‹ 1914-1916 poésiesChapitre 29 sur 33 · LA LYRE · texte numérisé non relu

LA LYRE

à Qabrielê d'Annuntio.

Que l'éclairé l'aurore ou que la nuit le voile, Vigilant, haut et prêt au combat meurtrier Dont il guette sans peur le péril familier Venu vers lui de par delà la mer sans voile,

Le fier oiseau de feu, de métal et de toile,

En son vol sûr qui porte un poète guerrier

Par la gloire aujourd'hui ceint d'un double laurier,

Rôde au ciel dangereux où ne luit nulle étoile.

Il plane. Le moteur bourdonne puissamment

Et d'en bas, l'on croirait, à son bourdonnement,]

9n l'air grave qu'emplit une onde métallique,

Entendre, sous le doigt sublime et souverain D'un Dieu lauré touchant à sa corde d'airain, Vibrer au fond du ciel une Lyre héroïque .

8 juin 1916.

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