LE PLATEAU DE VAUCLERC, VUE PRISE D UN OBSERVATOIRE FRANÇAIS
(Photo Polak.)
contre-attaquait jour et nuit. En vain! Il ne rattrapa qu'un point, près de Chérisy. Jusqu'au 8 mai, il recommença la lutte avec une égale violence. Le 8, il rattrapa un autre point, Fresnoy. Piix médiocre de si lourds sacrifices!
De notre côté, le 4 mai, nous gagnions la victoire de Craonne; nous enlevions, au nord-ouest de Reim>, 5 kilomètres de tranchées, et, à l'est de Reims, nous engagions superbement la lutte autour du mont Cornillet. Le lendemain, nous prenions d'assaut 6 kilomètres de la ligne Hindenburg, au nord-est de Soissons, et, au Chemin des Dames, nous occupions l'est du plateau d'où le regard plonge sur la vallée de l'Ailette et s'étend presque jusqu'à Laon. De ce plateau, l'ennemi ne gardait plus qu'un lambeau de 18 kilomètres, entre le Moulin de Laffaux et Braye-en- Laonnois. Au butin, nous comptions, le 4 mai, 1 100 prisonniers; le lendemain, 4900, dont près de 200 officiers.
Entre Soissons et la plaine de Reims, l'Aisne coule sous un plateau crayeux aux brusques éminences. L'extrémité de ce p'ateau qui domine la plaine porte Craonne sur son flanc. Autour du village, que d'endroits dont les noms sont
entrés à jamais dans la p us haute gloire militaire! Cette hauteur qui le surplombe au nord, c'est la Californie; cette hauteur, à l'ouest, c'est Vauclerc; cet éperon, au sud-ouest, c'est Hurtebise; cette petite rivière, si blanche à l'ordinaire parmi ses rochers et, pendant tant de mois, rougie d'un sang héroïque, c'est l'Ailette. L'Ailette et l'Aisne semblaient les fossés de la mince levée de terre, longue de 20 kilomètre?, qui va de Vauclerc à la Alalmaison. A pattir de la Malmaison, le paysage s'élargit pour s e marier aux ondulations du Soissonnais. Sur cette levée de terre, véritable chemin de ronde, jadis un chemin avait été construit pour les filles de Louis XV qui aimaientà se rendre auchàteau d'une de leurs demoiselles d'honneur. De là, ce nom : Chemin des Damesl
Quand Hindenburg eut reculé en nous livrant les abords de Soissons et la basse vallée de l'Ailette, il garda la tète de pont de Vailly, ainsi que les hauteurs jusqu'à Soupir et Berry-au-Bac. Notre ollensive du 16 avril enleva la ferme Hurtebise et le moulin de Vauclerc. Le 24 avril, nous enlevions la tète de pont de Vailly et nous pénétrions jusqu'à Braye-en-Laonnois : le Chemin des Dames était atteint.
Le vendredi, 4 mai, la nouvelle attaque commença par une bonne préparation d'artillerie qui en avait, pour ainsi dire, soudé tous leséléments. Bientôt, le village de Craonne fut à nous. Nous pouvions donc, depuis Craonne, depuis Hurtebise, depuis le moulin de Vauclerc, d'riger des attaques convergentes vers les hauteurs puissamment fortifiées de Californie et de Vauclerc. C'était une immense forteresse dont tous les bastions, à l'envi, s'armaient de mitrailleuses. A gauche, un saillant formait la charnière de l'ancienne ligne allemande et de la nouvelle. Le samedi, b mai, nous finîmes par rompre le gond de cette charnière et nous avançâmes jusqu'à la route qui conduit directement à Laon.
L'ennemi amena en hâte tous les renforts dont il disposait. Malgré leur nombre et cette méthode de défense que Ludendortf croyait infaillible, nous réalisâmes encore d'importantes avances, particulièrement vers Chevreux, en faisant un assez grand nombre de prisonniers. Mais un ordre du ministre de la Guerre, M. Painlevé, arrêta l'offensive.
