettre tue », et qu’il faut la sagesse et l’expérience de l’esprit cultivé, pour déchiffrer les profonds et presque indéchiffrables mystères de Dieu. On nous apprend qu^ ces mystères nous ont été tenus secrets depuis le commencement du monde, parce que les choses spirituelles doivent être entendues spirituellement. C’est pour cette raison que toutes les religions sur la terre ont eu
leurs mystères d’initiation , leur doctrine ésotérique caché sous l’enseignement exotérique, à l’exception de l’Église protestante ou réformée, qui, dans son empressement à secouer le joug de Rome et de la papauté, a jeté par-dessus bord un grand nombre de ses doctrines les plus vitales ; doctrines dont quelques-uns de ses membres les plus avancés ont maintenant, à la onzième heure, à étudier et à apprendre le sens profond et la nécessité.
Parmi elles figurent celles concernant les prières pour les morts ; prières aux saints et aux anges, en tant que ministres toujours actifs de la Puissance divine, et comme appuis et guides de notre mortelle ignorance ; et la véritablement vitale, céleste et divine doctrine de l’Immaculée-Conception, qui est une profonde vérité, vérité que bien peu seulement comprennent aujourd’hui. En effet, le fils de l’homme ne peut devenir le Fils de Dieu, tant qu’il n’est pas né de nouveau, et cet événement ne peut avoir lieu sans le concours d’une "Vierge-Mère, parce que la divine semence doit d’abord être conçue dans le sein virginal d’une terre vierge immaculée, existant dans le Saint des Saints, le Sanctum sanctorum de chacun et de tous les enfants de Dieu; car non seulement cette bienheureuse Vierge est immaculée, mais elle est aussi divine.
étant de Dieu, par Dieu et en ce qu’il y a de di\in en nous, et c’est pour cela, ainsi que nous l’avons montré précédemment, qu’elle est inséparable de Dieu ; je pourrais l’appeler le Second Principe, ou en fait «l’Épouse venant du Ciel ».
C’est là un terrain profond, très profond, car il transfère à la terre les choses qui sont du Ciel ; mais n’est-ce point précisément l’ancien axiome hermétique ; « Comme dans le Ciel, de môme sur la terre » ? Et peut-il être trop profond pour les enfants de la quatrième génération, dont la prière quotidienne, pendant les dernières dix-huit cents années, a été : « Que ton règne arrive, que ta volonté soit faite sur la terre comme dans le Ciel. » Cela peut-il donc être une vérité trop profonde pour les enfants de 1881, qui ont maintenant atteint le nombre complet de la Bête, 666, et sont sur le point de passer au nombre plus parfait 1882, dix, (l-j-8-|-8-j-2 = 19oul -1-9 = 10), qui est appelé le nombre céleste, le nombre de l’homme parfait (« c’est-à-dire de l’Ange », Apocalypse xxi) dans l’image de Dieu ? (« Il les créa mâle et femelle » Genèse, i, 27 ;) et encore : « Soyez parfaits comme votre Père qui est dans le Ciel est parfait. » (Mathieu, v, 48.)
S’il en est ainsi , mon brillant et bon Ange de
l’Annonciation ne me tromperait pas ; si la nouvelle année de Notre Dame (1), 1882, doit nous faire
(1) A l’époque du départ du pape Pie IX pour une vie meilleure, et lorsque tout le Collège des Cardinaux siégeait en conclave solennel dans une salle bien close au Vatican, loin de toute communication avec le monde extérieur, jusqu’à ce qu’ils lui eussent choisi un .successeur, je reçus soudainement (en Angleterre) le curieux message spirituel suivant, de la façon la plus inattendue, car je pensais à tout autre chose dans ce moment-là ;
« Le nouveau Pape régnera sous le nom de Léon XIII. »
Je fus naturellement très .frappée de la soudaineté de la communication, lorsque la voix bien connue, continua :
< Et il Y a une raison pour cela. »
Le message finit là. Je supposais que le lendemain nous aurions reçu la nouvelle par le télégraphe, mais il n’en fut point ainsi, et ce n’est que au moins deux jours après que la confirmation de la vérité du message angélique que j’avais reçu, arriva de Rome, et me parvint à Stagenlioe Park.
L’ « Illustrated London News » apporta les détails complets de l’élection, et décrivit la scène qui s’ensuivit. J’ai conservé le numéro, et je voudrais l’avoir près de moi pour m’y reporter, mais comme je ne l’ai pas, je dois m’en remettre à ma mémoire, qui dans ce cas est très fidèle. Lorsque le cardinal Pecci fut informé que le choix était tombé sur lui, on lui demanda quel nom il prenait pour régner. Après un moment de réflexion, il demanda : « De quel saint céièbre-t-on la fête aujourd’hui? » On lui répondit : « Saint Léon. » « Eh ce cas, proclamez-moi pape sous le nom de Léon XIII. »
' Telle fut donc la curieuse confirmation de la clairvoyance des Anges (car je crois que mon messager en était un), et c’est une preuve qu’il est au moins des choses, sinon toutes, qui leur
entrer dans cette phase de Perfection, ou tout au moins dans La Voie Parfaite (1) pour atteindre à la perfection du Christ, le Fils de Dieu, qui ne peut être produit que par le mariage des Principes masculin et féminin, carThomme n’est point sans la femme dans le Seigneur (Deux en Un), et l’Esprit, et l’Épouse (l’Ame, Alma, ou Anima Divina) disent : « Venez ». Dès lors, l’année 1882, est une année rem-
sont connues avant qu’eJles n’arrivênt, et qui sont peut-être dirigées vers le bien ou le mal, suivant la nature des forces qui nous entourent.
