‹ 1914-1915 [i.e. mille neuf cent quatorze jusqu'a mille neuf cent quinze]; la préparation de la guerre & la conduite des opérationsChapitre 16 sur 18 · V. La garde du camp retranché · texte numérisé non relu

V. La garde du camp retranché

restera assurée par sa garnison de dé-

lense normale renforcée du groupe de divisions de réserve Ebener.

Le général commandant la 85e division territoriale reprendra à la date du 5 le commandement de la région Est, en totalité, et disposera de tous les éléments de sa division.

Le groupe de divisions de réserve Ebener sera amené dans l'intérieur du camp retranché. Une division se transportera dans la région du Mesnil-Amelot de manière à l'atteindre le 6; cette division cantonnera le 5 dans la régiom Attainyille, le Mesnil-Aubry, Mareil-en- France, Villiers-le-Sec (Q. G.) et Villaines.

L'autre division du groupe Ebener passera en réserve générale. Elle viendra le 6 cantonner dans une zone qui lui sera indiquée ultérieurement.

À la date du 6, le général Ebener prendra le commandement dans Tinter-

valle Nord-Est; il disposera de la929 division territoriale. Cette division assurera la garde de l'intervalle Nord-Est entre le départ de la (>e armée et l'arrivée de la division de réserve.

Rien de changé dans la région Nord (général Mercier-Milon), ni dans la zone Sud (général Michel).

Toutefois, en raison du départ du groupe de divisions de réserve Ebener, la liaison entre la région Nord et la zone Sud et la surveillance sur la rive droite de l'Oise seront plus étroitement assurées. On tiendra compte de ce qu'un gros de cavalerie allemande a été signalé du côté de Beauvais, que des patrouilles de uhlans ont été vues aujourd'hui non loin de Pontoise et que, par suite du départ du corps de cavalerie Sordet qui se trouvait établi sur la Seine en aval de Paris, il n'est pas impossible que des patrouilles en-

nemies passent la Seine et se montrent sur notre front Ouest.

VI. — Les travaux de défense dans le camp retranché seront poussés avec la plus grande activité possible.

VII. — Le quartier général du Gouverneur fonctionne à partir d'aujourd'hui au lycée Duruy, boulevard des Invalides.

Le général commandant les armées dé Paris,

Gallieni.

6 septembre 1914.

Lettre du Général Gallteni, au Maréchal French.

La 6r armée, qui a pris l'offensive ce matin, rencontre unerésistancc sérieuse, deux divisions ennemies sont signalées vers rOurcq, venant du Sud ; elles ont atteint la Marne entre Vareddes et Lizy, à 9 heures ; pour que les Allemands ne puissent ramener contrôla 6e armée les éléments faisant face aux Anglais, prière instante au maréchal French de porter son armée en avant, de manière que l'offensive générale soit bien générale.

7 septembre 1914.

Lettre du Général Gallieni, au Maréchal French.

Monsieur le Maréchal,

Je sais que vous êtes en liaison intime avec le général Maunoury, auquel je m'occupe d'envoyer tous les renforts à ma disposition. Pour tenir compte de la nécessité de bien couvrir votre flanc gauche, le général Maunoury fait diriger sur la rive gauche de la Marne la 8e division d'infanterie.

J'ai la conviction absolue que toutes les forces dont dispose le général Maunoury et étant données nos dispositions concentriques autour des forces allemandes que nous avons eues en face de nous, notre opération d'ensemble doit être couronnée de succès si nous concourons tous bien au but final.

Je tiens à vous exprimer ma propre

PIÈCES DIVERSES 14.'i

reconnaissance pour le concours si efficace que vous nous avez donné hier, et, en ce qui me concerne, soyez assure que je mets tous mes efforts pour obtenir ce résultat.

8 septembre 1914.

Lettre du Général Gallieni.

Gouverneur de Paris,

w Ministre de la Guerre.

... Enfin, je vous demanderai de ne pas oublier que Paris, avec ses territoriaux en nombre insuffisant, avec ses ouvrages médiocres et très exposés, avec son matériel d'artillerie démodé (nos pièces ne portent qu'à S kilomètres contre les pièces allemandes portant à 14) ne peut se défendre longtemps et dans de bonnes conditions.

H septembre 19H.

Lettre du Général Gallikni au Ministre de la Guerre.

Je me suis occupé, avec les ressources très limitées d'ailleurs, que j'ai ici, d'envoyer à la (>e armée, officiers, hommes, chevaux. Puis, pensant que nous avions une bonne occasion de coincer les 6 corps allemands qui depuis longtemps accrochaient notre aile gauche (5e armée), à défaut d'indications nettes du grand quartier général, j'ai aiguillé la 5e armée sur notre front Est, avec l'objectif général l'Ourcq. Mais pour réussir, il m'était indispensable que l'armée anglaise prît, elle aussi, l'offen-

BÎve. J'ai multiplié les démarches auprès du maréchal French..

Bref, il a consenti à marcher, mais à la condition formelle d'avoir ses flancs appuyés. C'est ainsi que j'ai dû, à mon corps défendant, diriger au Sud de la Marne la 8e division, du 4e corps, qui venait de débarquer et qui eût été bien mieux placée sur le flanc gauche de la 6* armée pour pouvoir agir sur les lignes de retraite des Allemands.

il septembre 1914.

Lettre du Général Gallieni au Ministre de la Guerre.

C'est pour cela que je me suis préoccupé de reconstituer en deux jours l'armée de Paris (6e armée) qui m'arrivait assez mal au point, et de la jeter aussitôt, par les moyens les plus rapides sur le flanc droit des Allemands. Et maintenant que la manœuvre a réussi, et que la 5e armée a pu enfin se dégager de l'adversaire qui la poursuivait depuis Namur, j'envoie au front, au fur et à mesure qu'elles débarquent, et toujours par les moyens les plus rapides, les troupes dont je puis disposer.

TABLE DES MATIÈRES

A. — De la mobilisation à la bataille

des frontières 31

B. — De la bataille des frontières à la bataille de la Marne 43

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