CAMPEMENT AMÉRICAIN PRÉS DU FRONT
/Photo Meurisse.ï
travaillent dans les ports français, lorsqu'ils vo ent s'avancer, paisiblemtnt, les plus grands transatlantiques des illustres compagnies allemandes : 'la Hambourg-Amenka ou le Norddeutscher Lloyd. Oui! Ce sont bien les bateaux dont l'Allemagne s'enorgueillissait tant. Voila le Vaterland. Voilà le Bismarck. Voilà V Imper ator. Les soldats, qui en descendent en foule, sont des Américains qui vont combattre avec les Français et la France les acclame. Chacun de ces bateaux apporte, outre des canons et des munitions, les vivres nécessaires aux hommes. Les prisonniers allemands en restent écrasés.
— N'y a-t-il pas beaucoup d'Américains qui sont fils d'Allemands?
— Il y en a beaucoup moins que l'Allemagne le dit. Mais il y en a. Or ceux-là aussi combattent vaillamment l'Allemagne. Le détachement américain qui s'est couvert de gloire au bois de Belleau, compte un grand nombre de fils d'Allemands. D'ailleurs,- les éléments divers dont se composa notre armée s'harmonisent dans une m sseàrré istible. Je scis arri é à bord d'un paquebot énorme que les Allemands
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admirent en re tous. Ce paquebot débarque, à chaque voyage, 12000 solda s et son équipage compte 2000 marins. Le convoi dont je faisais partie transportait 42000 hommes, avec des quantités formidables de denrées et de matériel.... Saveztous comment s'appelait la frégate qui a transporté La Fayette en Amérique, au mois de mai 1777, et que La Fayette avait affrétée de ses deniers?
— Elle s'appelait la France.
— Non elle s'appe ait la Victoire. D'ailleurs, France, Victoire, est-ce que ces
deux mots n'étaient pas synonymes? Aujourd'hui, pour nous Américains, tout bateau qui transporte chez vous des soldats, des provisions ou des machine , porte le nom de Fiance, invisible, à côté du sien. Nous avons quitté notre usine, notre comptoir, notre bureau, notre laboratoire, notre mine, notre prairie, notre maison, notre femme, ros enfants, notre bien-être et notre bonheur. Pourquo ? Non pas certes pour conquérir un terîitoiie, asservir un peuple, extorquer une rançon, exercer une vengeance. Mais pour faire tiiompher la justice sans laquelle il n'y a pas de paix, c'eït-à- dire pas de bonheur et pas de bien-être durables. A quoi laisons-ncus la guerre?A la guerre.
Ceux qui disent que la guerre est un fléau invincible, un mal incurable, sontdesrêveurs. LaSociétédesNations rendra la guerre impossible.
Mais pour que cetteSociétésefonde, il iaut que l'Allemagne, qui est la guerre incarnée, soit mise à jamais hors d'état de nuire. E le le sera.
Voilà pourquoi nous qui voyons pourtant combien cette guerre est dure, nous sommes heureux.
Un autre officier américain qui nous est présenté au même endroit s'appelle Myron Henick, comme son parent, le diplomate qui représentait les États-Unis à Fans, en 1914. Comme le dip omate, l'officier est un géant au grand cœur. Comme le diplomate, il aime profondément la France. Il ouvre sa cantine et en tire une affiche blanche rédigée en français.
— Voici, nous dit-il, une affiche qui mérite de prendre place dans l'histoire. Je suis fier d'y voir, au bas, le nom que je porte. C'est l'ainche que notre ambassadeur avait fait imprimer au moment où les Allemands approchaient Paris. Lisez-la!
Si les Allemands étaient entrés à Paris, cette affiche aurait été placardée sur tous les édifices nationaux, particulièrement sur le Louvre.