Ce lut pour beaucoup de Français qui connaissaient à fond l'Allemagne une douloureuse surprise. Quoi ! disaient-ils, le gouvernement français brise l'unité d'action qui commençait à s'établir,et il ne cherche plusà tirer parti de l'affaiblissement des ellectils allemands apiès la campagne de 191G!
Assurément, personne, même chez l'ennemi, ne pouvait considérer notre offensive comme une défaite pour les Alliés. Al. Painlevé lui-même rappela à la tribune de la Chambre les résultats si caractéristiques de cet audacieux effort. Prise des premières lignes et d'une partie des secondes lignes ; prise des plateaux de Craonne et de Vauclerc, où l'ennemi avait eu l'ordre de se faire tuer; prise des postes du Laonnais que l'ennemi croyait imprenables; prise de 12 kilomètres, le long de l'Aisne, de Soupir à Alissy-sur-Aisne ; prise du fort de Condé qui domine les vallées de l'Aisne et de la Vesle ; délivrance de Chivy, de Braye-en-Laonnois, d'Ostel, de Chavonne, de Vailly, de Celles, de Condé-sur-Aisne, de Laffaux, de Nanteuil-la- Fosse, de Sancy, de Jouy, d'Aizy. En somme, libération d'un huitième du territoire, 35 000 prisonniers avec 800 canons et 1000 mitrailleuses. Et nos perles totales, 1 1 7 000 hommes, étaient inférieures à nos pertes de septembre 191b en Champagne.
L'Allemagne éprouvait alors une déception beaucoup plus amère et surtout beaucoup plus légitime que la nôtre. Son haut commandement avait tant promis que d'éclatantes victoires suivraient « le recul élastique » . Et c'étaient les armées de l'Entente qui attaquaient et Qui avançaient, Deux des meilleurs généraux allemands,
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von Schubert et von Pluskov, qui commandaient au front de Laffaux et du Chemin des Dames, étaient mis brutalement en disgrâce.
L'arrêtdes troupes françaises n'empêcha pas les Britanniques de continuer leur avance, le 12 mai, en enlevant une partie de Bullecourt, deux kilomètres de la ligne Hindenburg etles abords de Rceux. Après deux jours employés à refouler les tentatives forcenées de l'ennemi, elles occupèrentRoeux, puis Bullecourt, puisdeux autres kilomètres de la ligne Hindenburg. Alors, à leur tour, elles s'arrêtèrent. Au butin figuraient, pour elles, plus de 20000 prisonniers. Mais cet arrêt n'était qu'une halte.
Dès le 7 juin, elles entreprirent une grande oeuvre militaire : la conquête des hauteurs qui, àl'estd'Ypres, vont de Messines jusqu'à Passchendaele, en passant par Hollebecke, Tower-Hamlet, le Polygone, Broodseinde : hauteurs qui donnent des vues sur l'étendue de la plaine belge.
Au plus efficace tir de l'artillerie, nos alliés ajoutèrent l'explosion simultanée de mines bien placées. Leur attaque, lancée, dès six heures du matin, au sud d'Ypres, sur un front de quinze kilomètres dans la direction sud des hauteurs, depuis Messines jusqu'à Wytschaete, enleva les lignes allemandes avec les deux villages. A deux heures de l'après-midi, la contre-attaque allemande commença, furieuse. Elle continua les jours suivants, sans d'ailleurs interrompre l'avance de nos alliés. Ils furent vainqueurs partout : en avant de Messines, entre Lens et La Bassée, sur les deux rives de la Souchez. Rarement la guerre de tranchées connut de si éclatants succès. Cependant l'ennemi, qui connaissait le moment et le plan de l'attaque, avait pu tout préparer pour sa défense.
