SCENE VIII
MOVTO.N , MARGUERITE.
MARGUERITE
Eh bien, qu’est-ce que tu fais-là À chanter, imbécile, pendant que je t’appelle?
mouton, à part. *
Elle n’est pas dans sa lune, faut être mielleux. (Haut.) Est-ce que t'as, quéque chose, chalon?
MARGUERITE
J’ai que je suis furieuse! quand ma toilette était faite, quand je me préparais à partir... bonjour la danse t douze pièces d’étoffe à préparer pour demain malin.
MOUTON
Oh! qué malheur I (A part.) Oh ! qné bonheur!
MARCUBR1TR.
Le bourgeois vient de dire a M. Beau blond de ne confier ça qu’à moi . Au fait, pourquoi ne saistu pas coudre, grand paresseux?
MOUTON
Écoute donc, un homme qni consentit aurait l’air béte.
MARGUERITE
Et pourquoi ça?
MOUTON
N’y a que les tailleurs qui font de ce9 choses-là, et encore, regarde comme ça leur délourno les jambes; lu serais- l’y pas flattée d'avoir un mari qu'aurait les jambes en x..« ainsi?...
MARGUERITE
w J’cspèro ben au moins que pendant que je vais trimer tu ne comptes pas aller te promener?.,, qu’cst-ce" que tu vas faire?
« ’ '• MOUTON
Je vas te regarder dans les yeux ; je vas Çétro auprès de toi. comme un tourtereau, tu sais?
* * MARGUERITE
C’estça, pour medire à toute minute : Ma femme, t’es gentille; et puis, v’Ian! me flanquer de gros baisers de campagne.
mouton . p
Oui; quandjetefisedansle blanc, ça me monte, je tremblotte, et pois je clignotte ; c’est ma sen-
sibilité qui m'égare... après ça, si ça t’insupporte, je jouerai arec Coço.
KAMOIMTI.
Non, tu vas t’en aller.
MOUTON
M'cn aller I... ah! etob?
} MARGUERITE
Qu'est-ce que tu dis ?
moi: ton.
Je dis m’en aller... ah!... et ou?
MASCO EhlIB.
Tu vas aller chez la nourrice du , petit; tu lui diras de venir me parler, et comme Loulou est enrhumé et que je ne veux pai qu'il sorte, tu le garderas pendant ce tcmps-Ià.
Garder Loulou I j’ vas t’ofijecter quéqu* chose.
MARGUERITE
Rien du tout! tn le feras danser sur tes genoux, afin qu’il ne pleure ças, et surtout ne ris pas trop devant lui, pour ne pas lui faire petir.
MOUTON
Le faire danser sur mes genoux, bon! mais s’il allait s’oublier ?
MARGUERITE
Comment ça?
MOUTON
S’il faisait des choses pas agréables?
MARGUERITE
Eh bien, nigaud, tu le changeras. .
MOUTON
J’aime trop mon enfant, je veux pas lechanger.
» Il rit.
MARCUERITB.
Aht tu fais de l’esprit 1 allons, partons!
MOUTON
On y va. (A part.) Je vas retrouver les autres, et ce soir je serai fin comme un cheveu ; je dirai que le petit avait emmené sa nourrice promener.
Eh ben ! est-ce que nous ne partons pas?
•MOUTON
Ah ! dis donc, je voula» le dire; donne-moi un peu d’argent.
MARGUERITE
Tiens, v’iù deux sous pour acheter un gâteau au petit. *
MOUTON
Ah ! bon, merci, mon chat! bon! {A part.) beu* sous, c'est par trop humiliant, c’est me dégrader I deux sous! (iïdul.). Au revoir, trésor. part.) Deux sous!
MARGUERITE
Allons, en toute! •
Aie du Dieu et la' Bajradere.
Va vite chex la nourrice.
MOUTON
J' mVn va chet la nourrice.
MAadtjERITN,
Embraie Loulou pour moi.
MOUTON
J* hais* rai Loulou pour (oi.
MARGUERITE
Ça t’ donnera de l'exercice.
Ça m'doQf’ra d’ l'exercice.
MARGUERITE
Je *ui» content* de toi.
MOUTON
Elle est conteul’ de moi.
Mouton sort.