SCÈNE PREMIÈRE
Petit atelier bourgeoia d'une maison de la banlieue, aux murs chargé! de faïences, d'esquisses, de dessins. Au fond, une grande baie cuire une. vitrine et une bibliothèque. Dans le panneau de droite, la porte de l'escalier menant aux chambres de l'étage inférieur; contre la rampe, un canapé devant lequel est une table où est on thé non
desservi. Dans le panneau de gauche, la porte Taisant pendant à la
porte, du panneau de droite remplacée par une portière Dans le tond de ce côté, un chevalet sur lequel est posée une toile, près
d'un tabouret portant une palette Chargée, et contre la rampe un piano. Un petit pouf faisant le milieu. La scène est à demi éclairée par un clair de lune.
est vide depuis quelques installa I plis, pareille au remuement d'une personne qui aérait derrière, et qui, un moment montrer, resterai! o une tête d'homme,
pauant, laisse tomber: € Comme <lil la eariealure de eet autre, on
ne sait vraiment pas le mal qu'on a dans nos états! » Pui»,
ainsi qu'a un in-uii entendu, la une su renfonce dam la tapisserie, dont
bientôt, écoutant un moment a droite, s gauche, Enfin le voleur su ducide à sortir.
LE VOLEUR
Non, non, rien... toute la maison dort. (Se dii
feu ii. m Oll ! la russe de lune, elle est allumée en plein, eellr lanterne sourde de \nrOltsse! (Il revient sur le devant du théâtre Quelle
faction !... Ont-ils mi.s du temps à aller se coucher, les bourgeois d'ici... Et moi qui suis indifférent àla musique, ce qu'il m'a fallu en subir, du Wagner, sur ea... m montre te piano.) sur
ce piano enrhumé par l'humidité de la campagne. (Unsiicnco Une drôle de chose tout de même que l'émotion du danger... Quand j'ai fait mon entrée dans l'inconnu de cette maison, et que je me disais : « II y a peut-être derrière un propriétaire armé d'une espingole... » eh bien, cette perspective ne m'était pas absolument désagréable... Oui, un bête de sentiment, bien certainement venu des lectures romanesques dont j'ai nourri mon enfance. <n fait lentement ie tonr de ia
pièce en inventoriant du regard les choses au mur.) Malheur! trois fois
malheur! un intérieur de vieux peintre romantique, un collectionneur d'armures en plâtre bronzé, d'assiettes à coqs et de papillons delà banlieue... il n'y aura pas gras, pas gras. (Un silence.) Ah! ça me revient, en ce moment, ma conversation avec ce chiffonnier... une nuit, une nuit pleine d'étoiles... sur un banc de je ne sais plus où... et qui me disait : « Quand nous attaquons un tas, nous croyons notre forlune faite...» Eux, c'est tout comme nous, et nous, c'est tout comme eux, n'est-ce pas?... toujours à recommencer... car, aujourd'hui, je n'aperçois pas ma fortune dans ce tas-ci. u désigne râtelier.) La vie ! ohîlavie!... Mes pères, il ne m'a jamais été donné de pouvoir reconnaître civilement le vrai... et ma mère, une mère sèche comme un coup de trique... (Un silence.) La vie ! oh! la vie!... je passais devant cette maison, il y ;t deux ou trois ans, un jour, où il faisait du printemps dans l'air, et où j'avais diné... un jour, pas comme aujourd'hui, où il fait de l'hiver dans le ciel et creux dans le ventre de bibi... et devant cette maison toute en treillage, où une fenêtre était ouverte, je me disais alors : « S'il y avait dans cette fenêtre anpritt de femme, comme je serais de suite eu haut!... » Mais aujourd'hui, ahl ouiche, le ptitt de femme, je
m'en fiche pas mal. (S'animent et l'ensauvageant.) Ce qui m'amène,
c'esl le besoin féroce de monnaie... de ça avec quoi dans les sociétés civilisées... où plus rien n'est ù tout le monde... le crevard de faim peut seulement trouver à manger. (B« muni i , 1 1 Qu'est cela que j'entends?
A P. A S LE PROGR l - M