Du ]6 au 29 juin, nos alliés gagnèrent du terrain à l'est de Messines, à l'est d'Arras, vers Monchy-le-Preux, plus encore entre la Lys et la Warnave, où ils progressèrent de douze kilomètres. Nouvelle avance vers Bullecourt. Nouvelle avance sanglante mais significative au sud de Lens. Prise de la petite ville d'Avion, à quinze kilomètres d'Arras, sur la ligne d'Arras à Lens. Nouvelle avance vers Oppy. Au butin, S900 prisonniers dont 170 officiers, 70 canons, 100 mortiers de tranchées, 25o mitrailleuses.
Douglas Haig félicita l'armée britannique. « Personne, dit-il, n'a jamais douté de son courage. Aujourd'hui tout le monde voit qu'elle a autant d'expérience que de solidité. »
Foch, chef d etat-major général ; Pétain, commandant en chef des armées. — Tentatives de mutineries militaires.
Pendant l'arrêt à peu près complet des opérations sur le front français, le gouvernement modifia le commandement en chef. Un décret détermina les attributions réservées au poste du chef d'Etat-Major général de l'armée et désigna pour ce poste le général Foch qui avait rendu tant de glorieux services sur la Marne, sur l'Yser, sur la Somme. Au général Pétain fut confié le commandement en chef des armées du Nord-Est qu'avait exercé le général Nivelle. Quant au général Nivelle, il devait être, plus tard, chargé du commandement en Algérie.
Le général Pétain n'avait rempli que pendant quelques semaines les fonctions de chef d'Etat-Major général. Au moment où il prenait le commandement en chef des armées, un souffle d'indiscipline passait sur elles, qui en ébranla et faillit en emporter certaines parties. L'ennemi, aidé par tant de complicités, mettait tout «.n
ceuvre pour démoraliser et désorganiser les armées françaises, comme il avait démoralisé etdésorganisé lesarmées russes: il put croire un moment qu'il atteignait sonbut.
Certains des trains qui transportaient à travers toute la France les soldats permissionnaires retentissaient de clameurs qui faisaient tressaillir de joie les cœurs allemands : « Vive la paix ! A bas la guerre ! ». Dans les gares où ces trains passaient, les clameurs redoublaient de violence. C'était la folle surenchère des vociférations paradoxales: « Vive l'Allemagne ! Vive Guillaume II! » On devine la surprise et l'angoisse des Français qui avaient vu jusqu'alors ces mêmes trains transporter des troupes si noblement conscientes de leur devoir.
Quelles étaient les causes d'un tel changement? La déception d'avril, la longueur de la guerre dans la boue, l'exemple de la révolution russe, la propagande allemande.
Insistons sur ces deux dernières causes.
Des journaux, pourtant très patriotes, vendus à profusion aux cantonnements du iront, avaient donné des détails précis sur les effets de la révolution russe aux aimées : « Les soldats russes ne saluent plus leurs officiers. Les soldats russes s'emparent des trains. Les soldais russes retournent dans leurs foyers de leur propre autorité. » Influence du plus mauvais exemple, même sur les meilleurs, dans la monotonie d'un pénible effort dont la fin ne s'entrevoyait pas.
Quant à la propagande allemande, à chaque instant on en découvrait quelque nouvelle preuve.
Autour de nos grandes gares, des hommes aux allures suspectes attendaient les soldats, les faisaient boire et leur glissaient des imprimés.
Ces imprimés, inspirés par l'Allemagne, étaient de longs factums répétant que « L'Allemagne, bien qu'invicible, propose la paix. La France ne doit se saciifier ni à l'Angleterre ni aux Etats-Unis, qui bénéficieraient seuls du conflit abominable ». C'étaient aussi de violents réquisitoires «contre les chauvins fiançais qui avaient voulu la guerre ». C'étaient surtout de petites pancartes avec ces trois mots : « Assez de tués» (i). Aux tracts anonymes ou pseudonymes, les émissaires de l'ennemi joignaient des journaux tels que le Bonnet rouge.
