ARTILLERIE AUTRICHIENNE EN MANŒUVRE
76 millimètres (5, modèle iqob, et de 140 batteries d'obusiers légers de 104, modèle 1899.
L'artillerie de montagne comprenait 63 batteries de canons modèle 1899, et 3o batteries d'obusiers modèle 1908, démontables.
• Les troupes techniques comprenaient : 14 bataillons de sapeurs, 8 bataillons de pionniers à 6 compagnies, 1 régiment de chemins de fera trois bataillons, 1 régiment de télégraphistes. Le train, de 16 divisions, comprenait un nombre variable d'escadrons et un dépôt de matériel du train.
L'armée était répartie en seize corps : (582 bataillons, 353 escadrons et 382 batteries dont 296 montées, 24 à cheval et ("12 de montagne.
La flotte s'était largement augmentée depuis cinq ans. Elle comptait 12 cuirassés d'escadre, 5 de seconde classe, 6 de troisième classe, 20 contre-torpilleurs, 84 torpilleurs.
42S iq 14. — t.A OtIERRË bb bftôlf.
En Autriche-Hongrie, les officiers appartiennent soit à la noblesse, soit h la bourgeoisie, voire à une bourgeoisie médiocrement riche. Chez beaucoup d'entre eux, sans distinction d'origine, on retrouve ce mélange de présomption, d'incurie et d'inconscience que l'histoire connaît depuis tant de siècles. Ils sont les petitsfils de ceux qui, en 1794., fuyaient de Coblentz sur la sommation de Marceau, en lui laissant un billet où ils lui recommandaient de se loger à l'hôtel du comte d'EItz, le meilleur de la ville. Ils sont les fils de ceux qui, au lendemain de Sadowa, remplissaient les théâtres et organisaient des bals à Vienne.
Les officiers autrichiens ne vivent pas, comme les officiers allemands, dans un monde exclusivement militaire. Ils ne forment pas de caste. Mêlés à toutes les sociétés, ils montrent partout une complaisante amabilité, Gemùtlichkeit. Entre eux ils se tutoient, tout en se donnant leur titre. Un sous-lieutenant dit à son colonel :
— Du, Herr Oberst gieb m irjeuer (Toi, Monsieur le colonel, passe-moi du feu). Tandis que, dans l'armée allemande, règne l'unité de moeurs, de traditions, de
langue, l'armée autrichienne n'est que diversité. Magyars, Tchèques, Moraves, Ruihènes, Slovènes, Polonais, Serbes, Croates, Slovaques, Roumains, Latins, Italiens, incapables de parler un allemand correct, se sont forgés une sorte de jargon spécial, l'allemand militaire, Armeedeutsch. Ce langage, où l'on retrouve l'idiome de toutes les nationalités passées et présentes de la monarchie bicéphale, s'agrémente de beaucoup de mots français estropiés, et qui viennent de l'époque où les Wallons dépendaient du Saint-Empire. Les Prussiens affectent de mépriser une telle confusion. Ils y voient une preuve accablante delà nonchalance autrichienne. C'est pour eux une occasion de répéter leur rude dicton :
« In Preussen Ailes straff; In Oesterreich Ailes schlaff »
« En Prusse, ressorts toujours tendus ; en Autriche, toujours détendus »
L'armée allemande.
Toutes sortes de superstitions hantent l'esprit de Guillaume II. En déclarant la guerre dans l'année 1914, il songeait aux victoiues remportées un siècle auparavant par l'Allemagne, et à l'entrée des Allemands à Paris, dans les années i8i4et 181 5. D'autre part, même préoccupation superstitieuse, pour rappeler les victoires remportées par l'Allemagne en 1870, il avait mis à la tète de son armée un von Moltke.
Ce nouveau Moltke, neveu du vainqueurde Sedan, héritait seulement du nom. Né en 184S à Gersdorf (Mecklembourg), lieutenant pendant la guerre de 1870, capitaine médiocre à l'état-major du glorieux oncle en 187S, il avait été nommé quartier-maître général de l'état-major. Quand le moment fut venu de remplacer le chef d'étatmajor, le vieux général von Schlieffen formé par Moltke l'ancien, l'empereur réunit le feld-maréchal von Hœseler, le feld-maréchal von Gol.z, le général von Hahnke, chef de son cabinet militaire, le général von Kessel, etc., et les consulta pour la forme. Tous ayant indiqué des noms différents, il déclara : t
— Je choisis le général von Moltke.
En dépit d'une règle scrupuleusement respectée, Hteseler et quelques autres firent entendre des objections. A quoi l'empereur répondit :
— C'est d'un nom que j'ai besoin.
Ce Moltke établit le plan de campagne pour 1914.
A la veille de la guerre, le haut com nandement, so.s la direction de l'Empereur, était réparti entre huit inspecteurs d'armée :
LA GUERRlî DU DMIT.
VON HAESELER.
i°InspectionceDantzig(ier, 1 7e,2oecorps), sous les ordres du colonel général von Graffon, qui avait commande le i6°corpsd'arméecomme successeur du feld-maréchal H;eseler.
20 Inspection de Berlin (Garde, 12e et 19e corps saxons), sous les ordres du général von Heeringen qui avait cédé le portefeuille de la guerre au général von Falkenhaynetqui, pour avoir passé une grande partie de son existence dans les bureaux, était considéré comme un parfait administrateur.
