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HOMMES D'ETAT ET GENERAUX ALLEMANDS AYANT PRIS PART A LA GUERRE

x. Moltkc. Kronprinz Guillaume v. François. v. Emmich. v. Falkenhayn. v. Beseler. v.

Uupprecht

z Guillaume v. François.

de Prusse. v. Ludendoi-ft.

Herzog Albert v. Kluck.

i!c- Wurtemberg. Kmp. Guillaume II.

Bethmann-Uolkveg.

v. Heeringen.

Elcob

t-. Haeseler.

Hindenburg.

v. Tirpitz.

a une uliologra|>liic allemande)

maisons basses, leurs grands toits gris, leur moulin et leurs bois, semblent une illustration de ses fables, sinon de ses contes, sont aujourd'hui tout bleus de soldats. Superbes et charmants, ces soldats de la grande guerre. Leurs vêtements azurés sont de bon effet, et leur visage de bonne santé. Le premier régiment venu semble composé d'hommes d'élite. Saluons les regards droits qui illuminent des faces hâlées, larges et barbues.

Les chevaux, que l'on ne tond pas, ajoutent au tableau une note un peu farouche. Ces poilus à quatre pattes ont vaillante mine comme leurs maîtres.

Dans la zone des armées, nous ne rencontrons que de braves gens, ennoblis par la grandeur de leur tâche. Voici, par exemple, des mécaniciens et des chauffeurs des chemins de fer. Faut-il ramener en arrière les affûts montés sur des vagons plats? Deux machines iront les chercher. « — Quand ? — La nuit venue — Ce serait peutêtre un peu tard ». Deux machines partent donc en plein jour. Les deux cheminées lancent des flocons noirs. L'ennemi les aperçoit. L'ennemi entend chacun des échappements. Les deux machines sont tout de suite « encadrées ». Mais le mécanicien et le chauffeur ont autre chose à faire qu'à regarder les marmites pleuvoir. L'un ne quitte pas son régulateur. L'autre veille à son feu. L'un et l'autre n'ont dame que pour leur tâche. Le lendemain, même opération dans la nuit. Autour des machines, dont les cheminées se signalent au loin par des étincelles, tombent des fusées, puis des obus. Bientôt, à la mitraille s'ajoutent des gaz asphyxiants. A cela non plus, nos braves cheminots ne prêtent pas lamoindre attention. Un travail absorbant, c'est le vrai bouclier.

Un peu plus loin, des soldats montrent leur habileté d'ouvriers. Dans un immense parc d'automobiles, ils remettent en excellent état les véhicules blessés ou malades. C'est un dépôt d'éclopés à quatre roues: autobus pour le transport des viandes fraîches, limousines de tourisme, énormes camions pour le transpoit des projectiles, fines voitures de course, voitures d'ambulance, tracteurs de gros obusiers! Pour amener ici les voitures les plus lourdes, on glisse sous elles un léger truc. Tout de suite, le chef du parc a diagnostiqué le mal et formulé le traitement. Parfois, ce n'est qu'une simple réparation de détail.' Parfois, une transformation totale est indispensable. Regardez plutôt ce malheureux camion qui a roulé dans un fossé où sa carrosserie a été broyée. Voilà tout de suite nos chirurgiens en besogne. D'abord, dans leurs ateliers bien outillés, ils polissent les pièces nécessaires, métal ou bois. Puis, sous de vastes hangars, ils rajustent le tout d'une main savante. Le miracle s'accomplit. Debout les morts, et en route pour la bataille !

Près du parc d'automobiles, un paysan qui travaille dans son champ nous dit : « Les soldats allemands reculent. C'est fort bien. Mais les agents de l'Allemagne sont toujours plus nombreux chez nous. Ce sont eux qui sèment les mauvaises nouvelles et font les mauvais coups. Vous avez vu, à la gare voisine, d'immenses hangars entièrement détruits. Il y avait là un dépôt de munitions. Un avion allemand y a jeté une bombe, une seule. Tout a sauté. Quelques secondes auparavant, une fusée venant de terre avait désigné, à l'avion allemand volant très bas, la bonne place à atteindre. A côté du dépôt de munitions se trouvait un dépôt d e ravitaillement. Il a brûlé tout entier, quelques jours après. Le leu avait pris aux quatre coins. Qui l'avait allumé? On a accusé les prisonniers allemands. Plusieurs d'entre eux s'évadèrent. Ils étaient aidés par des complices.

Sur la route qui traverse des champs de plus en plus déserts, des cantonniers militaires remplissent de cailloux les trous d'obus. Ces ouvriers, qui ne semblent ni très prompts ni très experts, font cependant besogne très utile. Sans arrêt, les LX11I

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énormes automobiles des Alliés passent sur cette route. Est-ce a dire que les automobilistes ne se plaignent pas? Un automobiliste grogne, mais passe.

Voici Corbie la très ancienne ville, illustrée par l'abbaye que fonda au vit" siècle sainte Bathilde, femme de Clovis II, a été mainte fois envahie, aux époques les plus glorieuses de notre histoire. Pendant que Corneille composait le Cid, à Rouen, l'ennemi poussa jusqu'à Corbie. Sans doute, la magnifique ferveur guerrière dont est animé le récit du Cid a sa cause dans l'émotion patriotique du poète. Pour les combats livrés aujourd'hui non loin de Corbie, certains vers de Corneille semblent d'une justesse prophétique :

Oh! combien d'actions, combien d'exploits célèbres Sont demeurés sans gloire, au milieu des ténèbres Où chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnait Ne pouvait discerner où le sort inclinait. . .