Mais ce n*est pas tout ; ce soir-là, comme je rentrais pour me livrer au repos, je ne pus m’empêcher de penser au merveilleux message téléphonique que j’avais reçu si longtemps à l’avance, du monde des esprits, et je consultai un ancien almanach espagnol que je possédais, où je lus que le jour de l’élection était bien celui de saint Léon ; pendant que je me livrais à cette constatation, la voix se fit entendre de nouveau» et dit : « Vous savez pourquoi le nouveau pape se nomme Léon treize?» Non, pensé-je, certainement je ne le sais pas, à moins que ce ne soit en raison du patron du jour où il a été élu. « Ce n’est point en raison de ce jour-là, » continua la voix, « mais bien parce qu’il représentera le Lion de la tribu de Juda, et aussi l’Année de la Femme qui viendra sous son règne 1 » Or, n’était-ce point là une singulière idée ? Mais si curieuse qu’elle fût ; même cette idée, en apparence peu im-» portante, reçut confirmation ; car, deux ou trois ans après, visitant un atelier d'artiste à Rome, on me montra le buste que l’on venait de faire du nouveau Pape, sur lequel Sa Sainteté elle-même, avait en plaisantant inscrit ces mots avec l’outil du sculpteur :
« Lion de la tribu de Juda. >
(1) « The perfect way » publié à Londres, février 1882.
plie de promesses de biens à venir, car tenez bien compte que je n’attends point une soudaine ou miraculeuse naissance d’un Sauveur, ou un changement quelconque pour le mieux dans le passage de ma ligne mystique de la rouge à la bleue, ou de 1881 à 1882 ; mais que j’espère que la venue de l’Épouse, de la Femme de l’Agneau, l’avènement du principe de Sagesse ou féminin de l’^lmma Bivina enfin, dans rhumanité animale, provoquera en son temps la naissance de l’Humanité divine, ou, en d’autres termes, de cet Esprit démérité, ce Consolateur qui doit nous guider vers toute vérité « car il ne parlera pas de lui-même, mais il me glorifiera (Christ), car il recevra ce qui est de moi, et vous le manifestera. Tout ce que le Père a est à moi, et c’est pour cela que je dis qu’il prendra de ce qui est à moi, et qu’il vous le montrera ». (Saint Jean, xvi , 13.) « Ce qui est la nouvelle ou seconde venue du Christ, le Fils de l’Homme venant sur les nuées du Ciel (c’est-à-dire dans les hommes et les femmes), en grande pompe. » (Mathieu, xxiv, 30.) « Nous nous hâtons maintenant d’entrer dans la Chambre du Roi, pour célébrer le mariage du Fils du Roi, et l’Épouse descend du Ciel, telle qu’une cité sainte, parée comme une épouse qui s’est ornée pour son mari. » (Apocalypse, xvi, 2.)
Je suis tellement sûre de cela, que j’entends déjà le son des cloches joyeuses célébrant l’événement, comme elles tintent à la fin de l’année et au commencement de la nouvelle. Et cela ne démontrera-t-il pas une merveilleuse exactitude de la part des messagers angéliques à l’égard des voyants et des prophètes de l’ancien monde, les constructeurs des colonnes de Témoignage d’il y a 5000 ans, et à l’égard des voyants et des prophètes des temps plus modernes, si les premiers mois de 1882 sont témoins du coup mortel porté à cette génération adultère, parce qu’elle est matérialiste, ainsi que cela a été si clairement prédit par ceux qui ont bâti la grande Pyramide ?
Et maintenant, comme je vois que vous vous plaisez à distraire vos lecteurs avec d’agréables histoires, durant le joyeux temps de Noël, supposez que je termine ma longue lettre en vous racontant, à propos de messages spirituels, le plaisant petit conte d’une chose étonnante survenue, il n’y a pas bien des années, à une dame résidant dans un vieux château, à l’extrême nord de l’Ecosse, et , que vous pourrez donner à vos lecteurs, puisque je supprime les noms des personnes intéressées, ou supprimez à votre choix, si vous trouvez ma lettre trop longue pour l'insertion
Il y a seulement deux acteurs visibles dans ma petite histoire, et je vous ai déjà présenté l’un d’eux, dans la personne de la dame du château. Elle était assise dans une antique bibliothèque, dont les murs avaient au moins six pieds d’épaisseur, faisant de profonds réduits des fenêtres gothiques donnant sur un jardin d’agrément. En face d’elle était assis un ministre de l’Église d’Écosse très en vogue, qui se trouvait en visite dans cette famille. C’était une grande lumière de l’Église, un prédicateur très éloquent et fort admiré, c’est pourquoi la dame, qui était ce que l’on peut appeler une Spiritualiste moderne, était fort désireuse de lui inculquer quelques-unes des grandes vérités spirituelles, « Anciennes vérités sous un jour nouveau (1) » qu’elle recevait elle-même jour par jour par les nombreux canaux connus seulement des Spiritualistes.
