SCENE VIII
CÉCILE, AGATHE
CÉCILE. Bonne Agathe, pourquoi ces larmes?
AGATHE, émue. Ah! pardon, ma chère maîtresse, j'aurais du
VOUS les cacher, mais je souffre tant, du chagrin que vous paraissez ressentir... et puis, vous quitter, vous voir partir de celle manière périlleuse...
ۃCILB, avec un peu de joie. Rassure-toi, je ne crains plus rien; j'ai un protecteur maintenant. .. donne moi ma pelisse... un chapeau... un voile... ah! ce petit coffre aussi. [Ouvrant une boite qu* Agathe vient de lai remettre, et y prenant quelques petits objets qu'elle lui tonne.) Tiens, prends ces bijoux, et porte-les en souvenir de moi ..
AGATHE, avec attendrissement. Oh ! merci, mademoiselle, merci ; ils ne me quitteront jamais!
CÉCILE , après s* être habillée , s* agenouillant devant le crucifix, et tandis qu'on entend au loin une horloge sonner minuit. Mon Bieu , daignez couronner de succès le projet que mon frère a conçut., et vous ma mère, n'ajoutez pas par votre courroux à la douleur de votre fille, déjà si malheureuse; imitez ce Dieu de bonté devant qui le repentir obtient grâce : il ne maudit pas lui, il pardonne, et à ceux qui le prient avec ferveur, il rend l'espérance et le courage !
Elle demeure, recueillie quelque» instaas encore , ainsi qu'Agalhe qui, émue de la piété de sa maîtresse, s'est inclipée Don loin d'elle, et unit sa prière à la sienne,
SGEIVË IX.
Les Mêmes, FRÉDÉRIC.
FRÉpÉRlC, entrant par la fenêtre et s* arrêtant sur le balcon. Toutes mes mesures sont prises... Nous n'ayons pas une minute à perdre, partons !
CÉCILE. ,0 mo^ Dieu! je m'abandonne à vous!
Agathe baise les mains de Cécile qui , léàolue, et s'appuyant sur son fière , a déjà franchi le balcon et ra disparaître.