— Sortir d'une bataille, et combattre à l'instant I

— Mon fils a pris haleine en vous la racontant

En ce moment, la plaine de Corbie est couverte de belles récoltes. Or, les villages voisins sont encore déserts. Nos soldats feront la moisson.

Voici ce qui fut Montdidier. Ville détruite. D'habitude, cetteexpression . « ville détruite », ne correspond pas exactement à la réalité. D'une ville détruite, beaucoup de choses restent encore debout ou peuvent être assez rapidement restaurées. Qui dit : ville détruite, ne dit pas : ville anéantie. Pour Montdidier, le mot anéanti serait encore trop faible. Cette ville que nous avons vue, en avril dernier, si vivante et si proprette, n'est plus qu'un monceau de décombres informes que la terre a déjà presque entièrement absorbés. C'est le chef-d'œuvre de la barbarie allemande. L'ennemi, en quelques jours, a fait ce que le temps, qu'on accuse si injustement d'être plus barbare que les hommes, n'aurait pas pu faire en quatre siècles.

Par sa situation sur l'éperon qui termine le plateau de Santerre et qui domine le Beauvaisis, la malheureuse petite ville attirait l'ennemi. Pour s'y mettre en sûreté, il l'a transformée en forteresse souterraine, creusant des caves dans les caves. Puis, en partant, il a tout bouleversé. Montdidier est doublement une nécropole.

La ville abonde en souvenirs. C'est ici qu'a été enfermé Didier, roi des Lombards. Le nom de Montdidier est donc un écho de Charlemagne. Souvenir moins lointain et moins vague : c'est ici qu'est né le propagateur de la pomme de terre, Parmentier. A ces souvenirs divers s'ajoute présentement une image si formidable que jamais rien ne pourra l'effacer ni même la recouvrir.

Voici devant nous Roye, qui avait été délivrée et que l'ennemi a reprise. Je me rappelle une conférence que j'y ai faite, pendant l'été de 191 7, dans la vaste cour des écoles. Les officiers et les soldats avaient pris place sur les bancs des élèves. Le maire, M. Maindron, qui était resté sous le joug allemand avec ses administrés, ne pouvait pas maîtriser son émotion. Son visage fruste et sa barbe rude étaient trempés de larmes. On sentait que les nerfs de cet homme si vaillant avaient été rompus par d'indignes épreuves. Et voici que, de nouveau, Roye est sous le joug. Mais ce n'est plus pour longtemps.

De cette pauvre ville deux lois manyre, on disait avant la guerre : « C'est un manche d'éventail ». Ainsi l'on donnait l'idée des nombreuses routes qui en partent

Kjl4- — La GUERRE; DU droit

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dans tous les sens, comme des rayons. Aujourd'hui, le manche de l'éventail est brisé. Mais les rayons sont tous réparables. Voici la voie ferrée de Montdidier à Péronne et à Cambrai par Chaulnes. Voici la route de Péronne. Voici la route de I3ray-5ur-Somme et de Rosières-en-Santerre. Voilà la route de Montdidier et la route d'Amiens. Voilà la route d'Estrées-Saint-Denis. Voilà la route de Lassigny. Voilà la route de Noyon. Voi'à la route de Nesle. Par toutes ces ioutes passera notre victoire.

Dans la plaine qui, de Beuvraignes à Lassigny, s'éiend vers Roye, se dessine une seule éminence. Cette modeste cote 102 porte le nom, plus modeste encore, de Crapeaumont. Lassigny rappelle les durs combats si souvent inutiles de 1 q 14. C'est un des noms toujours saignants de nos communiqués. Aux alentours de Lassigny se creusent des carrières, farouches casemates, pièges terribles.

Notre but était de dégager Compiègne et Amiens. Voilà qui est lait. Le général Debeney a refoulé l'ennemi par une série de mouvements, très souples et très habiles, qu'il faisait converger vers son but, en enveloppant, portion par portion, les positions qui, abordées de front, nous auraient coûté tiopde sang.

Les armées allemandes de von Hutier et de von Marwitz ont dû abandonnerla place.

Allaient-elles regagner un front éloigné pour y attendre des réserves, ou bien appelleraient-elles ces réserves sur un front rapproché ? Elles ont appelé tout de suite leurs réserves. Le sang des soldats ne coûte guère aux généraux de Guillaume II. De là résulta, dans notre avance, un arrêt relatif. Et quel était le front rapproché auquel l'ennemi se cramponnait? C'était le front de 1916. Mainte fois, en faisant le trajet de Montdidier à Roye, nous nous sommes arrêté sur ce front. Les pluies avaient effondré plus d'un abri. Les mauvaises, herbes séchaient sur les pare-éclats. Mais les fils de fer restaient intacts. Ils se reconnaissaient à leur rouille couleur de sang, parmi les chardons moins barbelés qu'eux. Sans doute, l'ennemi ne tardera pas à regagner le front éloigné, c'est-à-dire la ligne Hindenburg, qu'il a fortifiée en 1917 et devant laquelle il a tout abattu avec une cruauté méthodique. Mais cette fameuse ligne, qui passe par l'est d'Arras, Havrincouit, Saint- Quentin. Anizy-le-Chàteau, le Chemin des Dames, ne sera elle-même qu'uneétape. Lloyd George disait naguère, avec un bon sens superbe : « La véritable ligne Hindenburg, c'est le Rhin ».

Jamais la magnifique sobriété dedessin qui caractériseles plaines de Champagne ne nous a plus profondément ému. Des champs à perte de vue, quelques bouquets

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