3e ne pense pas que vous soyez disposé à l’en blâmer ; mais le ministre la blâmait, et très sévèrement, et il lui disait qu’elle ferait mieux d’occuper ses moments et son esprit à faire de la musique, de la broderie, ou quelque chose de plus profitable pour son sexe, que de tourmenter son intelligence
(1) « Old truths in a nm Light », par lady Caithness.
avec des choses qu’elle ne pouvait point comprendre, ou des questions tout à fait hors de sa compétence, qu’elle ferait plus sagement de laisser aux étudiants en théologie, et aux docteurs ès sciences divines. Mais la dame n’était point aussi facile à vaincre, et elle continuait à parler et à exposer sa philosophie spiritualiste, sans se laisser influencer le moins du monde. Certaines choses qu’elle disait paraissaient faire assez d’impression sur le ministre, car elle remarquait qu’il demeurait pensif pendant au moins dix minutes, les yeux fixes et la tête posée sur sa main. S’apercevant toutefois de l’attitude de méditation qu’il avait prise involontairement, il en parut évidemment contrarié, car il se leva soudain de son siège, et frappant gaiement la main de sa belle interlocutrice, il lui dit : « Ah bah, ma chère dame , vous croyez-vous donc un second Daniel ? » Je crois qu’elle répondit à cette saillie qu’elle ne pensait nullement à elle-même en ce moment ; mais qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de prévoir des choses qui allaient se produire dans le monde, et que ceux qui l’entouraient ne paraissaient ni voir, ni s’en soucier. A quoi il répondit :
« Eh bien donc, essayez de penser à autre chose, à votre musique, à vos fleurs, à votre broderie, mille choses qui remplissent les moments d’une femme
dans votre position; mais croyez-moi, laissez de côté toutes ces questions qui ne sont point faites pour vous. » Là-dessus, il se mit à écrire ses lettres pour le courrier ; et comme la journée était fort belle et splendide, la dame sortit pour faire une promenade solitaire sur les hautes falaises.
Le soleil brillait radieux ; le ciel était d’un bleu profond admirable, et la mer, d’habitude houleuse, était aussi calme et aussi riante que la Méditerranée, dont la renommée s’étend si loin. Les petites vagues onduleuses avec leurs crêtes de blanche écume, que dans ce pays l’on nomme ce les gens joyeux de Mey », dansaient gaiement dans l’étincelante lumière ensoleillée du jour, et les grandes mouettes blanches, planant dans les airs, étaient les seuls indices de la vie dans cet immense horizon.
La dame, qui était d’un naturel très religieux et peut-être enthousiaste, se sentait isolée, seule avec Dieu, et elle en était heureuse, très heureuse. Son cœur semblait déborder d’adoration et de louanges pour le Créateur, et comme elle se tenait debout sur le rocher escarpé, regardant la mer et l’immense ciel bleu au-dessus d’elle, elle paraissait anéantie par le sentiment de la Majesté de sa gloire et de sa grandeur; presque involontairément ce sentiment se traduisit en paroles, et elle entonna le ce Te Deum
laudamus ». — « Nous te louons, ô Dieu, nous reconnaissons en toi notre Seigneur. » Pendant qu’elle chantait, ses yeux se mouillèrent de larmes, car il lui semblait étrange d’être seule à pouvoir sentir de la sorte toute la majesté de sa gloire. Est-il possible, pensait-elle, de rester chez soi à faire de la musique ou de la broderie, lorsque Dieu s’est revêtu d’une telle magnificence, qu’il nous sourit ainsi, et qu’il paraît si près de nous, (elle me dit que jusqu’à ce moment, elle n’avait pas encore découvert combien il est rapproché de nous.) Est-il possible de trouver', dans le cœur de l’homme le courage de perdre le temps précieux que Dieu nous accorde, à des choses du temps, aux petitesses de l’heure qui passe ? Est-il possible que l’on attende au lendemain, au dimanche, pour aller glorifier et rendre hommage à Dieu dans l’enceinte d’une froide église, nue, sans éclat entre ses murs blanchis de chaux (comme dans les églises d’Écosse), lorsqu’on peut lui rendre gloire à tout instant.
Dans une cathédrale immense, l’Univers,
Dont les astres du ciel fournissent la lumière;
Qui pour aile a les bois, pour chants, les bruits divers De la vague et du vent; pour orgue le tonnerre.
Et pour dôme le ciel en son infinité.
Je cite de mémoire et à la hâte, car je suis pres-
sée de poursui-^re mon histoire, et je n’ai pas le temps de revoir la lettre de mon amie, dans laquelle elle me dépeint avec tant de vie tout l’incident. « Oh ! pensait-elle, certainement je pourrais leur inspirer des sentiments plus élevés, certainement, sûrement j’ai quelque mission sur la terre, quelque chose à accomplir pour Toi, Seigneur 1 » Elle pensa alors : « Ohl s’il daignait seulement me le manifester par un signe/ » Et elle se laissa entraîner à le prier de le faire; de lui fournir un signe, quelque chose; elle se dit que, quoi que ce fût qui attirât d’ abord son attention, elle le considérerait comme envoyé par lui en réponse à sa prière.
