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LE BOMBARDEMENT

(Photo Roi.)

lune, mais pas de nuage et pas de vent. Ils y revinrent le 1 1 mars, avec 63 de leurs appareils les meilleurs, et, en abaissant leur vol au ras des toits, c'est-à-dire à l'endroit le moins périlleux, ils réussirent à lancer leurs obus en grappe sur le ministère de la Guerre. Il n'y eut à cet endroit qu'une seule victime. Mais une partie du bâtiment brûla et la façade fut criblée, comme si elle avait reçu à bout portant le feu de plusieurs mitrailleuses. Le lendemain, le peuple de Paris regardait ces blessures superbes et admiraitv près d'un arbre écorché, un barreau de la grille, tranché net comme avec un rasoir. Jamais le ministère de la Guerre n'avait eu un air plus guerrier!

Peut être était-ce à M. Clemenceau qu'en voulait l'ennemi, dans son ignorance de la vie parisienne. M. Clemenceau n'avait pas élu domicile au ministère. En revanche, par ses espions restés à Paris, l'ennemi apprit que, à i5 personnes tuées et à 76 blessées, s'ajoutaient 66 personnes écrasées, par un mouvement de panique, dans un souterrain du Métropolitain.

Mais il paya vite cette satisfaction. Nos canons anti-aériens barrèrent la route à beaucoup de ses ap-

pareils qui se déchargèrent de leurs bombes au hasard. Quatre de ses avions de grande taille tombèrent à nos pieds, et plusieurs autres s'abattirent dans le territoire occupé.

C'était pour lui une défaite si caractérisée que, pendant quelques nuits, Paris fut tranquille.

Aux nerfs des Parisiens était réservée une épreuve d'une autre espèce. Le 1 5 mars, à une heure et quart de l'après-midi, retentit une explosion inouïe qui secoua les maisons et en brisa les vitres. On crut à une machine infernale inventée par l'ennemi. Quand on sut que

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