ILIADE, XXII
suite Achille apporte au milieu de l'arène une lance qui au loin son ombre, un .casque et un bouclier, qui avaient appartenu à Sarpédon, et dont l'avait dépouillé Patrocle ; puis il s'avance au mi-lieu des Grecs, et dit :
cc Nous invitons les deux plus vaillants guerriers à revêtir leurs ar-mes, et à prendre le fer homicide pour se disputer ce prix en présence de l'armée. Au premier qui atteindra le corps de l'autre et lui perefera les entrailles à travers l'armure, d'où coulera le sang, je donne cette belle épée de Tlirace, aux clous d'argent, que j'ai enlevée à Astéropée. Les deux rivaux se partageront les armes de Sarpédon, et nous leur ferons dresser un magnifique festin sous les tentes. » Il dit. Alors se présentent le grand Ajax, fils de Télamon, et le fils de Tydée, le puissant Diomède. Après s'être armés à l'écart, Us s'a-vancent l'un sur l'autre, brûlant du désir d'en venir aux mains, et se lançant des regards terribles, qui glacent d'effroi tous les Grecs. Quand ils se sont joints, ils s'attaquent trois fois; trois fois ils se Or le fils de Pélée déposa un javelot à-l'ombre-Iongue le portant dans l'arène, déposa aussi un bouclier et un casque, armes de Sarpédon, dont Patrocle dépouilla lui.
Et il se tint-debout droit, et dit ce discours parmi les Argiens :
« Nous ordonnons deux liuinmes, ceux qui seront les plus braves, ayant revêtu leurs armes, ayant pris l'airain qui-coupë-la-cîiair, s'être essayés l'un l'autre en présence de la foule Iw-sujet-de ces-choses.
Celui-des-deux-qui aura devancé, ayant atteint la chair belle, et aura touché les entrailles, à travers et les armes et le sang noir, moi à la vérité je lui donnerai cette épée aux-clous-d'argent, belle, de-Thrace, dont je dépouillai Astéropée.
Et tous-deux qu'ils emportent ces anaes-ci en-commun ; et nous préparerons à eux un repas bon dans les tentes. »
Il dit ainsi :
or Ajax grasd, Qls-de-Télamon, s'élança ensuite, et Diomède puissant, fils de Tydée, se leva-vivement certes.
Et donc lorsque eux se furent arm des deux côtés de la foule, tous-deux s'avancèrent au milieu, désirant-ardemment combattre, regardant d'une-manière-terrible ; et l'elfmi tenait tous les Acliéens.
- Mais lorsque ils furent près, étant allés certes l'un-sur-l'autre.
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donnent l'assaut : Ajax perce le large bouclier de Diomède, mais sans l'atteindre lui-même, parce que derrière le bouclier il rencontra la cuirasse. I.e fils de Tydée à son tour tâchait d'atteindre derrière son large bouclier son adversaire à la gorge, avec la pointe de sa lance brillante. Alors les Grecs, craignant pour Ajax, mirent fin ai combat, et décernèrent aux deux guerriers des prix égaux. Seule-ment, Achille donna au fils de Tydée la grande épée avec son four , reau et son magnifique baudrier.
Puis le fils de Pélée apporte le disque énorme que le robuste Éétior avait jadis coutume de lancer. Mais le divin Achille aux pieds légers l'a tué et a pris son disque avec ses autres richesses, qu'il emporta sur ses navires. 11 s'avance parmi les Grecs, et leur dit : a Levez-vous, si vous voulez disputer ce prix! Celui qui le lancera le plus loin dans la fertile campagne, aura, pour cinq années en-tières, de quoi fournir de fer son berger et son laboureur, qui n'au-ront pas besoin d'en aller chercher à la ville. » et ils firent-assaut trois-iois, et trois-fois ils s'élancèrent de près.
Alors Ajax Ma vérité perça ensuite à travers le bouclier égal de-tous-côtés, mais il ne parvint pas à la chair; car la cuirasse le protégeait en dedans.
Mais le-fils-de-Tydée certes rencontrait ensuite toujours le cou par dessus le bouclier grand avec la pointe du javelot brillant.
Et alors donc certes les Achéens, ayant craint pour Ajax, ordonnèrent eux ayant cessé avoir enlevé des prix égaux.
Or le héros donna au fils-de-Tydée une épée grande, la portant avec et le fourreau et le baudrier bien-taillé.