En ce moment quelques lourdes gouttes de pluie commencèrent à tomber, et vinrent chasser du coup son enthousiasme surchauffé. Elle retomba soudain du ciel sur la terre, car elle était loin de chez elle et d’un abri quelconque, et elle n’avait point de parapluie. Elle se retournait pour fuir, lorsqu’elle aperçut un arc-en-ciel magnifique, enveloppant l’étendue céleste, qui l’arrêta tout net. « Dieu me parle, pensa-t-elle, il me parle du haut de la nuit sombre, et voilà la réponse à ma prière. Oh! oui, je prendrai cela pour un signe venant de lui, en réponse à mon appel. Mais quel dommage
que je ne me sois point trouvée vingt ou trente mètres plus loin, j’aurais été littéralement dans l’arcen-ciel », qui en ce moment embrassait le Pentland Frith, en partant de la terre ferme pour aboutir à l’île de Hoy en face l’une des Orkneys. Gomme cette idée frappait l’imagination de mon amie, quelle fut sa surprise de voir l’arc-en-ciel ramper lentement sur l’eau, ramper et s’approcher de plus en plus. « Ainsi, se dit-elle, s’il vient jusqu’à moi de façon à m’envelopper, ce sera pour moi le signe désiré l » Un moment après son souhait se réalisait. Elle savait bien que ce n’était qu’une réfraction des rayons solaires, dans l’eau, mais néanmoins, il n’en fallut pas davantage pour remplir son âme de joie; et combien cette joie s’accrut, lorsque presque en même temps, elle entendit distinctement une voix lui disant tout haut ; « Dites-lui que votre mission est plus grande que celle de Daniel. »
Oh! comme elle se sentit rayonnante; le mot de bonheur est trop pauvre pour exprimer ses sensations 1 En retournant au château, elle réfléchissait sur la question de savoir si elle devait raconter sa vision et les paroles qu’elle avait entendues à son visiteur; elle décida qu’il valait mieux n’en rien faire, car elle n’eût point été comprise, et cela n’eût provoqué de sa part qu’un sourire de pitié. Mais la
\ision, et l’avis ainsi donné firent une telle impression sur son esprit, qu’elle ne les a jamais oubliés, et souvent le souvenir lui en revient dans toute sa fraîcheur première. Seule une spiritualiste pouvait en comprendre pleinement la réalité, et la profonde impression que cette expérience laissait dans son esprit. Elle a souvent essayé d^approfondir le sens des paroles qui frappèrent si inopinément et d'une façon aussi solennelle son oreille. Tout d’abord ses pensées se portèrent davantage sur le fait de l’apparition de l’arc-en-ciel, comme ayant quelque signification particulière, non seulement comme « gage d’alliance entre Dieu et toute créature vivant sur la terre dans la perpétuité des générations » (Genèse, xj); mais aussi en ce que ses brillantes couleurs semblaient concentrer dans leurs splendeurs toutes les beautés divines et variées dont resplendit l’Univers, comme dans l’éblouissant vêtement de l’ange Gabriel, ce messager du ciel ; et elle comprit que souvent il figurait emblématiquement, dans l’ancienne théologie, un messager des Dieux, dont la présence signifiait plus particulièrement que l’Esprit sacré, ou Ame divine, que représentait Iris, était le Médium par lequel venaient les révélations, et aussi que lorsqu’approchait l’heure où la Mère allait concevoir le
saint Enfant, elle était enveloppée par l’arc en-ciel céleste.
Mais, avec le temps, un grand changement s’opéra chez mon amie, ce changement que tant d’autres attendent maintenant, quoique tous n’en aient point conscience, mais qui, lorsqu’il se produira, créera pour chacun individuellement un nouveau ciel et une nouvelle terre, car il verra toutes choses sous un jour nouveau, lorsqu’il aura été poussé par l’Esprit-Saint à avoir conscience que Dieu a engendré en lui son fils : « Car le Seigneur qu’il cherche viendra soudain dans son temple. »
Dès lors, ses pensées ne s’arrêtaient plus sur la beauté et la signification de l’arc-en-ciel, ou du messager, mais sur le sens du message lui-même. « Ta mission est plus grande que celle de Daniel. » N’était-ce point assez pour tourner la tête d’une faible femme quelconque? Mais la tête de mon amie ne tourna pas, parce qu’elle n’était pas vaniteuse, mais humble comme un petit enfant, et c’est pour cela qu’elle est forte, non point de sa force propre, mais de la force de Celui auquel elle se confie, et qu’elle désire toujours servir; et mettant tout humaine vanité et faiblesse de côté, elle croit pleinement la promesse qui lui a été faite aussi merveilleusement, et, comme autrefois Marie, elle
a pesé cela dans son cœur, ne révoquant rien en doute et se contentant de dire : « Voici la servante du Seigneur, » dans la conviction où elle est que quelle quepuisse être sa mission, un jour viendrait où Dieu la lui ferait connaître clairement, lorsqu’elle serait convenablement préparée pour la recevoir. A mesure que cette préparation avançait, les paroles du message prenaient dans son esprit une signification nouvelle, et il lui fut donné de comprendre que cette mission était, à certains égards, comme avec celle de ce même Daniel, dont la faveur auprès de Dieu lui avait été attribuée ù ellemême, comme une raillerie. Petit à petit, elle put reconnaître que les grandes vérités que Daniel avouait ne pas pouvoir comprendre, devenaient l’une après l’autre intelligibles pour elle, jusqu’au moment où elle sentit qu’elle pouvait affirmer avoir compris ce que Daniel disait « entendre, mais ne pas comprendre », lorsqu’il ajoutait : « O mon Seigneur, quelle sera la fin de ces choses ? » (Daniel, XII, 8.)