3° Inspection du Hanovre (7e, ye i ue corps), sous les ordres du colonel général von Bulow. Renforcée du 4e corps, elle forma l'aimée de la Meuse, sous le commandement du général von Emmich, ancien commandant du 10e corps.
40 Inspection de .Munich (3e corps prussien et 'es trois corps bavarois), sous les ordres du prince héritier Kup.echt de Bavière.
3° Inspection de Karlsruhe (Ke, 1 / et 1 5e corps), en face de notre f. ontijre et embrassant une partie des troupes de couverture, sous les ordres du grand-duc de Bade.
G0 Inspect on de Stuttgart (4e, 1 ieet i3e corps), sous les ordres du duc Albert de Wurtemberg.
70 Inspection de Sarrebriick (iGe, 18e et 21e corps), embrassant l'autre partie de la
couverture en face de notre frontière, sous les ordres du général von Eichhorn, dont le mérite militaire était vanté par la presse allemande. Le long de la frontière française, la couverture était de six corps d'armée, à un effectif tel qu'on pouvait les considérer comme prêts à entrer immédiatement en campagne.
8° Inspection de Berlin (2e, 5e et 6e corps), sous le général von Kluck, alors entouré de la même considération que von Eichhorn.
Les quartiers-maîtres généraux, c'est-àdire les sous-chefs de l'état-major général, subordonnés au général de Moltke, étaient le-. généraux Schmidt von Knobelsdorf, von Bcrtrad de Waldersee, von Kuhl et von Rœdern. Moltke avait dit en 1910, au chef de la maison militaire du roi des Belges : j
— Nos bureaux d'etat-major ne sont nullement ce qu'on pense. On imagine qu'ils sont pleins de plans de bataille. En réalité, ils ne contiennent que des plans de transport. Transport pour les troupes, transport pour les munitions, transport pour les vivres. Nous sommes une immense administrationdechemins de fer.
PRINCE RUPKEClir LIE BAVIERE.
43o 1 ' i l 4 . — r. A G UEI»R F. n U !» R <M T .
Les Allemands avaient, les premiers, fait du rail une ai me. C'est aux voies ferrées qu'ils doivent leurs victoires foudroyantes sur l'Autriche, en 1866. En 1914, le rail devenait pour eus une arme d'extrême importance, puisqu'ils étaient forcés de combattre à la fois à l'est et à l'ouest, c'est-à-dire de lancer sans cesse leurs armées tantôt vers la frontière russe, tantôt vers la frontière française.
L'empire allemand avait adapté ses chemins de fer aux diverses opérations de la guerre future, voire au transport du butin à recueillir en territoire ennemi. De là, le rachat des chemins de 1er, vaste entreprise que termina, en 1910, le rachat du réseau du Palatinat.
En 10,14, l'empire mettait au service de son armée 60.000 kilomètres de chemins
de 1er qu'il exploitait. Il y combinait tout en vue de la mobilisation : gares, matériel, quais. Toutes les voies étaient à I'écartement de 1 m. 435.
Dès la première semaine de juillet tgi ■. l'administration des chemins de ferallem fit revenir en hàre ses wagons qui circulaient en France. Pendant les vingt premiers jours Je la mobilisation, une seule direction des chemins de fer, celle de Cologne, lança vers la France 26.000 trains militaires : deux millions de soldats.
La première armée, commandée par von Kluck et concentrée à Aix-la-Chapelle, avait l'ordre de passer par Bruxelles pour tourner l'aile gauche de l'armée française. Elle comprenait le 2e corps (de Stettin), le 4e corps d'armée active et le 4e de réserve (de Magdebourg), le 10e corps de réserve (de Hanovre), le 9e corps et le 9e de réserve d'Altona), 260.000 hommes. La seconde armée, commandée par von Btilow et concentrée au camp d'Elsenborn, avait l'ordre d'investir Namur, puis d'attaquer les armées françaises défendant les passages de la Sambre ainsi que Charleroi. Elle comprenait le 10e corps ^de Hanovre), la garde prussienne (de Berlin), le 3e corps et le 3e de réserve 1 de Berlin), le 7e corps et le 7e de réserve de Munster) : 260.000 hommes.
La troisième armée, commandée par von Hausen et formée par les effectifs saxons, avait l'ordre d'avancer vers la Meuse entre Namur et Givet. en visant surtout Dînant. Elle comprenait le 1 2e corps (ier saxon), le 19e corps (2e saxon), le 1 2e corps de réserve (de Dresde et de Leipzig) : 120.000 hommes.
La quatrième armée, commandée par le duc de Wurtemberg et concentrée dans la région de Gerolstein-Bitburg, avait l'ordre de gagner la vallée de la Semoy et la forêt des Ardennes, pour dominer la Meuse en enlevant Mézières et Sedan. La cinquième armée, commandée par le kronpnnz, fils |aîné de Guillaume II, et concentrée dans la région de Trêves, avait l'ordre de prendre Lorgwy, de passeï par la trouée de Stenay, d'occuper les passages de la Meuse entre Stenay et Consenvoye, enfin de prendre Verdun. Elle se composait du 1 3e corps (de Stuttgart), du 1 ie corps (de Cassel), du 6e corps de réserve (de Brçslau), du 10e cops de couverture de Metz», et d'un corps de réserve,