SCÈNE V
MAD. MULLER, CÉCILE, Domestiques.
MAD. MULLER , aux domestiques qui viennent de terminer leurs divers travaux. Tout ici est entièrement achevé?., laisseznous... {Les domestiques se retirent. Madame M uller continuant à Cécile.) Vous, ma fllle, prêtez-moi un moment d'attention... J'avais votre âge lorsque ma mère qui était veuve aussi, m'annonça que M. Muller avait demandé ma main, et qu'elle approuvait cette union: huit jours après, et bien que je fusse alors sans amour pour l'homme auquel on allait me donner, j'avais obéi au désir de ma mère.. . j'espère trouver en vous, la même condescendance.
CÉCILE j vivement surprise. Que dites-vous?
MAD. MULLER, continuant. Déjà plusieurs partis se sont présentés, je les ai refusés, parce qu'il est un projet que caressait mon époux, et auquel il y a long-temps que j'ai moi-même applaudi: soyez donc prête à recevoir aujourd'hui le jeune Edouard Mac Ormann, que j'attends avec son père ; car cette soirée dont vous voyez les préparatifs, n'a d'autre but que de vous le présenter et d'annoncer votre mariage avec lui.
CÉCILE, avec effroi. Qu'cntends-je!.. ô madame, je vous en supplie, n'exigez pas...
MAD. MULLEll, froidement. Ave*-vous donc oublié ce que je viens de vous dire?., j'ai obéi à ma mère, moi... osericz-vous vous exposer au courroux de la vôtre.?..
CÉClLEf d part. Son courroux!., ah! malheureuse que je suis, je ne pourrai pas même lui révéler...
MAD. MULLER. Vous m'avez entendu?..
CÉCILE, avec accablement. Oui... oui, madame...
MAD. MULLER. Il VOUS reste au plus une heure pour changer de toilette; songez que je vous attends dans ce salon.
Elle sort.