Nos permissionnaires avaient, en voyage, tout le temps d'absorber ce poison et de renouveler, aux stations, leur provision devin. Les trains, misa leur disposition, cheminaient si lentement, dans la dure chaleur des premiers beaux jours.
En certaines gares, des soldats descendirent, sommèrent les employés défaire machine arrière et, sur un refus formel, feignirent de se coucher à travers les rails. En d'autres gares, ils précipitèrent dans les souterrains les bagages et tout ce qu'ils trouvaient sur les quais.
Assurément, les soldats qui criaient et agissaient ainsi n'étaient qu'une minori é infime. Mais l'homme, en collectivité, redevient vite un enfant et, dans toute collectivité, la minorité turbulentedonnel'illusion de l'unanimité.
Des scènes indignes se produisaient. Deux trains allant en sens contraire s'arrêtent. Dans l'un d'eux, parmi des civils, il y a un général à la moustache blanche et à la croix de guerre ornée de sept palmes. Dans l'autre train, il y a des soldats qui lui montrent le poing et hurlent : « A bas la guerre ! » Le général est impassible sous les cris, comme sous les obus. Plus loin, quelques soldats prennent d'assaut un wagon de première classe où se trouvent des jeunes filles. Ils veulent les
(i) Le chef de la conspiration allemande, qui travaillait, en même temps, à susciter des mutineries dans notre armée, des grèves dans nos villes industrielles et des émeutes dans nos usines de guerre, c'était M. Mathias Erzberger, leader du Centre allemand.
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contraindre à boire a vec eux et à crier comme eux : « A bas la guerre ! » Après avoir achevé leurs litres, ils les lancent à travers les vitres.
Dans plusieurs villes industrielles, au passage, certaines femmes excitent les plus mutins. On entend ces femmes dire aux soldats : « Ne vous battez plus. » Et quelques soldats leur répondre: « Révoltez-vous. »
En réalité, le mal était beaucoup plus apparent que réel. Celui qui écrit ces lignes a pu s'en rendre un compte exact. Après l'avoir étudié dans le détail, il avait soumis à ses chefs l'idée de faire convoyer les trains par des officiers.
— Idée difficilement exécutable. Iriez-vous?
— Volontiers.
Le soldat français a autant de bon sens que de courage. Il se rend à l'évidence. Evidemment, ce n'était pas àla France qu'on devait crier : « A bas la guerre », puisque la France avait tout subi pour l'éviter. Si elle se livrait à l'Allemagne, pieds et poings liés, elle irait à la pire misère comme à la pire humiliation.
Le trouble, jeté d?ns les masses par la propagande ennem'e, avait fait perdre de vue, à plus d'un Français, les causes mêmes de la guerre. Cet oubli nous frappait plus que tout, dans les conférences que nous multipliions alois, surtout aux endroits du front où une mutinerie était à craindre.
Un jour, le Président de la République reçut une lettre signé de deux sous-officiers qui lui demandaient respectueusement « pourquoi nous nous battions ». Le général Pétain répondit lui-même à cette question, en démontrant une fois de plus aux soldats que l'Allemagne ne nous offrait qu'une paix de proie. « Les propositions allemandes ne visent qu'à nous attirer dans un grossier traquenard. Tandis qu'on négocierait, elle soulèverait toutes les chicanes, se réapprovisionnerait et referait son armée Nous ne faisons, nous, que nous défendre, au nom de la liberté, pour sauver notre existence. »
Enfin, l'organisation des trains militaires fut modifiée de la plus heureuse façon. Ils marchèrent plus vite, et les soldats passèrent par les gares régulatrices de la ceinture parisienne, au lieu de passer par Pans. La gare de l'Est ne fut plus, jour et nuit, encombrée de quelque trente mille hommes, en butte à toutes les sollicitations honteuses et, sans cesse, poussés à répéter en argot du bagne : « Nous en avons marre (assez) ! »
Les effets d'une propagande la'ssée trop longtemps impunie, n'avaient pas tardé à se faire sentir jusque sous le feu II y eut là des manifestations auxquelles la présence de l'ennemi imprimait un caractère de trahison.