Cependant le fils-de-Pélée plaça une masse fondue-et-brute, laquelle auparavant à la vérité la force grande d'Éétion lançait ; mais certes Achille divin , aux-pieds-forts, tua lui, et emporta dans ses vaisseaux le disque avec ses autres richesses.
Or il se tint-debout droit et dit ce discours parmi les Argiens :
a Levez-vous, vous qui tenterez aussi cette lutte.
Si les champs gras s'étendent aussi très loin à celui lançani-le-dis-il aura ce disque s'en servant [que, même cinq ans révolus :
car le berger certes ni le laboureur n'ira à lui à la ville, privé du moins de fer, mais il leur en donnera. » t02 Il dit. Alors s'élancent le belliqueux Polypète, le puissant Léontée égal aux dieux, Ajax , fils de Télamon - et le divin Ëpéiis, qui se ran-gent sur la même ligne. Le divin Êpéns saisit la masse de fer, et la lance en la faisant tournoyer en l'air. Tous les Grecs se mettent à rire. Le second qui la jette est Léontée , fils de Mars ; le troisième est le grand Ajax, fils de Télamon , qui la lance d'un bras rigoureux, et dépasse toutes les autres marques. Mais quand ce fut le tour du bd-liqueux Polypète , aussi loin qu'un bouvier lance sa houlette au mi-lieu de son troupeau de génisses , aussi loin il lança le disque au delà de tous les autres. Tout le monde applaudit; et les compagnons du puissant Polypète emportèrent le prix de leur roi à ses vaisseaux creux.
Achille propose pour prix aux vainqueurs au tir à l'arc, dn fer, dix hachas à deux tranchants et dix simples cognées ; puis il plante, loin, dans le sable, le mât d'un navire à la proue sombre, y attache au moyen d'une corde assez mince, une timide colombe par la patte, Il dit ainsi :
or Polypète guerrier-intrépide s'élança ensuite, se leva aussi la vigueur puissante de Léontée égal-aux-dieux, se leva encore Ajax nIs-de-TéIamo;) et Epéus'divin.
Ils se placèrent en-rang ; et Epéus divin prit la masse, et la lança i'ayant-fait-tournoyer; et tous les Achéens en-rirent.
Léontée, race de Mars, l'envoya à-son-tour le second ; Ajax grand, fils-de-Télamon, la jeta à-son-tour le troisième [de sa main vigoureuse, et surpassa les marques de tous].
Mais lorsque certes Polypète guerrier-intrépide prit la masse, autant que un homme bouvier a jeté sa houlette (celle-ci tournoyant vole à travers les génisses en-troupeaux), autant il dépassa toute l'arène ; et eux crièrent.
Mais les compagnons de Polypète puissant, s'étant levés, emportèrent le prix du roi vers les vaisseaux creux.
Cependant lui plaçait le fer sombre pour les archers, et déposait et dix liaçhes, et dix demi-haches?
et il plaça le mât d'un navire à-la-proue-sombre loin dans les sables j et il y lia par le pied une colombe timide et la désigne comme un but aux flèches. « Celui qui atteindra la timide colombe emportera dans sa tente toutes les doubles haches ; et celui qui touchera la corde, sans atteindre l'oiseau, n'emportera que les simples cognées. » 1 - Il dit. Alors se lèvent le vaillant Teucer et Mérion, serviteur d'i-doménée. On agite les sorts dans un casque d'airain. Teucer obtient de tirer le premier : aussitôt il décoche une flèche avec force ; mais il oublie de promettre au divin Apollon une illustre hécatombe d'agneaux premiers-nés. Il manque l'oiseau, grâce au ressentiment du dieu, et ne touche que la faible corde qui retenait la colombe par la patte. La flèche aiguë coupe le lien qui retombe vers la terre, tandis que l'oi-seau s'envole vers le ciel. Les Grecs applaudissent. Mérion saisit vite par une corde mince, laquelle colombe il ordonna certes de viser-avec-l'arc.
« Celui-qui d'un côté aura frappé la colombe timide, qu'il emporte chez lui toutes les haches les ayant enlevées.
Celui-qui d'un autre côté aura atteint la corde, ayant manqué l'oiseau (car celui-là certes sera inférieur), celui-là emportera les demi-haches. »
Il dit ainsi :
or la force de Teucer prince s'élança ensuite, se leva aussi certes Mérion, serviteur vaillant d'Idoménée.