Et lorsque mon amie trouva qu’il lui était donné de comprendre, elle comprit que « le temps de la fin, le temps et une moitié de temps » pour la durée desquels Daniel reçut l’ordre de « clore le livre et de cacheter les paroles », doivent toucher
à leur terme, et qu’ils doivent en réalité être bien près d’être complétés, car autrement ces choses seraient restées un livre fermé pour elle. Les signes du temps dans lequel elle vit, confirment aussi la vérité des impressions qu’elle reçoit presque journellement du monde des esprits, car le message de Daniel portait ; « Mais, toi, Daniel, ferme ces paroles et cachette ce livre jusqu’ au temps déterminé, auquel plusieurs courront de çà et de là, et la science sera augmentée » (4“ verset). Et ainsi, grâce à une révélation intérieure et à une confirmation extérieure, elle commença à voir sa mission s’ouvrir devant elle, et à comprendre que l’A.mour divin, dans sa divine Sagesse, l’avait véritablement choisie, comme une de celles qui ont une mission plus grande que celle de Daniel, d’autant plus que ce dernier avait eu ordre de fermer et de cacheter, ce qu’elle et les autres du groupe du Soleil, ou cercle du Christ, avaient reçu le commandement divin d’ouvrir et de décacheter!
Nous sommes maintenant arrivés à la dernière semaine de l’année de 1881, à propos de laquelle j’ai tâché de diverses manières de démontrer, dans ma dernière lettre, qu’elle marquait la fin de l’ancien système ; et c’est pour cela, ainsi que je l’ai dit dans ma lettre précédente, que j’en ai clos la
date, dans mon journal privé, en tirant après elle une ligne à l’encre rouge suivie d’un trait à l’encre bleue, par lequel j’entends indiquer mon espérance et ma foi que la nouvelle année, dans laquelle nous allons entrer bientôt, est une année de grande promesse et de bonnes conséquences pour l’avenir. Le rouge et le bleu réunis sont, ainsi que nous l’avons vu, les couleurs de l’Amour et de la Sagesse. Ce sont en vérité les deux couleurs originales, car le jaune est le rayonnement du soleil lui-même; l’orange est du rouge mélangé avec la lumière dorée du Soleil; le vert, c’est du bleu et du jaune; l’indigo c’est du bleu nuancé de rouge ; et le violet est produit par le mélange du rouge et du bleu. Le soleil est 1 or des alchimistes, et la lune leur argent. Dans l’opération de ces deux puissants esprits ou gouverneurs mystiques du monde, on suppose astrologiquement, que toutes les choses du monde sont produites par eux.
Il y a dans le Livre de Daniel deux acteurs très importants; ceux qui l’ont attentivement étudié doivent s’en souvenir. Ce sont les deux Anges du Soleil, Michel et Gabriel. Il m’est permis maintenant de déclarer que l’un de ces Anges a déjà manifesté, d’une façon particulière, son intérêt pour l’amie dont j’ai relaté plus haut la merveilleuse
vision ; il a été vu par elle et par d’autres, dont je copie la description suivante, tirée de leurs lettres :
« M*** a vu votre Ange ; il est tout à la fois de la couleur de Madeleine et de Vénus, le rayon jaune du Sardiura dans le spectre solaire, brillant et chaud, avec le rouge du Soleil; cet Ange est également d’un aspect bienveillant et d’amples proportions ; tout son maintien indique la plénitude et la magnanimité ; de sorte que maintenant notre trinité comprend les trois couleurs primordiales : le Rouge, le Jaune et le Bleu. » Un autre écrit : « L’Ange que vous avez vu, et dont il vous a été donné de comprendre la nature, est plus particulièrement votre guide, étant un des grands anges du Cercle de l’Étoile, auquel vous appartenez, et c’est, sans aucun doute, l’Ange Gabriel qui apparut à Daniel, et aussi à Marie la Vierge-Mère. Maintenant, en ce qui concerne ce que l’on nous a enseigné à appeler les ordres Angéliques, Michel, Gabriel, Uriel, Raphaël, etc., ce sont de grands ordres; mais ne pourraient-ils pas avoir été créés par la Divinité agissant en eux par le Verbe, et par la Sagesse, dans des temps ,fort éloignés? Le temps, vous le savez, n’existe pas pour la Divinité ; dans le laps des siècles ces anges devinrent tels, quelques-uns d’entre eux abandonnant
la bonne voie du progrès sont tombés, par suite nous avons eu Adam-dualité, et par lui, dans la course des temps, la plus haute manifestation de Dieu, telle qu’on l’a vue en Jésus, le Fils, incarné de Jéhovah. »