Sans doute, aucun régiment entier ne se mutina. Mais, dans quelques régiments, heureusement fort rares, les mutins furent nombreux. Un jeune caporal, qui, jusqu'alors, avait donné l'exemple de la discipline, prit le commandement des plus rebelles. Son premier ordre fut : « Videz vos bidons. » Cela signifiait : « Faites en sorte qu'on ne vous accuse pas d'avoir agi sans être en possession de vous-mêmes ! » Or, cet ordre étrange était la traduction exacte d'un ordre aux mutins de l'armée russe, fréquemment célébré par la propagande al'emande.
Quelques « comités de soldats » se formèrent. Un général recevait la visite d'un des mutins qui, a/ec une correction affectée, lui exposait les revendications de ses camarades. Comme le général cherchait à rappeler l'homme au devoir, un coup de sifflet retentissait et le délégué disait, en faisant le salut militaire : « Excusez-moi, mon général, mes camarades s'impatientent: je vais les rejoindre. »
Des bataillons reiusèrent de monter en ligne. Un de ces bataillons résista, pendant trois jours, dans le village de Missy-aux-Bois. Vers la fin de mai, une grande partie des soldats de deux régiments se dirigèrent, drapeau rouge en tête, vers la gare
de Soissons. Ils prétendaient monter dans les trains pour se rendre à Paris et porter leurs protestations devant la Chambre. Le corps de cavalerie du général Féraud, entièrement fidèle à la discipline comme tant d'autres corps, se mit en travers de leur chemin et les arrêta à la lisière de la forêt de Villers-Coterets. Ils avaient des armes et des munitions. Parfois même, ils faisaient crépiter les mitrailleuses. Mais ils tiraient en l'air. C'étaient des Français.
Les régiments ainsi contaminés ayant été dissous, on en éparpilla les éléments dans toute l'armée. Les meneurs furent jugés et condamnés. Sur un ordre du ministère de la Guerre, on procéda à leur exécution Sévérité nécessaire. Rigueur indispensable. Jamais la France n'avait couru pareil danger. L'Allemagne croyait déjà la tenir comme elle tenait la Russie. Pourtant, nous ne pouvons, sans avoir le cœur déchiré, penser à ces malheureux, tombés si près du front, victimes de la propagande ennemie.
L'armée française barre de nouveau la route à l'ennemi. — Craonne.
Sur des troupes qu'il croyait à peu près hors de cause, l'ennemi commença tout de suite de violentes attaques pour regagner le terrain précieux que notre offensive lui avait arraché.
Ce fut le Kronprinz qui présida à ces attaques. Il les dirigeait entre Verdun et
l'Aisne, c'est-à-dire dans la région la plus voisine de Paris. La revanche de Verdun ne s'offrait-elle pas à lui 1 De Verdun jusqu'au moulin de Laffaux il multiplia ses sanglantes tentatives, avec ses effectifs les plus aguerrisauxquels il ajoutait la Garde prussienne. Le choc fut particulièrement violent, le i5 mai, du côté de Laffaux ; le 20, au Chemin des Dames, du côté de Hurtebise au nord de Sancy.
Non seulement nos troupes résistent, mais elles ripostent. Le 21 vers Moronvilliers, à l'est de Reims, elles lont 900 prisonniers et le surlendemain, près de Craonne, 390.
Inoubliables combats de Craonne I Pendant de longues heures, les gros obus tombent si dru que le même entonnoir en reçoit trois, à chaque minute. Que devenait le vieux proverbe militaire : « Deux boulets ne passent pas par le même trou » ! L'ennemi lance contre nous ce qu'il a encore de troupes de.choc, Sturmtruppen?Stosstruppen. Dans ces troupes nous reconnaissons des Thuringiens, des Saxons, des Poméraniens, tous préparés à toutes sortes d'attaques et vêtus en conséquence.