Or ayant pris des sorts ils les agitaient dans un casque d'airain; et Teucer le premier obtint par le sort de tirer.
Or aussitôt il envoya le trait avec-grande-force, mais il ne promit pas au souverain Apollon de devoir sacrifier une hécatombe illustre d'agneaux premiers-nés.
Il manqua à la vérité l'oiseau (ear Apollon envia à lui cela), mais il frappa la corde près du pied, par où l'oiseau avait été attaché ; et la flèche amère coupa la corde tout-à-fait.
Celle-là ensuite s'élança vers le ciel, et la corde pendit vers la terre ; et les Achéens applaudirent.
Or Mérion certes s'empressant lui arracha l'arc de la main ; 1"96 l'arc des mains de Teucer, y ajuste le trait qu'il tenait prêt depuis longtemps, et promet aussitôt à Phébus, qui lance au loin les traits, une illustre hécatombe d'agneaux premiers-nés : il voit la colombe effrayée s'élever dans les nuages, et l'atteint au vol au milieu de l'aile. La flèche traverse l'oiseau et se fiche en terre, en retombant aux pieds de Mérion. La colombe s'abat sur le mât du sombre navire, où elle resté suspendue, la tête penchée et les ailes pendantes. La vie 'échappe de son corps, et elle va retomber plus loiu. L'assemblée contemplait, saisie d'étonnement. Mérion emporte les dix hachet d'armes, et Teucer les dix haches à un seul tranchant, vers les vaist seaux creux.
Le fils de Pélée apporte encore dans l'arène une lance, qui projette au loin son ombre, et un bassin qui n'a pas encore vu le feu, de la valeur d'un bœuf, et sur lequel sont ciselées différentes fleurs. Lef plus h&biles à lancer le javelot se présentent : ce sont le puissant Agamemnon, jils d'Atrée, et Mérion, le vaillant écuyer d'Idoménée. Le divin Achille aux pieds légers leur dit : mais certes il avait la flèche dès Ion:
comme si il l'ajustait. temps.
Et aussitôt il promit de devoir oflrif à Apollon qui-lance-au-Ioin- £ es- £ razfà une hécatombe illustre d'agneaux premiers-nés.
Et il regarda en haut sous les nuages la colombe timide; celui-ci certes frappa elle tournoyant par-le-milieu sous l'aile ; et le trait traversa de-part-en-part :
celui-ci se ficha de retour sur terre devant le pied de Mérion :
cependant l'oiseau suspendu au màtdu vaisseau à-la-sombre-proue, laissa-pendre le cou, et ses ailes épaisses tombèrent-en-même-temps.
Et la vie s'envola rapide de ses membres, et elle tomba loin de là ; alors les peuples et contemplaient et furent saisis-d'étonnement.
Or donc Mérion enleva toutes les dix haches, et Teucer emporta les demi-haches vers les vaisseaux creux.
Cependant le fils-de-Pélée déposa un javelot à-longue-ombre, et un bassin qui-n'avait-pas-vu-le-feu, du-prix d'un bœuf, décoré de fleurs, le portant dans l'arène ; alors certes se levèrent des hommes lançant-le-javelot ; donc se leva d'un côté Agamemnon fils-d'Atrée puissant-au-loin, d'un autre côté aussi se leva Mérion, serviteur fort d'Idoménée.
Or Achille divin aux-pieds-forts dit aussi à eux :
« Fils d'Atrée , nous savons combien tu l'emporfes sur tous les au-tres par ta force et ta puissance à lancer le javelot. Accepte donc et porte dans tes vaisseaux creux ce prix du combat; et si ton cœur y consent, nous allons donner la lance au vaillant Mérion : c'est du moins là mon sent'n^nt. »
Il dit. Le prince des hommes, Agamemnon, y consent ; et le héros. donne à Mérion le javelot d'airain, et au héraut Talthybius, le prix magnifique. ILIADE, XXI11. 109
a Fils-d'Atrée, car nous savons combien tu l'as emporté-sur tous, et combien tu étais le meilleur et par la puissance et par les jets; mais toi va vers les vaisseaux creux, ayant ce prix, et ayons donné la lance à Mérion héros, si toi du moins tu le voudrais en ton cœur ; car pour moi je t'y engage. »
Il dit ainsi; et Agamemnon, prince des hommes, ne désobéit pas.
Mais il donna à Mérion une lance d'airain; cependant ce héros.
donnait le prix magnifique à Talthybius héraut.