‹ 1914-1915Chapitre 29 sur 30 · LETTRE VII · texte numérisé non relu

LETTRE VII

Au Drapeau!... Aux champs!

Bon, vous faites une trompette parce que je sonne du clairon. Comme je suis une bonne petite ortie de lasphalte (c'est la dernière qu'on m'a décochée), je vous explique.

Cette huitaine, j'ai porté des tricots aux soldats et je me suis trouvé ainsi quelque part entre Argonne et Meuse, au milieu d'un village en ruines, près d'un colonel, wi poilu d'acier, à l'instar de nos 75, qui nous remerciait pour ses hommes II y en avait autour de nous, car on s'était assis en plein air, toutes les cambuses rasées sur caves, mesure d'hygiène.

Il disait leur courage, la guerre au couteau dans la région. La chasse à l'homme sans arrêt. Pas de grandes opérations, aussi pas ou presque pas de décorations, alors qu'en définitive en aucun point du front on n'a plus écopé.

On s'y bat en mitrons^ quoi ; on encaisse les pains.

Un officier entre dans le cercle.

— Mon colonel, un bazar.

Vous savez ce qu'est un bazar au front!

C'est une roulotte, où un industriel nomade accumule tous les objets dont les soldats peuvent avoir besoin : linge, chaussure, mercerie, savons, et cœtera.

La voiture arrive dans un cantonnement.

Vite, on déballe, la vente s'organise... Deux heures après, le véhicule repart.

— Eh bien!... qu'il s'installe.

Cinq minutes après, au milieu de la place, le bazar avait terminé son étalage.

Sur les parois du chariot on lisait :

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