Oui, et souvenons-nous du rôle important que joua l’Ange Gabriel à ce moment spécial de l’accomplissement des Saints Mystères, puisque depuis lors il a été surnommé « l’Ange de l’Annonciation ». Mais c’est un autre Ange que nous attendons maintenant, car nous lisons dans le douzième chapitre du Livre de Daniel ; « Et en ce temps-là (le temps de la fin), Michel, ce grand chef, s’élèvera, lui le protecteur des enfants de ton peuple ; et il viendra un temps de détresse tel que jamais il n’y en a eu depuis qu’il existe des nations jusqu’à ce temps-là; et en ce même temps, ceux de tes enfants qui seront trouvés inscrits sur le livre seront délivrés. »
Or, tout le monde le sait, l'Ange Michel est toujours représenté terrassant le Dragon de la Matière ou Matérialisme, avec son épée flamboyante de la Vérité spirituelle, et si nous lisons le verset cidessus conjointement avec un de ceux qui le précèdent, nous verrons avec quelle exactitude ce dragon est décrit, et quelle grande œuvre Michel vient accomplir sur la terre, en détruisant ce monstre
hideux, cause unique de l’obscurité, du mal et du péché. »
Voici le verset dont je veux parler : « Et ce roi fera selon sa volonté ; il s’enorgueillira, et s’élèvera au-dessus de tout dieu ; il proférera d’étranges discours contre le Dieu des dieux, et il prospérera jusqu’à ce que l’indignation soit à son comble ; car ce qui a été décidé s’accomplira. » Il y en a davantage encore, mais cela suffit pour mon dessein, qui est de signaler le Dragon du matérialisme, ou celui qui s’enorgueillit et s’exalte lui-même, dans cette génération corrompue, au-dessus de tout ce qui est Dieu, et que le glorieux Ange Michel doit vaincre avec l’épée spirituelle de Vérité; et je ne doute pas que ce ne soit exactement là l’événement décritpar Jean dans l’Apocalypse, car dansmapensée, les deux Visions ont entre elles une corrélation étroite; elles sont en réalité une seule et même chose, vue à des époques différentes, et le moment de leur accomplissement est maintenant tout proche. L’un des acteurs qui jouent un rôle si important dans les deux visions, à savoir l’Ange Gabriel, a déjà manifesté de nouveau distinctement sa présence sur la terre, et je ne doute point que nous n’entendions bientôt parler del’apparition de l’Ange Michel. Quant au Dragon qu’il doit mettre à mort.
il est maltieureusement toujours parmi nous. Il est la représentation mythique du Mal; et une qualité, qu’elle soit positive ou négative, ne peut être exprimée visiblement, si ce n’est par une figure. Les vérités Célestes et Spirituelles ne peuvent être traduites en langage humain sans le secours du mythe ou du mystère, et c’est pour cela que les Gahalistes et les Philosophes Hermétiques de l’antiquité les exprimaient dans des symboles des plus mystérieux, mais des plus éloquents pour les initiés ; les Pythagoriciens se servaient des nombres qui, pour ceux qui faisaient une étude de ces choses, sont aussi éloquents et non moins émouvants. Le Christ les annonçait en paraboles, et il ne parlait point sans paraboles à ces esprits matériels et mondains, de peur qu’ils ne faussassent ces vérités sacrées pour leur propre destruction. Lorsque nous enseignons à nos enfants, dans leurs jeunes années, nous le faisons avec tendresse, au moyen de petites histoires et de fables appropriées à leurs capacités mentales peu développées.
De là, aussi, le langage figuré des anciennes Écritures, dans lequel chaque nom masculin qui se présente dénote quelque progrès dans l’esprit humain, ou l’homme à ce degré particulier, et les
différentes formes de la vie qui se succèdent Tune l'autre en nous, aussi bien dans la chair que dans l’esprit, car il ne faut point mépriser la chair qui est la demeure limitée ou extérieure de l’esprit, et l’esprit qui est la demeure limitée ou intérieure de la chair. Ainsi Abraham représente la foi; Isaac, la filiation; Jacob, le service; et tous combinés ensemble ils sont destinés à figurer les différents degrés de notre croissance et de notre développement spirituels, comme l’arbre même ou la fleur présentent des aspects différents aux différentes époques de leur existence. Les noms et les caractères féminins dans la Bible marquent, de la même manière, les affections et les sentiments, ou plus vaguement les principes auxquels se trouve mêlé l’être humain actuel; car nos principes sont ce que nos affections nous font, et nous ne pouvons nous empêcher de voir ces dernières changer à mesure que nous avançons et nous nous développons. Ainsi saint Paul nous révèle la nature figurée des deux femmes de la Bible, Agar et Sarah. De nouvelles affections ou des formes nouvelles, renfermant les mêmes principes, sont réunies énsemble à chaque degré successif de son avancement par l’individu, qui lui-même est désigné par un nom (ou nature) différent, au fur et à
mesure qu’il progresse et se développe, pour entrer dans un état plus parfait.
Les différents animaux qui figurent si constamment dans ce livre, le plus mythique de tous, sont aussi comme de juste, de simples images de nos passions tels, par exemple, que ceux pris par couples dans l’arche (le cœur de l’homme) par Noé, et ceux qui étaient continuellement otferts en sacrifice, ce qui a donné lieu à tant de colères, et par conséquent à de si scandaleuses critiques contre ce livre, qui est le plus saint, le plus merveilleux et le plus mystique que nous possédions.
La Bible est un livre spiritualiste, et elle traite pleinement, mais uniquement de matières spirituelles ; mais comme l’homme n’a point encore appris le langage spirituel, il a fallu faire usage d’images matérielles, de descriptions pittoresques et d’histoires, pour mettre à la portée de leur intelligence des vérités spirituelles. 11 s’en est suivi que tout cela a pris une apparence de mystère ; mais à mesure que l’esprit de l’homme progresse et se délie, il commence graduellement à percevoir et à comprendre ces vérités spirituelles, et ainsi par degrés il diminue la nécessité des figures, des images et des choses puériles, et il les rejette avec ses jouets de l’enfance, et à la fin l’homme, pleine-
ment développé et parfait, comprend avec le Christ que les choses spirituelles doivent être entendues spirituellement, et que la pure lettre, ou la forme matérielle dans laquelle elles sont enveloppées tue, tandis que l’esprit vivifie. Il donne la vie et la stabilité, car tout ce qui est de la matière cessera d’être, mais la parole du Seigneur durera éternellement.
Le dragon ou la figure mythique du Matérialisme que l’Archange Michel doit terrasser avec son glaive mythique, ou la vérité spirituelle, est donc la représentation du mal incarné. Mais l’origine du mal, ainsi que nous l’avons vu, n’est point autre que la séparation ; je pourrais dire de la limitation, car c’est uniquement la limitation pour l’un des Principes, ou la séparation du premier et du second Principe, les éléments mâle et femelle. Gela est indiqué dans la Grande Cause Première de tout, lorsqu’on la représente comme un feu consumant dans sa colère ; nous en lisons quelque chose dans le premier chapitre de la Genèse; nous le savons et nous le sentons en nous-mêmes et nous le voyons tout autour de nous aujourd’hui, dans l’exaltation du matériel ou de l’apparent, aux yeux de ceux qui ignorent le spirituel ou le réel. Telle est, en réalité, l'interprétation du verset 36 que nous venons
— so¬
dé lire du xi» chapitre de Daniel, le Roi matière s’exaltant et s’élevant lui-même au-dessus de tout dieu et disant des choses étranges contre le Dieu des dieux.
C’est la séparation de l’homme d’avec Dieu, pour l’exaltation de soi-même, la séparation de l’esprit d’avec l’âme, de l’élément masculin d’avec l’élément féminin qui se trouveraient aussi dans l’homme et qui étaient si évidents chez l’homme parfait, notre frère aîné, qui a si souvent fait de ce mariage céleste ou divin le sujet de ses paraboles et qui, tout en nous donnant un nouveau commandement, savoir : « Aimez-vous les uns les autres » , et en s’étendant aussi longuement sur l’amour fraternel, a dit bien peu de chose sur le mariage extérieur ou matériel. Si l’on voulait m’opposer les noces de Gana, je répondrais que lorsque le moment de notre propre mariage céleste ou spirituel sera venu et qu’il aura été célébré sous les auspices du Christ, comme les noces de Gana, nous trouverons que notre eau sera changée en vin et nous en boirons avec lui dans le Royaume. Quelques-uns en ont déjà, fait l’expérience à un haut degré, et c’est pour cela que je n’en parle point dubitativement, étant autorisée à dire avec assurance que
« l’homme n’est point sans la femme, ni la femme sans l’homme dans le Seigneur ». « Deux en Un. » Si le Pentagramme des philosophes Hermétiques et des Pythagoriciens représente le Microcosme ou homme, avec ses cinq sens matériels, l’étoile à six pointes ou double triangle du Macrocosme pourrait bien être adopté comme le symbole de la Nouvelle Révélation, ou Église du Premier né, des üls et des filles de Dieu; car il est symbolique du développement et de 1 acquisition du sixième sens dont ils sont doués. C’est l’étoile de Bethlehem qui indi¬
quait la route pour retrouver le divin Enfant ; il est, je crois, employé dans quelques Églises chrétiennes comme un symbole de la double nature du Christ et il est certainement une allégorie de la nature divine, l’Amour et la Sagesse, ou le mélange parfait des principes mâle et femelle dans l’Être divin. Il a été adopté il y a longtemps par certains Spiri-
tualistes clioisis, comme l'emblème de l’AsLre ou Cercle du Christ, auquel ils ont été appelés et au développement spirituel duquel les messagers angéliques manifestent un intérêt si profond et si énergique, aussi bien qu’à l’avancement général de l’humanité dans la période actuelle. C’est aussi une profonde allégorie du mariage céleste qui va être célébré, à la descente de l’Épouse venant du ciel, décrite comme une cité sainte parée comme une fiancée qui s’est ornée pour venir au devant de son époux, qui s’élève de la terre au ciel, allant à sa rencontre. Cette cité sainte est décrite comme ayant quatre faces, disposition qui peut aussi être obtenue en réunissant les deux lignes formant les bases, ou les deux points supérieurs et les deux points inférieurs de ce double triangle, ou étoile à six pointes. Mais dans son union actuelle, telle qu’elle nous a été transmise par Pythagore et les philosophes Hermétiques, elle fait mieux comprendre la Tetractis sacrée multipliée par trois, ou la trinité des carrés parfaits, le nombre complet de douze, désigné avec tant de précision dans la description de la cité céleste (l’Épouse), par l’image des douze fondements, des douze anges, des douze portes, des douze noms qui y sont inscrits et qui ne sont autres que les noms des douze tribus
d’Israël et des douze apôtres de l’Agneau (Apocalypse, XXI, 12 et 13), à la nomenclature desquels, comme astro-roaçon, je pense que nous sommes pleinement en droit d’ajouter les douze signes du Zodiaque.
Il est donc tout à fait évident que ce double triangle est l’emblème convenable pour les enfants de la Nouvelle Révélation, car il représente tout spécialement l’union divine du mâle et de la femelle, Denv en Un, qu’il est destiné à établir à tous les points de vue, négatif et positif, matériel et spirituel, tête et cœur, esprit et âme, intellir gence et intuition, mâle et femelle ; le mariage, en un mot, du fils de l’homme avec la fiancée céleste, union de laquelle doivent naître les fils de Dieu, non plus comme fils unique, mais sous la forme de cet Esprit de Vérité, ce Consolateur, qui doit nous conduire à Toute Vérité, afin que nous puissions tous être Un avec Lui qui est Un avec son Père.
C’est là le Sauveur qui doit venir et sur lequel votre correspondant « Ouranoi » désire avoir de plus amples renseignements. C’est l’Esprit de Vérité, le Consolateur, le Fils de Dieu conçu du Saint- Esprit, né en nous de la Vierge sacrée ; car U est la Semence de la femme qui doit écraser la tête du Serpent; c’est l’esprit de filiation, grâce auquel
nous dirons : « Abba, Père, » qui peut accepter Dieu et croire en lui et communier a\ec lui, sans douter de rien et Taimer d’un amour dépassant toute expression. C’est le Fils divin et le Sauveur né de la Vierge qui, s’il est élevé, dans chacun et dans tous, les entraîne tous en lui, de façon à ce que tous puissent être un en lui et dans le Père, comme lui et le Père ne sont qu’un; non plus séparés, ce qui constitue le mal, mais unis, ce gui est Dieu. (V. Saint Jean, xv, xvi et xvii.)
Mais pour que le fils soit conçu et naisse, l’élément Virginal, oui’ « épouse» doit d’abord venir; et l’année de 1882 est l’année de la promesse et elle est tout proche. « L’homme n’est point sans la femme dans le Seigneur » ou il serait stérile; c’est la femme gui conçoit et c’est pourguoi nous devons nous lever et lui faire bon accueil, comme les deux EN UN et la promesse sera alors accomplie et alors viendra cet Esprit de Vérité, le Fils et le Sauveur (parce gu’il est le réconciliateur et le médiateur), car il prendra ce gui est à lui et nous le montrera sous un jour sous leguel nous pourrons le recevoir. Ce sera en elfet une doctrine d’interprétation.
Souvenez-vous encore que tous les noms et choses physiques se rapportent à des vérités spiri-
tuelles et n’ont réellement aucune relation physique quelconque, mais qu’ils nous sont simplement présentés sous l’aspect matériel pour nous en faciliter la compréhension. Des opérations spirituelles il ne résulte que des effets spirituels et les opérations physiques produisent des résultats physiques.
Et maintenant, je veux terminer cette longue lettre par les paroles rapportées dans le second Évangile de Clément aux Corinthiens, dans la version que nous commençons à reconnaître comme ayant été déclarée apocryphe à tort, et séparée par suite de cette erreur, des autres Évangiles, ou paroles de Dieu.
M Car le Seigneur lui-même interrogé sur l’époque de l’avènement de son règne répondit : Lorsque deux seront unis en un, et ce qui est extérieur comme ce qui est intérieur ; et le mâle avec la femelle, non plus mâle ni femelle; » paroles mystérieuses, mais d’un sens profond, que Clément essaye d’expliquer en ajoutant : « Lorsque l’homme aura uni ensemble son âme et son esprit sous l’obéissance de la raison; alors , ainsi que le dit Paul, il n’y aura plus en nous ni mâle ni femelle. »
Tandis que j’écris ces lignes, les heures de 1881, la dernière année de l’ Ancienne Révélation, marchent rapidement vers la fin et la première heure
de l’Épouse céleste approche. Plusieurs sont invités à la célébration du mariage. Puissent-ils être nombreux, ceux qui seront trouvés prêts à le célébrer par de grandes réjouissances, c’est là mon vœu le plus ardent.
Lady Caithness.
Duchesse de Pomar.
28 décembre 1881.
F. Aureau. — Imprimerie de Lagny,
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